NOTIONS MORALES
Tous les hommes distinguent le bien et le mai, les actions bonnes et les actions mauvaises: par exemple, aimer ses parents, respecter le bien d'autrui, être fidèle à sa parole, etc., —voilà qui est bien; faire du mal à qui ne nous en a pas fait, tromper et mentir, être ingrat envers ses bienfaiteurs, et infidèle à ses amis, etc., — voilà qui est mal.
Le bien est obligatoire, c*est-à-dire qu'il doit être accompli ; le mal, au contraire, doit être évité. Le devoir est cette loi par laquelle nous sommes tenus de faire le bien et d'éviter le mal. On l'appelle aussi la loi morale. Cette loi comme toutes les lois, ordonne, défend Qi permet.
On appelle age7ii moral, celui qui agit et qui est capable de faire le bien et le mal, celui qui, par conséquent, est tenu d'obéir à la loi morale. Pour qu'un agent soit tenu d'obéir à une loi, il faut qu'il la connaisse et la com-^
t$ PETITS ÉLÉME^,TS DE flORALB.
prenne. En morale, comme en légMalion, nul n'est censé ignorer la loi II y a donc en tout homme une certaine connaissance de la loi, c'est-à-dire un discernement naturel du bien et du mal : ce discernement est ce que .l'on appelle la conscience ou quelquefois le sens moral. La comcience est un acte de Tesprit : c'est un jugement. Mais ce n'est pas seulement l'esprit qui est averti un bien et du mal : c'est le cœur. Le bien et le mal, accomplis soit par autrui, soit par nous-mêmes, déterminent en nous des émotions, des affections de diverse nature. — L'ensemble de ces émotions ou affections est ^e qu'on appelle le sentiment moral.
Il ne suffit pas que l'homme connaisse et distingue le bien et le mal, et éprouve pour l'un et l'autre des sentiments différents. Il faut encore, i^omèiTe m agent moral, que l'homme soit capable de choisir entre l'un et l'autre ; on ne peut lui ordonner ce qu'il ne pourrait pas faire, ni lui défendre ce qu'il serait forcé de faire. Ce pouvoir dé choisir est la liberté, ou libre arbitre.
Un agent libre, qui possède le discernement du bien et du mal, est dit responsable de ses actions ; c'est-à-dire ^u'il peut en répondre, en rendre compte, en subir lea conséquences: il en est donc la véritable cause. Ses actions, par conséquent, peuvent lui être attribuées, mises sur son compte, en d'autres termes, imputées. L'agent t':îl responsable, les actions sont imputables.
Les actions humaines, avons-nous M, sont tantôt bonnes tantôt mauvaises. Ces deux qualifications ont des degrés, en raison de l'importance ou de la difficulté de l'action. C'est ainsi qu'une action est convenable, estimable., belle, admirable, sublime, etc., d'un autre côté,