‹ Petits mémoires de la vie littéraireChapitre 11 sur 60 · GÉRARD DE NERVAL · texte numérisé non relu

GÉRARD DE NERVAL

Gérard de Nerval avait déjà ressenti les premières atteintes de la folie, et le médecin qui le soignait avait recommandé à ses amis de veiller à ce qu'il ne bût que peu ou point de vin pur.

Un jour, Victor Hugo, de connivence avec Alphonse Karr, composa quelques bouteilles d'eau rougie, les cacheta, les roula dans la poussière, et il invita Gérard de Nerval à dîner. Celui-ci tut très gai pendant le repas et feignit de trouver le vin délicieux. Mais, en sortant de chez Hugo, il dit à Alphonse Karr :

« Victor s'assagit. Il est en train de devenir royaliste.

— Tu crois ?

— J'en suis sûr : il met de l'eau dans son vin ! »

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