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ExisterLce brillante à la surface, de combien d'amertumes secrètes M, Musard ne fut- il pas abreuvé ! Il avait l'argent, mais il n'avait que cela. Et quelle fln mélancolique, sombre, traînée de ville en ville, solitaire, pleine du souvenir de celle qui avait été la « belle madame Musard » et qui devait mourir dans un hôpital de folles !
M. Musard était un jeune homme svelte, cambré, lils d'un homme célèbre, grêlé, macabre, à moitié fou, chef d'orchestre de bals auxquels il avait donné son nom, fier d'une vague ressemblance avec Napoléon P'", tirant des coups de pistolet et cassant des chaises au milieu de ses quadrilles, propriétaire à Auteuil, etc. etc.
Il semblait que Musard fils n'eût qu'à suivre les traces de Musard père. C'est ce qu'il fit dans les commencements. Il était musicien, lui aussi. Allant et venant par la province, par l'étranger, dirigeant des bals, il rencontra la femme à laquelle il devait offrir son nom.
On a peut-être trop surfait la beauté de madame Musard. Ce qu'on peut dire d'elle, c'est qu'elle était distinguée de manières. Elle apporta une fortune à son mari, qui, dès ce moment, ne s'occupa plus de musique. On sait la vie élégante du couple Musard, ses attelages hors Hgne, ses salons (peu peuplés), ses collections d'objets dart* On sait aussi le désordre mental qui s'empara tout à coup et sans motif de la pauvre madame Musard.
La douleur de son mari fut immense. Hendons-lui cette justice.
Il n'a pas tardé à aller la rejoindre. Mais au moins une bonne action aura marqué ses derniers jours. Il a pensé aux vieux musiciens, aux musiciens sans sou
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ni maillp, qui arrivent au bout de leur carrière les mains vides, l'estomac creux, — absolument comme au jour du départ. Son or servira à adoucir quelques douleurs dans le monde artistique, et cela suffira à préserver son nom de l'insulte.
S'appelait-il Francis ou François ? Il a signé de ces deux noms.
Peu d'auteurs ont été plus discutés que lui. Il a été porté aux nues par ses partisans, il a été conspué par ses adversaires.
Au temps de son arrivée à Paris, alors qu'au bras du fanatique Ricourt il allait lire ses tragédies de salon en salon, les petits journaux s'égayaient quotidiennement sur son compte.
On le traitait de provincial ; on raillait son air gauche.
Dans son roman des Aventures de Mademoiselle Mariette, Champfleury a mis Ponsard en scène sous les traits et le nom d'un « notaire de Compiègne ». Il a placé une scène amusante chez un bas-bleu où le susdit notaire avait anoncé qu'il lirait un poème antique imité d'Homère. Un peintre du nom de Streich s'était promis de lui jouer un tour à cette occasion.
« Le jour de la lecture du poème antique, Streich se précipita dans la cuisine et s'écria :
» — Vite ! vile ! une omelette ! votre maîtresse m'a prié de vous dire de la faire à la minute... On craint que la lecture ne puisse pas continuer s'il ne sent pas l'omelette !
» — Que le diable emporte cet auteur avec son omelette ! dit le chef.
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» Il ne les aime pas très cuites, <lit Streich ; il ne veut pas (le lard non plus... huit œufs seulement.
» — Comment ! huit œufs ! s'écria le chef.
» — Oui, huit œufs ; madame me l'a dit.
» — Huit œufs pour un homme seul ! murmura le chef, qui, en quelques minutes, eut confectionné une énorme omelette.
» Un valet alla porter l'omelette sur un plat et entra justement quand finissait le poème antique. Chacun se précipitait autour du notaire de Compiègne pour lui faire mille compliments exagérés... Le valet eut beaucoup de peine à percer la foule et présenta gravement l'omelette au poète, qui la regarda et faillit s'évanouir aux fumées d'un mets aussi prosaïque. »
Ici nous sommes en pleine farce.
Mais Méry avait fait mieux et d'une façon plus relevée.
Méry avait improvisé tout un acte en vers, peu de jours avant la représentation de la Lwcrc'ce de Ponsard, et, un beau matin, le journal le Globe livrait en pâture à la curiosité de ses lecteurs un feuilleton intitulé :