‹ Petits mémoires littérairesChapitre 30 sur 47 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

La maison de Varaspice Faustus

(Une vaste treille, ù nii-oote du mont Quirinal. — A. gaufhe, la façade d'une maison en briques rouges. — Devant la porte, un dieu pénateen ar^'ile. — Au bas du Quirinal, dans un fond lumineux, le Champ de Mars bordé par le Tibre )

FAUSTUS

Dieu pénate d'ar;jiile, ô mon dieu domestique! Un jour tu seras d'or, sous uu riche portique,

PETITS MKMDIUKS LITTERAIRES 189

Tel que Rome en prépare à nos dieux immortels,

VA le San n- des taureaux rougira tes autels.

Mais aujourd'hui reçois avec un œil propice

La prière et le don du pieux aruspice,

Ces fruits qu'une vestale a cueillis ce matin

Dans le verg^er du temple, au pied de TAventin,

Et ce lait pur, qui vient delà haute colline

Où, la nuit, on entend une voix sibylline.

Quand le berger craintif suspend aux verts rameaux

La flûte qu'un dieu tii avec sept chalumeaux. Etc.

Qui n'y aurait été trompé ?

N'était-ce pas cette fameuse couleur antique et locale dont on faisait tant de fracas par la ville ? •

N'était-ce pas cette versification pure et classique qui devait nous ramener au culte des anciens maîtres ?

La scène deuxième n'est pas moins réussie.

Brulus parait, en tunique brune, « comme un laboureur suburbain. »

BRUTUS

Que les dieux te soient doux, vieillard ! et que Cybèle Jamais dans ten. jardins n'ait un sillon rebelle ! La fatif^uc m'oppresse ; à l'étoile du soir Hier, je vins à la ville.

FAUSTUS

Ici, tu peux t'asseoir.

Modeste est ma maison, étroite est son enceinte, Mais j'y vénère encor Ihospitalité sainte, Et j'apaise toujours la faim de l'indigent. Comme si mon dieu lare était d'or ou d'argent.

BRUTUS

Je le sais.

FAUSTUS

Quelle rive, étranger, t'a vu naître ?

BRUTUS

Quaûd les dieux parleront je me ferai connaître. Ma mère est de Capène ; elle m'accoutuma. Tout enfant, à servir les grands dieux de Numa. Du haut du Quiriaal on voit ma bergerie, Sous le bois saint aimé delà nymphe Egérie, Et jamais le loup fauve autour de ma maison Ne souilla de ses dents une molle toison,

FAUSTUS

Et quel secret dessein à la ville t'amène ?

BRUTUS

La liberté 1 Jadis, Rome était son domaine, Lorsque les rois pasteurs sur le coteau voisin, Pauvres, se couronnaient de pampre et de raisin; Lorsque le vieux. Evaudre arrivait dans la plaine, Pour présider aux jeux, sous un savon de laine, Et que partout le Tibre admirait sur ses bords Des vertus au dedan? et du chaume au dehors.

Faustus applaudit à d'aussi belles paroles. Bientôt Brutus se dévoile et lui fait part de ses projpts:

BRUTUS

Il faut agir. Apprends que, dans Rome, j'épie Les cyniques projets de cette race impie, Et qu'elle nous prépare un crime de l'enfer Kèvé par l'Euraénide en sa couche de fer. ...Ce matin, éveillé, l'aube luisant à peine, J"ai vu passer Sextus sous la porte Capène ; Je ne puis en douter : un obscène souci, Avant le grand soleil, doit le conduire ici.

Bruius s'alarme.

LVntroticn est interrompu par un bruit do pas.

BRUTUS

... Quel dieu jaloux amène Dans ce sentier désert une dame romaine ?

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FAUSTUS

Elle vient chaque jour aux heures du matin.

Quel est son nom?

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