‹ Petits musées de Hollande et grands peintres ignorésChapitre 14 sur 15 · DU MÉTAL · texte numérisé non relu

DU MÉTAL

(Paris, Novembre 1880).

EXPOSITION RÉTROSPECTIVE DU MÉTAL

Paris , Novembre 1880.

'exposition rétrospective des Champs Elysées , dite exposition du métal , embrasse des industries très variées, elle renferme des objets d'origines très diverses, des spécimens, pas toujours assez nombreux , des plus riches collections de Paris , Rothschild , Sellières, Dzyalinski, Gzartoriski, Hirsch, Castellani de Rome, Cernuschi, etc.

Après avoir mentionné comme très remarquables, par l'ensemble qu'elles présentent , la collection jusque là ignorée de serrurerie ancienne de M. Moreau, et la collection de numismatique, très justement célèbre, de M. d' Amecourt , je me bornerai à examiner une branche de cette exposition pour laquelle j'ai fait ressortir l'insuffisance des collections publiques de Paris . et de l'exposition de Bruxelles, l'horlogerie de l'époque delà Renaissance. Pour désigner nettement les objets , ne pas rester dans le vague et préciser les observations, je dois recourir au catalogue ; malheureusement ici le catalogue fait presque complètement défaut, les objets ne portent pas de numéro individuel et les descriptions sont insuffisantes ; quoiqu'edité par la déjà célèbre maison Quantin, et vendu un prix relativement

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élevé, le catalogue de l'exposition dite du métal laisse autant à désirer au point de vue de la forme qu'au point de vue du fond. Cela est regrettable parce qu'il ne reste alors d'autre trace d'une exposition artistique remarquable , que des souvenirs fugitifs ou des articles éphémères et des appréciations superficielles.

C'est la première fois que l'on trouve réunis autant d'objets intéressants de l'horlogerie du XVP siècle.

La collection des barons Sellières , n" 158, à côté des magnifiques émaux de Jehan Penicaud et Léonard Limousin , nous présente deux belles horloges astronomiques de Nuremberg du XVP siècle, reposant sur quatre colonnes ou pilastres et surmontées d'une coupole de bronze doré. Toutes deux indiquent les phases de la lune et le mouvement des étoiles. Toutes les parties pleines de ces petits monuments sont couvertes d'ornements , finement ciselés.

La forme de ces horloges est la forme la plus commune et la plus connue, nous trouvons au contraire une horloge d'une forme très originale dans la collection de M. Charles Stein , n» 129 du catalogue , c'est un vaisseau , une nef du XVP siècle naviguant sur une mer de bronze doré et le cadran se trouve placé sur la dunette du bâtiment ; on ne dit pas si l'intérieur du bijou renferme quelque inscription. La petite horloge carrée , à ornements dorés , qui est placée dans la même vitrine, porte la signature de son auteur, sur l'un des côtés se lit l'inscription suivante : « Me fecit Ghasparus Bohemics in Vienna Austriœ. Anno 1568. » Cette même collection renferme deux autres petites pendules de même époque, elle comprend aussi deux objets d'orfèvrerie portant des inscriptions intéressantes, le premier est un riche vase sacré provenant du trésor de la cathédrale de Tolède sur le pied duquel on lit: Peïar/ius: Abbas: me: fecit: ad: honorem: Sancti: Jacobi: AposioU.

L'autre pièce d'orfèvrerie remarquable est un vase essentiellement profane , un gobelet de lansquenet, ayant

appartenu à Gérold Seck, l'un des chefs de l'armée protestante à la bataille de Moncontour; il porte cette mention allemande : Geroldus von Secken tholcen ist dieser bêcher gemacht. so. 1 Francz von Ligricz eroben an der Schlacht bi Moncontour gemelt Gerolt ein obrister Guot. uber ein régiment Lanzknecht Wolgemuol. am 3 octobris sac. ich firuar im 1569 iar.

Le baron Alphonse de Rotschild a exposé dans le n« 169, deuxjolies petites pendules allemandes duXVP siècle, l'une repose sur quatre lions couchés et représente deux personnages tenant le sceptre et appuyés sur des écus, l'autre également en forme de petit monument à coupole de bronze doré, garnie de balustres , porte aux angles des chimères et au sommet un lion héraldique tenant un écu.

La collection qui renferme le plus d'objets de ce genre et qui présente réellement un tableau complet de l'horlogerie au XVP siècle, est celle d'un amateur peu connu jusce jour, M. Leroux.

Dans la grande vitrine qui tient le milieu de la dernière salle , consacrée à la collection de M. Leroux , nous remarquons non-seulement des produits de l'industrie germanique, provenant d'Augsbourg ou de Nuremberg, mais encore et en assez grand nombre , des produits de l'industrie française portant les noms de leurs auteurs. Citons par exemple, une pendule de table ronde et plate en cuivre gravé et doré, représentant des sujets allégoriques. Signé : Auvray, Blois^ W siècle ; vr*^^ ^^'^

Une autre pendule de la fm du même siècle, à dôme : re/-.> /, repercé signée Mathieu Bachelet^ horloger parisien; ' ^ ^'' ''

Une autre petite horloge de la même époque , aux armes de Bellegarde , signée : P. Cuype7\ Bloys ;

Une petite horloge ronde représentant l'arche de Noé , signée: Grébaiiy Bloys;

Une petite horloge de table à six pans, représentant les vertus théologales, signée : Beauvais, horloger de Paris :

Une autre horloge portant les inscriptions , Sol, Luna

SOUS des personnages allégoriques, signée: Alphonse Grebant.

Les horloges allemandes sont plus nombreuses et beaucoup plus compliquées dans leurs détails.

Dans une horloge allemande sans signature , un nègre indique l'heure avec un sceptre et c'est un singe qui frappe les heures.

Dans une autre c'est une femme qui indique l'heure ; celle-ci est signée : Paulus Schiller.

Trois petites horloges allemandes , du XVIP siècle , à six pans d'un modèle uniforme sont signées , l'une : Ludwig Fartin ; la seconde : Johann Ferdinandus Mehrer, Augshurg ; la dernière : Val. Wein, Posen.

A côté des petites horloges ou pendules se trouvent aussi des montres de l'époque de la Renaissance, dont quelquesunes portent les noms d'horlogers français :

Une montre ovale en cuivre doré, aux côtés ajourés est signée Roger , Angers.

Une autre montre en cuivre doré , représentant la Nativité et la Résurrection, est signée : Gantron, Rétines.

Enfin, une montre ovale en argent, représentant Diane et ses chiens , est signée : Pierre Le Seyne, Paris .

On peut le remarquer, je ne néglige aucune occasion de reproduire les inscriptions donnant soit une date , soit le nom d'un artiste. Particulièrement pour l'exposition rétrospective de Bruxelles, je me suis attaché à rechercher toutes les inscriptions d'origine placées sur des objets authentiques. A mon avis, c'est là le premier élément de l'histoire des beaux-arts.

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