DÉDICACE
La lyre qui frémit sous la main des poètes, Même quand elle expire en notes incomplètes, N'est pas un instrument aux faciles accords , Pareil à ces claviers dont Tivoire ou Tébène Sous les doigts négligents qui Tefileurent à peine Résonne aussitôt sans efforts.
Non! la lyre, c'est l'âme immortelle qui vibre. Seuls, les grands sentiments peuvent toucher sa fibre. Il faut avoir aimé , vécu , pleuré , souffert. Car la passion seule est mère du génie ;
Kt pour qu'il se répande en torrents d'harmonie, Il faut que le cœur soit ouvert.
A qui donc dédier ce pur sang de notre âme ,
Sinon à Fêtre aimé qui nous transmit sa flamme ; A range qui sur nous s' inclinant chaque jour Nous fit de ses deux bras un berceau de caresses. Et nous ouvre en pleurant, à l'heure des détresses. Le refuge de son amour ?
A toi donc ce prélude, à toi seule, ô ma mère ! Ces premiers chants tardifs d'une muse éphémère. Tu ne les suivras pas d'un sourire moqueur ; Peut-être rendront-ils même tes yeux humides : Tendres et consolants, austères et timides.
Ils sont un écho de ton cœur.