FEMME S M \ \(,l
-- Faites bien attention! Voyez avec « j m-l I*- vora cité (non simulée peut-être!) elle déchire des lapins vivants ci des volailles piaillantes que lui jette son cornac, rr Allons, dit-il, il ne faul pas rr manger tout son bien en un jour», cl, sur cette Bage parole, il lui arrache cruellement la (noir. dont les boyaux dévidés restent un instant ac< • loches aux dents de la bête féroce, de la femme. veu\-je dire.
rr Allons! un bon coup de bâton pour la calmer! car elle darde des yeux terribles de convoitise sur la nourriture enlevée. Grand Dieu! le bâton n'est pas un bâton de comédie , avez-vous entendu résonner la chair, malgré le poil postiche? Aussi les yeux lui sortent maintenant de la tête, elle hurle plus naturellement. Dans sa rage, elle étincelle tout entière, comme le fer qu'on bat.
rr Telles sont les mœurs conjugales de ces deux descendants d'Eve et d'Adam, ces œuvres de vos mains, 6 mon Dieu! Cette femme est incontestablement malheureuse, quoique après tout, peut-
être, les jouissances titillantes de la gloire ne lui soient pas inconnues. H y a des malheurs plus irrémédiables, et sans compensation. Mais dans le monde où elle a été jetée, elle n'a jamais pu croire que la femme méritât une autre destinée.
rr Maintenant , à nous deux, chère précieuse! A voir les enfers dont le monde est peuplé, que voulez-vous que je pense de votre joli enfer, vous qui ne reposez que sur des étoffes aussi douces que votre peau , qui ne mangez que de la viande cuite, et pour qui un domestique habile prend soin de découper les morceaux?
cr Et que peuvent signifier pour moi tous ces petits soupirs qui gonflent votre poitrine parfumée, robuste coquette? Et toutes ces affectations apprises dans les livres, et cette infatigable mélancolie , faite pour inspirer au spectateur un tout autre sentiment que la pitié? En vérité, il me prend quelquefois envie de vous apprendre ce que c'est que le vrai malheur.
rr A vous voir ainsi, ma belle délicate, les pieds
LA FEMME S\l \ \(iK.
dans la fange et les yeux tournés vaporeusemenl vers le ciel, comme pour lui demander un roi, on dirai! vraisemblablement une jeune grenouille
qui invoquerai! l'idéal. Si vous méprisez le soliveau (ce que je suis maintenant, comme vous savez bien), gare la grue qui vous croquera, vous gobera et vous tuera à son plaisir!
•Tant poète que je sois, je ne suis pas aus^i dupe que vous voudriez le croire, et si vous me fatiguez trop souvent de vos précieuses pleurnicheries, je vous traiterai en femme sauvage, ou je vous jetterai par la fenêtre, comme une bouteille viilc D