‹ Petits poèmes en proseChapitre 27 sur 70 · LES TENTATIONS · texte numérisé non relu

LES TENTATIONS

petits hommes efflanqués qui se suspendaient volontairement à un clou; il v avail de petits gnomes difformes, maigres, doni les \cu\ suppliants réclamaienl l'aumône mieux encore que leurs mains tremblantes; el puis de vieilles mères portant «les avortons accrochés à leurs mamelles exténuées. Il y en avait encore bien d'autres.

Le gros Satan lapait avec son poing sur son immense ventre, d'où sortait alors un long el retentissant cliquetis de métal, qui se terminait en un vague gémissement l'ail de nombreuses voix humaines. Et il riait, en montrant impudemment ses dents gâtées, d'un énorme rire imbécile, comme certains hommes de tous les pays quand ils ont trop bien diné.

Et celui-là me dit : rr Je puis te donner ce qui obtient tout, ce qui vaut tout, ce qui remplace tout! » Et il tapa sur son ventre monstrueux, dont l'écho sonore fit le commentaire de sa grossière parole.

Je me détournai avec dégoût, et je répon-

dis : cr Je nai besoin, pour ma jouissance, de la misère de personne ; et je ne veux pas d'une richesse attristée, comme un papier de tenture, de tous les malheurs représentés sur ta peau. »

Quant à la Diablesse, je mentirais si je n'avouais pas qu'à première vue je lui trouvai un bizarre charme. Pour définir ce charme, je ne saurais le comparer à rien de mieux qu'à celui des très-belles femmes sur le retour, qui cependant ne vieillissent plus, et dont la beauté garde la magie pénétrante des ruines. Elle avait l'air à la fois impérieux et dégingandé, et ses yeux, quoique battus, contenaient une force fascinatrice. Ce qui me frappa le plus, ce fut le mystère de sa voix, dans laquelle je retrouvais le souvenir des conlrahi les plus délicieux et aussi un peu de 1 enrouement des gosiers incessamment lavés par l'eau-de-vie.

-Veux-tu connaître ma puissance ?» dit la fausse déesse avec sa voix charmante et paradoxale, cr Ecoute! -

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