‹ Petits poèmes en proseChapitre 64 sur 70 · MADEMOISELLE BISTOURI · texte numérisé non relu

MADEMOISELLE BISTOURI

lier, ce cher enfant! — Eh bien! croirais-tu que j'ai une drôle d'envi»1 que j<' n'ose p;is lui duc.' — Je voudrais qu'il vînt me voir avec sa trousse et son tablier, même avec un peu de sang dessus ! u

Elle dit cela d'un air fort candide, comme un homme sensible dirait à une comédienne qu il aimerait : <t Je veux vous voir vêtue du costume que vous portiez dans ce fameux rôle que vous avez créé. r>

Moi, m'obstinant, je repris : cr Peux-tu te souvenir de l'époque et de l'occasion où est née en toi cette passion si particulière? a

Difficilement je me fis comprendre ; enfin j'y parvins. Mais alors elle me répondit d'un air trèstriste, et même, autant que je peux me souvenir, en détournant les yeux : «Je ne sais pas. . . Je ne me souviens pas."

Quelles bizarreries ne trouve-t-on pas dans une grande ville , quand on sait se promener et regarder? La vie fourmille de monstres innocents.

— Seigneur, mon Dieu! vous, ie Créateur, vous, le Maître; vous qui avez fait la Loi et la Liberté; vous, le souverain qui laissez faire, vous, le juge qui pardonnez; vous qui êtes plein de motifs et de causes, et qui avez peut-être mis dans mon esprit le goût de l'horreur pour convertir mon cœur, comme la guérison au bout d'une lame; Seigneur, ayez pitié, ayez pitié des fous et des folles! 0 Créateur! peut-il exister des monstres aux yeux de Celui-là seul qui sait pourquoi ils existent, comment ils se -son! faits et comment ils auraient pu ne pas se faire?

\l.\ III

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