‹ Petits poémes [microforme]Chapitre 17 sur 37 · CR · texte numérisé non relu

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Une grasse prairie où se berçait le foi:,

Où serpentaient les eaux de plus d’une fontaine. Elle entendit chanter plus d’une voix lointaine, Et vit le groupe heureux des tentes des chrétiens Uuis dans ces déserts par de sacrés liens.

Au pied d’un chêne antique, au milieu du village, Sar un épais tapis de mousse et de feuillage,

Le peuple plein de foi s'était agenouillé.

Ce chêne, que l’hiver n'avait pas dépouillé,

Etait l’unique temple. Un crucifix de marbre Avait été fixé dans l'écorce de l’arbre,

Et semblait reposer nn regard triste et doux

Sur ces humbles chrétiens tombés à ses genoux.

A travers les rameaux du chêne solitaire

La prière et le chant s’élevaient de la terre

Et montaient vers les cieux comme un divin encens.

Les voyageurs, touchés de ces naïfs accents, S'avancèrent sans bruit, la tête découverte, Se mirent à genoux sur la pelouse verte,

Et prièrent longtemps avec dévotion.

Quand le prêtre eut donné la bénédiction,

Qui tomba de sa main sur la foule attendrie Comme aux jours du printemps, sur la terre tiédie, Tombe le grain de blé de la main du semeur, Il s’avança vers eux, sollicitant l'honneur

De les avoir dès lors pour hôtes daus sa tente. Basile, un peu confus, d’une voix hésitante, L’assure au nom de tous d’un respect filial.

En entendant parler son langage natal

Le ministre de Dieu sent une grande joie.

Et, suivant un sentier où la verdure ondoie,

Il guide à son wigwam les visiteurs nouveaux, Puis il les fuit asseoir sur des lits de rameaux

Qu'il recouvre avec soin de peaux de bête fauve ; Bientôt après, signant de la croix son front chauve, Il partage avec eux ses gâteraux de maïs,

Mets de tous les repas dans ces lointains pays,

Et, souriant avec douceur, à tous 11 passe,

Pleine d’eau jusqu'au bord, sa vieille calebasse,

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Eux, saus perdre de temps, après quelques propos, Racoutent leur histoire en goûtant le repos.

Le prêtre leur répond d'une voix solennelle :

—# L'aube n’a pas six fois aux cicux tendu son aile, ‘ Le soleil ne s’est point six fois, non plus, enfui,

‘“ Depuis que Gabriel, des trappeurs avec lui,

‘ S'est assis sur la natte où la vierge est assise.

“ Pour se rendre à 1.28 vœux, d'une voix indécise

‘ Il me dit longuement son lamentable sort,

‘ Pais il continua sa course vers le Nord.”

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