LA PAIX
La France n'avait Pas perdu le wrand prestige Qui s’attachait à son drapeau ;
La France n'avait Pas, dans un jour de vertige, Venda, comme on vend un troupeau,
Notre jenne Pays à la riche Angleterre, Nous vivions dus une humble paix ;
Et, sur ces bords nouveaux, notre destin prospère Ne devait s'altérer jamais !
Nous ne demandions rien, si ce n’est la justice Que l’on doit même aux plus petits F
Nos cœurs étaient bien droits et jamais l’artifice N’avait eu place en nos espiits.
Fidèles, en ces temps, aux conseils de nos pères Qui savaient bien vivre de peu,
Nous promenions le soc dans le sein de nos terres En élevant nos cœurs vers Dieu.
Et, quand venait le temps de la moisson féconde, Le temps de couper le blé mûr ; Quand les épis bruyants se berçaient comme l’onde | Sous les reflets d’un ciel d'azur, Chacun courait au champ, dans l'heureuse famille, Lt le refrain de nos chansons Semblait, comine l’épi, tomber sous la faucille Des fillettes et des garçons.
Et l’on dansait alors autour des blondes gerbes, Sous l'œil de ia lune, au vallon ;
Et bien des pieds gentils foulaient les molles herbes 1 Aux gais accords du violon.
Et les fronts, couronnés ainsi qu'au temps antique De bluets et de boutons d'or,
Sous le fardeau pesant d’aucuu joug despotique Ne s'étaient iuclinés encor !
O jours heureux ! jours d'amou: et de gloire | E Où mon pays déroulait, sous les cieux, | Ses étendards que suivait la victoire, | I
Jours de grandenr, pour vous pleurer mes yeux
à Auront, hélas ! d'intarissables larmes | | Jour du combat où les nobles aïeux, h Trahis, mouraient en embrassant leurs armes,
Jour du combat, que tu fus glorieux !
rres !
nde, Il ’onde | mille, | LA GUERRE > Mais le drapeau sacré qui protégeait nos rives, Le drapeau blanc fleurdelisé )e8, Fut souillé, fut trahi par les lâches convives D'un roi que l’âge avait usé ; herbes 1 Bien moius que la désauche. Et nous fûmes, ô crime !
Et nous fâmes vendus, un jour, ntique | Nous peuples de héros, nous nation sublime, Pour un impur baiser d'amour !
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que Le maître vint s'asseoir avec sa morgue sombre À uos foyers hospitaliers e gloire | Etles enfants tremblaient quand lis voyaient son ombre :. | Se dessiner sur les palicrs.
| [ voulut effacer, par des lois tyranniques, : mes yeux | Notre belle langue, à jamuis !
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Il voulut balayer, tentatives iniques !
De nos bords le grand nom français !
Une voix retentit pareille au gias funèbre Qui sonne à l'heure de minuit.
Jamais, sur notre rive, une voix plus célèbre Ne fit soudain autant de bruit.
Son accent inspiré, semblable à la bonrrasque Qui soulève les océans,
Fait au loin bouillonner les esprits. Il démasque Sous nos pieds les gouifres béants !
Et le peuple s'émeut. De vaillantes phalanges Surgissent dans les prés en fleurs ;
Les femmes, au foyer dont elles sont les anges, Vont s'agenouiller tout en pleurs ;
Le drapeau d’Albion tombe dans la poussière, Mais haut, dans la pourpre des cieux,
De la révolte sainte on peut voir la bannière Ouvrir ses plis audacieux !
Et l’altière Albion, rugissant de colère, Appelle à ces nouveaux combats,
Nombreux comme les flots de la grande rivière, Ses vieux et fidèles soldats.
Ils viennent de partout, et leur troupe alignée Comme un cercle de fer s'étend.
Ils vont avec bouheur broycr cette poignée D'aventuriers qui les attend.
Mais, ciel! où fayez-vous si vite et Sans armure ? l Soldats, qui vous a dépouillés ? |
Vos canons se sont tus devant l'humble murmure |
De uos vieux Mousquets tout rouillés !
Comine tombe, l'automne, un bouquet de feuillage Au souffle des vents alisés, Votre atrogance tombe en face du courage De nos guerriers improvisés !
sque O champs de St. Denis! & vallons de St. Charle, | Quelle gloire dans votre deuil !
Tressaillez de plaisir, vous dont l'histoire parle Avec amour, avec orgueil !
Un jour, vous avez vu la puissante Angleterre
Faiblir devant vos bataillons,
8, S'arrêter de Stupeur, sous l’effroi qui l’atterre
Replier ses fiers pavillons !