‹ Petits poémes [microforme]Chapitre 32 sur 37 · L'ÉCHAFAUD · texte numérisé non relu

L'ÉCHAFAUD

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Bien sombre est l'horizon, et des plaintes funèbres S'élèvent des forêts au milieu des ténèbres,

S'élävent des flnts noirs et des rocs escarpés!

L'oiseau ne chante pas sur son nid de feuillage,

Le vent ne berce plus le roseau du rivage,

L'on entend senlement les sons entreconpés

De la c'oche d'airain qui pleure dans l’espace ;

On entend les sanglots de la fonle qui passe

Au pied des murs noircis d'une hante prison... Bien sombre est l'horizon |

Quels sont ces spectres noirs qui vont et qui reviennent Pareils À des démons que les sorciers retiennent, Au milieu de la nuit, sur un impur antel ?

Quelle est, collée an mur, cette charpente sombre Quisembleunlongsquelette onvrantses bras dans l'ombre Pour étreindre quelqu'un dans un baiser mortel ? Qui montent à pas lents ces lugnbres échelles ? O mon pays animé, tu trembles, tn chancelles! As-tu vu s’écrouler tes suprêmes espoirs ? .....

Quels sont ces spectres noirs ?.....

Victimes, avancez! Bourreanx, faites vos tâches!

Voyons done an grand jour quelles immondes taches Souillent le front de ces forçats.

Victimes, avancez! .,.... Ah! voilez cette scène !

Héros de mon pays, quoi! c'est vons que l'on traîne Sur le gibet des scélérats ?

Que n'êtes-vous tombés, au jour de bataille, Au champ de Saint-Eustache, au champ de Saint-Denis !

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y taches

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aint-Denis !

Que n'êtes-vons tombés, broyés par | Avec vos COMpagnons bénis !

Mais, pour Culmer un peu cette h ?

Qu'en son âme implacable il gi

Colborne voulait boire une chaude gorgée D'un sans

y dont il était jaloux.

aîne enrngé

Il fallait, pour autel, une ignoble potence, Il fallait, pour témoin, un ignoble troupeau, Pour victime il fallait la divine innocence

À ce grand prêtre fait bourreau !

Défenseurs Mmalhenreux de notre Votre nom à jamais sera glorifié !

Maudits soient les tyi

'ause sainte,

‘ans ! Justes, morrez san

Le gibet est sauctifié !

a mitraille,

idait contre NOUS,

s crainte,

Si tu pouvais parler dans tes fièvreuses courses,

0 fleuve Merveilleux ! 6 fleuve Vagabond !

Tu nons dirais Pourquoi, loin de teg humbles sources, Tu vas enfin te perdre à l'océan profond,

Comme ces blonds enfants qui laissent leur village Avec un cœur naïf et des vœux superfus,

Comme ces blonds enfants à l’âme un peu volage

Qui vont «4 4 les cités d’où l'on ne revient plus!

i US irais Pourquoi, sous une tiède haleine, L'on voit frémir ton sein ;

Pourquoi souvent Aussi, comme une mornse plaine, Tu t'apl vis soudain,

Pen rte Tag ah secs

Et pourquoi, tour à tour, ta voix est humble ou fière ; Pourquoi tu dors parfois,

Entre tes bords fleuris, dans ta couche de pierre, Comme un lac sous les bois;

Et pourquoi tu brandis ton panache d’écume, Torrent impétueux,

Comme un coursier sscoue une aigrette de plume Sur son front fastueux !

Si tu pouvais parler, tu nous dirais peut-être Que ces vagues rumeurs, ces soupirs, tes sanglots Qu'on entend tour à tour et s'éteindre et renaître, Sont 1 voix des novés que tourmentent tes flots ; Tu nous dirais combien de longues chevelures, Aux baisers de l’amonr promises autrefois,

Se traînent maintenant sur tes glaises impures, Ou se collent sans bruit à tes glauques parvis,

Oh! que d’infortunés, jeunes, vieux, hommes, femmes, Par le trépas surpris,

Sur les cailloux glissants, au caprice des lames, Trafsent leurs corps meurtris !

Oh! que de fiancés dans leurs habits de fête, Au jour de leur bonheur,

Pour orchestres ont eu la foudre et la tempête, Et la vague en fureur

Pour couche nuptiale ! Et comme, sur les berges, Los reptiles rampants

Souillent, de leurs baisers, le sein bleui des vierges Et le front des enfants !

fière ;

Lo

ts re,

femmes,

rges,

ierges

Si tu pouvais Parler, tu me dirais, Ô fleuve,

Les joyeuses chansons des filles du hameau

Qui s’en Vont, chaque soir, dans leur parure neuve, Qui chaque soir s'en vont, dans un léger bateau, Promener leur amour sur tes discrètes vagues,

Au souffle du Zéphire, au bruit des AVilOns,

Pendant que dans le ciel tout plein de rumeurs vagues La lune verse au loin ses suaves r'AYONs.

Si tu pouvais Parler, tu nous dirais encore Combien de mortels, laissés Qu poids du jour, Sont allés demander à ton onde sonore

Un repos incertain. Ames sans pur amour, Esprits vains et sans foi, cœurs malades ou lâches Qui ne purent Porter leur farlean jusqu’au bout, Trouvèrent plus aisé d'abandonner leurs tâches Que de lutter foujours et de mourir aebout !

Quand tes flots d'émeraude, au Pied de nos collines, Se reposent sans bruit,

Au milieu des roseaux les nymphes, les ondines, Dansent toute la nuit,

Du haut du ciel serein des millions d'étoiles T'e regardent dormi l,

Et, le jong die leurs mâts, en vain les blanches voiles S'efforcent de frémir ;

Un sentiment d'amour s'empare de nos âmes F L'univers est plus beau ;

On voudrait s'éluncer sur des ailes de flammes Vers un monde nouveau,

Et le barde rôveur reprend encor sa lyre

Pour tromper ses ennuis et chanter ton repos. Il voudrait, l’insensé, que son âme en délire

Pût être calme un jour comme le sont tes flots. A-t-il donc oublié que ce calme limpide

N'est qu’un masque profond qui cache ta fureur, Et que dans les replis de ce manteau perfide S'agite incessamment tout un monde d’horreur ?

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