‹ Petits poèmesChapitre 19 sur 30 · IRONIE ET PRIERE · texte numérisé non relu

IRONIE ET PRIERE

Il est nuit .... IL fait froid .... Sar l'angle des toitures

Le veDt siffle de plus en plos, £t, sous Pacier poli des rapides voitures,

La neige rend des sons aigus.

Le poêle y plein de feu, résonne comme un cuivre,

La lune, de ses réseaux d'or, Pait scintiller au loin le grand linceul de givre ....

La ville ne dort pas encor !

Hâtez-vous, jeunes gens, car Pheuro qui s'envole

Ne passera plus devant vous !

Allez danser au bal, si le bal vous console

Mieux qu'une prière à genoux.

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222 mONIE ET PRIÈRE

Allée ! soyez hardis ! une vierge ingénue Vous laissera sa blanche main ;

Le Yoile tombera de sou épaule nue :

Allez I . ... On peut mourir demain !

Allez à vos festins, à vos pompeuses fêtes,

Voas dont la paupière est sans pleurs !

Pour semer sur vos pas, pour couronner vos têtes

L'automne a réservé des fleurs !

Et la vie est si courte, il faut que Pon jouisse

Des biens qu'apporte chaque jour !

Il faat, avant que tout passe et s'évanouisse.

S'enivrer de joie et d'amour !

Allez ! n'arrêtez point au seuil de la chaumière

Oh gémit un frère indigent.

Entrez dans les salons où des flots de lumière

Ruissellent des lustres d'argent.

Ecoutez les propos, les refrains d'allégresse.

Les orchestres mélodieux } C'est plus doux que les cris d'une sombre détresse,

C'est moins triste et moins odieux !

Et qu'importe, après tout, qu'un misérable envie Et vos plaisirs et vos honneurs?

Qu'importe un malheureux dont la pénible vie N'a ni doux rêves, ni bonheurs ?

Détournez vos regards et gardez votre joie ; Trouvez quelques plaisirs nouveaux ;

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IRONIE ET PBIÈ&E 223

Chantez, riez, dansez, en beaax habits de soie, Sur le coayercle des tombeaux !

Vous n'ayez jamais vu, tout près de votre porte,

La pâle faim venir s^asseoir ; Et les ris et les jeux que Taube vous apporte

Ne s'en vont point avec le soir.

Jamais, pendant Thiver, dans Tâtre plein de cendre,

Le feu n'a cessé d'ondoyer } Jamais, pour votre lit. Dieu ne vous a fait preudre

La pierre de votre foyer !

Riches, connaissez-vous, dites-moi, la famille

Qui tombe dans la pauvreté ?

Avez- vous, en entrant, vu fuir la jeune fille

Honteuse de sa nudité ?

Avez-vous vu Teiifaut à la bouche livide

Qui ne mange point au réveil ?

Oh ! vous ne savez pas, non, comme il est avide

Du pain qu'il voit dans son sommeil ! . . , .

Donnez donc à l'enfant Tobole qu'il réclame.

Pour qu'il ne meure pas de faim I Donnez un peu de bois à tout foyer sans flamme,

A l'orpheline un pi'U de pain !

Relevez sans aigreur une femme qui tombe.

Et le bon Dieu vous bénira j Et puis si les heureux évitent votre tombe,

Le panvre la visitera.

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Les flears naissent partout, la terre esc étoilée

Comme Tazar du ciel, Et déjà Ton entend, sous la cime voilée,

Un concert éternel.

Le gazon reverdit sous les pieds qui le foulent.

Et les champs labourés Paraissent, jusqu'au loin, comme des flots qui roulent

Vers des bords empourprés.

Le chant du laboureur qui revient de l'ouvrage

Au coucher du soleil , Le murmure du vent, les soupirs du feuillage,

Le bruit du flot vermeil Qui déchire aux cailloux son éclatante écume.

Le nuage argenté

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Et le grillon mutin sur le sillon qui fume, Tout est plein de g:iîté !

Une molle vapeur, corn m o nn rideau de soie

S'élève, le matin, Da fond de la vallée oh la rose déploie

Sa robe de sntiii.

Et l'on voit, à travers <u«s nappes diaphanes,

Flotter, comme dans Teau, Les profils indécis des flexibles lianes

Et du pâle bouleau.

Ainsi de l'avenir l'anxieuse jeunesse

Croit parfois entrevoir Les contouii incertains, la formi^ enchanteresse,

Quand l'amour ou l'espoir, Comme un rayon de feu, comme une douce haleine.

Pénètrent le nde.'Hi Tombé devant les yeux de la sagesse humaine

Depuis notre berceau.

Mille arbustes nouveaux, mille nouvelles plantes

Surgissent du sol nu.

L€j printemps leur a fait des promisses brillantes,

Mais, l'automne venu, En vain l'on cherchera la trace d'un grand nombre.

Ainsi pour les humains !

Quand le soir de la vie étend au loin son ombre

Sur les tristes chemins, Ceux qui restent debout retournent en anière

Des regards superflus :

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La roate est recoayerte, hélas ! de la poassière

De ceux qui ne soot plus !

Un besoin de soleil on des fenx implacables,

L'onde ou les aquilons Ont fait périr beancopp de ces fleurs adorables

Dont les jours semblaient longs.

Il est doaz maintenant de reprendre les coui'ses

Sur les coteaux lointains, De s^isseoir et prier au bord des frsitches sources,

Sous le dôme des pins.

Il est doux d'écouter les grives et les merles,

Revenus au buisson.

Egrener, tour à tour, comme un collier de perles,

Lear vibrante chanson.

Le soleil qui descend derrière les nuages

Jette un ruban de feu, Une auréole d'or au front des monts sauvages

Et dji grand fleuve bleu.

Ces gerbes de rayons, ces ardentes traînées

Qui descendent des cieux Sont comme un souvenir de leurs jeunes années

Pour ceux qui se font vieux.

Et la grtîté renaît dans Pobscure chaumière

Que l'hiver désolait.

A travers les carreaux maintenant la lumière

Laisse entrer un reflet.

Qu'importe qu'au foyer toute flamme soit morte.

Le soleil est bien chaud.

yGoogk

Poar niniiner son fils, la mère oavre la porte

A ce rayoo d'en haut.

Et tout les cœurs brisés, dans la pauvre famille

Qui trouvait le ciel dur Quand la brise emportait la fleur de la charmille

Et le dernier fruit mûr, Bien joyeux aujourd'hui que revient l'espérance.

Montent vers le Seigneur :

On n'a plus souvenir des jours de la souffrance

Au retour du bonheur!

yGoogk

Je t'adore, ô mon Dieu I Du fond de ma misère J'ose élever vers toi qa'on appelle sévère.

Mes mains pleines dUniqnités.

Mon front sMncUnera devant ta faoe sainte.

Je reprendrai; Seigoear, dans l'amoar et la crainte,

Les sentiers droits qne j'ai quittés.

Je t'adore, ô mou Diea, qaand les brises tiédies Font chanter des forêts les cimes re verdies

£t que les nids font leurs concerts -, Quand l'hiver se revêt de son linceul de givre» Qne l'aquilon gémit comme un cornet de cuivre

Sur les chemins partout déserts I

yGoogk

Quand le soleil levant, d^uie brillante gerbe Inonde ma feuôtre, et qae le lis saperbe

S*oayTe poar l'autel du saint-lieu ; Quand Pairain, vers la nuit, de vallée en vallée, Pour louer ton saint nom, sonne à toute volée,

Je t'adore encore, ô mon Dieu !

Car c'est par toi, Seigueur, que le soleil se lève, Que les veines des bois sentent courir la se 7e,

Que les fleurs é toi lent les champs !

Tu sais creuser un lit à la sombre rivière.

Tu jettes dans l'espace, ainsi qu'une poussière.

Des flots d'astres étin celants !

Tu fais briller l'éclair, tu fais gronder la foudre. Tu commandes aux vents et tu réduits en poudre

Tout ce qu'élève un sot orgueil !

Ta clémence est sans borne et ta gloire, infinie ! Ton pouvoir est loué, ta sagesse est bénie

Dans le berceau, dans le cercueil !

Qui suis-je devant toi pour t'offrir ma prière 7 Un atome perdu dans les flots de lumièro

Que tu verses sur l'univers !

Je ne suis qu'une feuille an hasard emportée^ Et qu'une goatte d'eau par l'orage jetée

Dans le gouffre profond des mers!

Qui 8ui8-je moi. Seigneur, pour t'appeler mon père? Pour entendre ta voix me dire : Enfant, espère;

Mon ange veillera sur toi f Qui Buis-je pour paraître en ta sainte présence ? J'ai &it souvent le mal sans craindre ta puissance,

Quand j'aurais dû sécher d'effroi.

Que de jours j'ai passés oublieux de ta gloire ! De tes bienfaits, Seigneur, j^ai perdu la mémoire :

J'ai senti chanceler ma foi.

J'ai douté de ta grâce et ri do ta promesse.

Je te voyais si grand que, dans ma petitesse.

J'ai dit : Dieu pense-t-il à moi f

£t pourtant, sur mon front, je le sais bien, un signe Me dit que de ton ciel je puis devenir digne

Et que mes yeux devront te voir.

Un rayon merveilleux, une éternelle flamme, Pour s'élancer vers toi, s'échappent de mon âme

Comme le feu de l'encensoir.

Non, l'homme tout entier n'est pas pétri de boue ! Une étincelle ardente eu son âme se joue

Comme une étoile en un ciel noir.

C'est le foyer brûlant qui fait luire le phare. C'est l'éclat, le parfum dont l'humble fleur se pare.

C'est la foi, l'amour ou l'espoir !

yGoogk

Quand le ehène orgaeilleaz tombe dans la tempe to, Lliamble roceaa, souvent, relève encor la tête :

Je me relèverai, SeigDear.

Le remords a d^jà brisé moa cœar de marbre, Comme le ver eaehé qai fait périr an arbre

Dont il vient de mordre le cœar.

Je t'adore, ô mon Diea ! Qae le Aer inerédale, Sor son lath profiiné, ebaqae jour ne modale

Qae des refrains blasphématears, Je ne réagirai point de mes saintes livrées : Ta grftoe émoassera les flèches acérées

De qaelqaes sots persécatears.

Je chanterai ton nom dans mon hamble harmonie. Qae mMmporte le monde et sa froide ironie ?

Le monde vend son amitié.

Je chanterai ta gloire et tes bien&its, mon Maître, Je louerai ta bonté de m*avoîr donné l'être,

Et j'implorerai ta pitié l

yGoogk

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