IRONIE ET PRIERE
Il est nuit .... IL fait froid .... Sar l'angle des toitures
Le veDt siffle de plus en plos, £t, sous Pacier poli des rapides voitures,
La neige rend des sons aigus.
Le poêle y plein de feu, résonne comme un cuivre,
La lune, de ses réseaux d'or, Pait scintiller au loin le grand linceul de givre ....
La ville ne dort pas encor !
Hâtez-vous, jeunes gens, car Pheuro qui s'envole
Ne passera plus devant vous !
Allez danser au bal, si le bal vous console
Mieux qu'une prière à genoux.
yGoogk
222 mONIE ET PRIÈRE
Allée ! soyez hardis ! une vierge ingénue Vous laissera sa blanche main ;
Le Yoile tombera de sou épaule nue :
Allez I . ... On peut mourir demain !
Allez à vos festins, à vos pompeuses fêtes,
Voas dont la paupière est sans pleurs !
Pour semer sur vos pas, pour couronner vos têtes
L'automne a réservé des fleurs !
Et la vie est si courte, il faut que Pon jouisse
Des biens qu'apporte chaque jour !
Il faat, avant que tout passe et s'évanouisse.
S'enivrer de joie et d'amour !
Allez ! n'arrêtez point au seuil de la chaumière
Oh gémit un frère indigent.
Entrez dans les salons où des flots de lumière
Ruissellent des lustres d'argent.
Ecoutez les propos, les refrains d'allégresse.
Les orchestres mélodieux } C'est plus doux que les cris d'une sombre détresse,
C'est moins triste et moins odieux !
Et qu'importe, après tout, qu'un misérable envie Et vos plaisirs et vos honneurs?
Qu'importe un malheureux dont la pénible vie N'a ni doux rêves, ni bonheurs ?
Détournez vos regards et gardez votre joie ; Trouvez quelques plaisirs nouveaux ;
yGoogk
IRONIE ET PBIÈ&E 223
Chantez, riez, dansez, en beaax habits de soie, Sur le coayercle des tombeaux !
Vous n'ayez jamais vu, tout près de votre porte,
La pâle faim venir s^asseoir ; Et les ris et les jeux que Taube vous apporte
Ne s'en vont point avec le soir.
Jamais, pendant Thiver, dans Tâtre plein de cendre,
Le feu n'a cessé d'ondoyer } Jamais, pour votre lit. Dieu ne vous a fait preudre
La pierre de votre foyer !
Riches, connaissez-vous, dites-moi, la famille
Qui tombe dans la pauvreté ?
Avez- vous, en entrant, vu fuir la jeune fille
Honteuse de sa nudité ?
Avez-vous vu Teiifaut à la bouche livide
Qui ne mange point au réveil ?
Oh ! vous ne savez pas, non, comme il est avide
Du pain qu'il voit dans son sommeil ! . . , .
Donnez donc à l'enfant Tobole qu'il réclame.
Pour qu'il ne meure pas de faim I Donnez un peu de bois à tout foyer sans flamme,
A l'orpheline un pi'U de pain !
Relevez sans aigreur une femme qui tombe.
Et le bon Dieu vous bénira j Et puis si les heureux évitent votre tombe,
Le panvre la visitera.
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Les flears naissent partout, la terre esc étoilée
Comme Tazar du ciel, Et déjà Ton entend, sous la cime voilée,
Un concert éternel.
Le gazon reverdit sous les pieds qui le foulent.
Et les champs labourés Paraissent, jusqu'au loin, comme des flots qui roulent
Vers des bords empourprés.
Le chant du laboureur qui revient de l'ouvrage
Au coucher du soleil , Le murmure du vent, les soupirs du feuillage,
Le bruit du flot vermeil Qui déchire aux cailloux son éclatante écume.
Le nuage argenté
yGoogk
Et le grillon mutin sur le sillon qui fume, Tout est plein de g:iîté !
Une molle vapeur, corn m o nn rideau de soie
S'élève, le matin, Da fond de la vallée oh la rose déploie
Sa robe de sntiii.
Et l'on voit, à travers <u«s nappes diaphanes,
Flotter, comme dans Teau, Les profils indécis des flexibles lianes
Et du pâle bouleau.
Ainsi de l'avenir l'anxieuse jeunesse
Croit parfois entrevoir Les contouii incertains, la formi^ enchanteresse,
Quand l'amour ou l'espoir, Comme un rayon de feu, comme une douce haleine.
Pénètrent le nde.'Hi Tombé devant les yeux de la sagesse humaine
Depuis notre berceau.
Mille arbustes nouveaux, mille nouvelles plantes
Surgissent du sol nu.
L€j printemps leur a fait des promisses brillantes,
Mais, l'automne venu, En vain l'on cherchera la trace d'un grand nombre.
Ainsi pour les humains !
Quand le soir de la vie étend au loin son ombre
Sur les tristes chemins, Ceux qui restent debout retournent en anière
Des regards superflus :
yGoogk
La roate est recoayerte, hélas ! de la poassière
De ceux qui ne soot plus !
Un besoin de soleil on des fenx implacables,
L'onde ou les aquilons Ont fait périr beancopp de ces fleurs adorables
Dont les jours semblaient longs.
Il est doaz maintenant de reprendre les coui'ses
Sur les coteaux lointains, De s^isseoir et prier au bord des frsitches sources,
Sous le dôme des pins.
Il est doux d'écouter les grives et les merles,
Revenus au buisson.
Egrener, tour à tour, comme un collier de perles,
Lear vibrante chanson.
Le soleil qui descend derrière les nuages
Jette un ruban de feu, Une auréole d'or au front des monts sauvages
Et dji grand fleuve bleu.
Ces gerbes de rayons, ces ardentes traînées
Qui descendent des cieux Sont comme un souvenir de leurs jeunes années
Pour ceux qui se font vieux.
Et la grtîté renaît dans Pobscure chaumière
Que l'hiver désolait.
A travers les carreaux maintenant la lumière
Laisse entrer un reflet.
Qu'importe qu'au foyer toute flamme soit morte.
Le soleil est bien chaud.
yGoogk
Poar niniiner son fils, la mère oavre la porte
A ce rayoo d'en haut.
Et tout les cœurs brisés, dans la pauvre famille
Qui trouvait le ciel dur Quand la brise emportait la fleur de la charmille
Et le dernier fruit mûr, Bien joyeux aujourd'hui que revient l'espérance.
Montent vers le Seigneur :
On n'a plus souvenir des jours de la souffrance
Au retour du bonheur!
yGoogk
Je t'adore, ô mon Dieu I Du fond de ma misère J'ose élever vers toi qa'on appelle sévère.
Mes mains pleines dUniqnités.
Mon front sMncUnera devant ta faoe sainte.
Je reprendrai; Seigoear, dans l'amoar et la crainte,
Les sentiers droits qne j'ai quittés.
Je t'adore, ô mou Diea, qaand les brises tiédies Font chanter des forêts les cimes re verdies
£t que les nids font leurs concerts -, Quand l'hiver se revêt de son linceul de givre» Qne l'aquilon gémit comme un cornet de cuivre
Sur les chemins partout déserts I
yGoogk
Quand le soleil levant, d^uie brillante gerbe Inonde ma feuôtre, et qae le lis saperbe
S*oayTe poar l'autel du saint-lieu ; Quand Pairain, vers la nuit, de vallée en vallée, Pour louer ton saint nom, sonne à toute volée,
Je t'adore encore, ô mon Dieu !
Car c'est par toi, Seigueur, que le soleil se lève, Que les veines des bois sentent courir la se 7e,
Que les fleurs é toi lent les champs !
Tu sais creuser un lit à la sombre rivière.
Tu jettes dans l'espace, ainsi qu'une poussière.
Des flots d'astres étin celants !
Tu fais briller l'éclair, tu fais gronder la foudre. Tu commandes aux vents et tu réduits en poudre
Tout ce qu'élève un sot orgueil !
Ta clémence est sans borne et ta gloire, infinie ! Ton pouvoir est loué, ta sagesse est bénie
Dans le berceau, dans le cercueil !
Qui suis-je devant toi pour t'offrir ma prière 7 Un atome perdu dans les flots de lumièro
Que tu verses sur l'univers !
Je ne suis qu'une feuille an hasard emportée^ Et qu'une goatte d'eau par l'orage jetée
Dans le gouffre profond des mers!
Qui 8ui8-je moi. Seigneur, pour t'appeler mon père? Pour entendre ta voix me dire : Enfant, espère;
Mon ange veillera sur toi f Qui Buis-je pour paraître en ta sainte présence ? J'ai &it souvent le mal sans craindre ta puissance,
Quand j'aurais dû sécher d'effroi.
Que de jours j'ai passés oublieux de ta gloire ! De tes bienfaits, Seigneur, j^ai perdu la mémoire :
J'ai senti chanceler ma foi.
J'ai douté de ta grâce et ri do ta promesse.
Je te voyais si grand que, dans ma petitesse.
J'ai dit : Dieu pense-t-il à moi f
£t pourtant, sur mon front, je le sais bien, un signe Me dit que de ton ciel je puis devenir digne
Et que mes yeux devront te voir.
Un rayon merveilleux, une éternelle flamme, Pour s'élancer vers toi, s'échappent de mon âme
Comme le feu de l'encensoir.
Non, l'homme tout entier n'est pas pétri de boue ! Une étincelle ardente eu son âme se joue
Comme une étoile en un ciel noir.
C'est le foyer brûlant qui fait luire le phare. C'est l'éclat, le parfum dont l'humble fleur se pare.
C'est la foi, l'amour ou l'espoir !
yGoogk
Quand le ehène orgaeilleaz tombe dans la tempe to, Lliamble roceaa, souvent, relève encor la tête :
Je me relèverai, SeigDear.
Le remords a d^jà brisé moa cœar de marbre, Comme le ver eaehé qai fait périr an arbre
Dont il vient de mordre le cœar.
Je t'adore, ô mon Diea ! Qae le Aer inerédale, Sor son lath profiiné, ebaqae jour ne modale
Qae des refrains blasphématears, Je ne réagirai point de mes saintes livrées : Ta grftoe émoassera les flèches acérées
De qaelqaes sots persécatears.
Je chanterai ton nom dans mon hamble harmonie. Qae mMmporte le monde et sa froide ironie ?
Le monde vend son amitié.
Je chanterai ta gloire et tes bien&its, mon Maître, Je louerai ta bonté de m*avoîr donné l'être,
Et j'implorerai ta pitié l
yGoogk