L'HEURE DES ENFANTS
{Traduethn)
Lorsqae les feax du jour commencent à s'éteindre, Qne de son aile noire, au loin, la unit vient ceindre Les lacs aax flots d'azar et les bois et les champs, Le tnmulte se tait, le travail se repose, L'oiseaa vole à son nid, le zéphire, à la rose .... C'est aussi Pheare des enfants !
Dans la chambre, là-haut, j'entends un bruit étrange Et pins d'un pied mignon qui soudain se dérange Et froisse, en trottinant les dessins du tapis ; J'entends le son plus sourd d'une porte qu'on pousse,
yGoogk
214 l'heure des enfants
Et des petites voix, l'une humble, l'antre douce. Qui brnissent comme des épis.
De l'étude où je suis, ma lampe qui scintille Me laisse n(M>tcrvoir uue forme gentille Qui descend Tescalter au fond du corridor } C'est luii chère Allé^ra, ma petite rieuse } Alice est avec elle, et fait la sérieuse,
Et puis Edithe aux cheveux d'or I
Elles se parlent bas d'un ton plein de mystère .... L'une à l'autre, aussitôt, fjût signe de se taire .... La joie éclate bien dans leurs regards coquins ! C'est, sans doute, un complot qu'en secret l'on machine., Il me vient des soupçons ! .... On veut, je le devine. Me surprendre sur mes bouquins I
Et la troupe enfantine avec ardeur s'élance Par trois portes oà j'ai négligé h\ défense, Et franchit vaillamment mes superbes remparts ! Le succès l'encourage ! Elle monte à son aise Sur les bras, le dossier de mon antique chaise ! . . . Je suis cerné de toutes parts !
Pour se tenir sur moi l'une à l'autre s'appuie : Leurs baisers sur mon front tombent comme une pluie Elles m'ont fortement enchaîné dans leurs bras ! Je suis, comme autrefois, cet évêque célèbre
yGoogk
l'heure des enfants 215
Captif aux bords du Rliin, dans une tour funèbre, Qu'on nppelaifc la tour des Rats.
Mais croyez- vous vraiment, adorables canailles, Parce que vous voil?i dans mes vieille.s murailles, Que de vos grands yeux bleus, moi, je vais avoir peur? Je vous retiens ici, mes charmantes guerrières! Vous ne sortirez plus ! Vous êtes prisonnières, Et prisonnières dans mon cœur !
Inutile pour vous de faire les rétives j Vous êtes bien à moi, vous êtes mes captives! Ma victoire m'inspire une juste fierté !
Jusqu'à ce que mon cœur que la tristesse mine S'en retourne en poussière et soit une ruine Vous n'aurez plus la liberté !
yGoogk
Lesvapenrs da matÎD; légères et limpidesi Ondulent mollement le long des LaarentideS;
Comme des naages d'encens.
Au marmare des flots qui caressent la plage, Les oiseaux matineux, cachés dans le feuillage,
Mêlent de suaves accents.
La nature, au réveil, chante un hymne de Joie ; L'ombre de la nuit, comme une tente qu'on ploie.
Se replie à l'horizon d'or ; Glissant comme une feuille au souffle de l'automne, Sur le flot qui module un refrain monotone.
Une barque prend son essor.
yGoogk
Vogue, vogue, faible nacelle !
Devant toi la mer étiucelle Des premiera feux du jour nouveau !
Berce, berce ta voile blanche Qui se relève et qui se penche.
Comme pour se mirer dans l'eau !
Tandis que je reste au rivage, Au pied du vieux chêne sauvage Oii je viens rêver si souvent !
Oh quand le monde me rejette, Uécho fidèle, au moins, répète Mes notes qu'emporte le vent.
Et que m'importe la louange Des hommes dont Pamitié change Comme le feuillage des bois !
S'il faut chanter ma lyre est prête ; Vers mon Dieu, si je suis poète.
J'élèverai ma faible voix.
C'est lui qui fait naître l'aurore !
C'est lui que la nature adore Dans son sublime chant d'amour !
Il nous sourit, et l'humble hommage Que lui présente le jeune âge Est toujours payé de retour.
yGoogk
C'est lai qui recaeille nos larmes !
C'est lui qui dispense les charmes Dont se revêtent les saisons !
C'est lui qui dit aux fleurs de naître, Au brillant soleil de paraître Poar venir dorer nos moissons I
C'est lai qui donne aux nuits leurs voiles,
A l'espace ses flots d'étoiles,
Et des bornes à l'océan :
Qui verse U^s molles ondées
Dans uos campagnes fécondées
Par les sueurs du paysan !
n parle, et le monde s'agite, Le soleil se lève plus vite, Et tout adore sa splendeur !
Il parle, et tout l'univers tremble, Et les astres volent «n semble, En se racontant sa grandeur !
Dans ma misère il me visite, Quand tour à tour chacun m'évite Et me laisse seul dans l'ennui.
Quand m'échappe une plainte amère, Il me dit : '^ Pauvre enfant, espère, *' Je serai toujours ton appui. "
yGoogk
220 CHANT DU KATIN
Qaand ramertame ooas ioonde, Qa'il n'eet plus d^amis en ce monde.
Seul il ne se letîre pas.
Quand noas chancelons dans la voie, Da haut da ciel il noas envoie Un ange qui sontient nos pas.