‹ Petits poèmesChapitre 23 sur 30 · LA PAIX · texte numérisé non relu

LA PAIX

La France n'avait pas perdu le grand prestige

Qni s'attachait à son drapeaa ; La Frîince n'avait pas, dans un jour de vertige,

Vendu, comme on vend un troupeau, Notre jeune pays à la riche Angleterre.

Nous vivions dans une humble paix; Et, sur ces bords nouveaux, notre destin prospère

Ne devait s'altérer jamais !

Nous ne demandions rien, si ce n'est la justice Que l'on doit même aux plus petits ;

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Nos cœurs étaient bien droits et jamais L'artiâce N'avait eu place en nos espiits.

Fidèles, eu ces temps, aux conseils de nos pères Qui savaient bien vivre de peu,

Noua promeuioud le soc dans le sein de nos terres Eu élevaut nos cœurs vers Dieu.

Et, quand venait le temps de la moisson féconde,

Le temps de couper le blé mûr ; Quand les épis bruyants se berçaient comme l'onde

Sous les reflets d'un ciel d^izur, Chacun courait au champ, dans Theureuse famille,

Et le refrain de nos chansons Semblait, comme l'épi, tomber sous la faucille

Des fillettes et des garçons.

Et l'on dansait alors autour des blondes gerbes,

Sous l'œil de la lune, au vallon ; Et bien des pieds gentils foulaient les molles herbes

Aux gais accords du violon.

Et les fronts, couronnés ainsi qu'au temps antique

De bluets et de boutons dW, Sous le Êirdeau pesant d'aucun joug despotique

Ne s'étaient inclinés encor !

jours heureux ! jours d'amour et de gloire

Oh mon pays déroulait, sous les cieuz.

Ses étendards que suivait la victoire,

Jours de grandeur, pour vous pleurer mes yeux

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AaroDt, hélas ! d^intarissables larmes 1 Jour du combat où les uobles aïeux.

Trahis, mouraient en embrassant leurs armes. Jour du combat, que tu fus glorieux !

LA GUERBE

Mais le drapeau sacré qui protégeait dos rives,

Le drapeau blanc fleurdelisé Fut souillé, fut trahi par les lâches convives

D'un roi que l'âge avait usé Bien moins que la débauche. Et nous fûmes, ô crime !

Et nous fûmes vendus, un jour.

Nous peuples de héros, nous nation sublime,

Pour un impur baiser d'amour !

Le maître vint s'asseoir avec sa morgue sombre

A nos foyers hospitaliers Et les enfants tremblaient quand ils voyaient sou ombre

Se dessiner sur les paliers.

Il voulut effacer, par des lois tyran niques^

Notre belle langue, à jamais I

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248 MIL Bmr cent trente bept

n voalat balayer, tentatives iniques I

De nos bords le grand nom français I

Une voix retentit pareille an glas fanèbre

Qui sonne à l'heure de minuit.

Jamais, sur notre rive, une voix plus célèbre

Ne fit soudain autant de bruit.

Son accent inspiré, semblable à la bourrasque

Qui soulève les océans, Fait au loin bouillonner les esprits. Il démasque

Sous nos pieds les gouffres béants !

Et le peuple s'émeut. De vaillantes phalanges

Surgissent dans les prés en fleurs ; Les femmes, au foyer dont elles sont les anges,

Vont s'agenouiller tout en pleurs; Le drapeau d'Albion tombe dans la poussière.

Mais haut, dans la pourpre des cieux.

De la révolte sainte on peut voir la bannière

Ouvrir ses plis audacieux 1

Et l'altière Albion, rugissant de colère.

Appelle à ces nouveaux combats, Nombreux comme les flots de la grande rivière,

Ses vieux et fidèles soldats.

Ils viennent de partout, et leur troupe alignée

Comme un cercle de fer s'étend. Ils vont avec bonheur broyer cette poignée

D'aventuriers qui les attend.

Mais, ciel ! où fuyez-vous si v'ite et sans armure 7

Soldats, qui vous a dépouillés?

Vos cauons se sont tus devant Thumble murmure

De uoa vieux mousquets tout rouilles!

Comme tombe, ^automne, un bouquet de feuillage

Au souffle des vents alises, Votre arrogance tombe en face du courage

De DOS guerriers improvisés !

champs de St. Déni»! ô vallons de St. Charle^

Quelle gloire duiis votre deuil !

Tressaillez de plaisir, vous dont l'histoire parle

Avec amour, avec orgueil !

Un jour, vous avez vu la puiisante Angleterre

Faiblir devant voâ bataillons, S'arrêter de stupeur, sous l'effroi qui Patterre

Keplier ses fiers pavillons !

l'éohafaud

Bien sombre est l'horizon, et des plaintes funèbres S'élèvent des forêts au milieu des ténèbres,

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SVlôvont des flots noirs et des rocs escarpés I Koisoaii ne chaiito pas sur son nul de feaillage, Le vent ne berce plas le roaeaa da rivage.

I/on (Ml tend senlement les sons entrecoupés De la cloche d'aîrain qni plenre dans Pespace ; On entend les snn;j;lots de la foule qal passe Au pied des innrs noircis d^ine hante prison . . . Bieu sombre est rhorizon I

Qu(*1s sont ces spectres noirs qni vont et qni reviennent Pareils à des démons que les Rorciers retiennent. Au milieu de la nuit, sur un impur autel ?

Quelle est, collée nu mur, cette charpente sombre • QuisembleunlongRqneletteouvrnntPJ'sbra'^ dans l'ombre Pour étreindrc quelqu'un dans un baiser mortel ? Qui montent h pns lents ces îugubn's échelles ? O mon paya ni nié, tu trembles, tu chancelles I

As-ta vu s^écrouler tes suprêmes espoirs ?

Quels sont ces spectres noirs ?

Victimes, avancez ! Bourreaux, faites vos tâches! Voyons donc au grand jour quelles immondes taches

Souillent le front de ces forçats.

Victimes, avancez ! Ah ! voilez cette scène I

Héros de mon pnys, quoi ! c'est vous que l'on traîne

Sur le gibet des scélérats 7

Que n'étes-vôus tombés, au jour de bcataîlle,

An champ de Saint*£astache, au champ de Saint-Denis !

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Que n'ètes-vous tombes, broyés par la mitraille^ Avec vos compagnons bénis !

Mais, pour calmer au pea cette hnine enragée Qu'en SOI) âme implacable il gardait contre noas, Colborne voulait boire une chaude gorgée D'un san<; dont il était Jaloux.

Il fallait, pour autel, une ignoble potence, Il fallait, pour témoin, un ignoble tioiipeaii, Pour victime il fallait la divine innocence A ce grand prêtre fait bourreau !

Défenseurs malheureux de notre cause sainte, Votre nom à jam:ils sera glorifié !

Maudits soient les tyrans ! Justes, mourez sans crainte, Le gibet est sanctifié I

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