SI TU POUVAIS PARLER
Si tu pouvais parler dans tes fiévreuses courses, fleuve merveilleux ! ô fleuve vagabond !
Tu nous dirais pourquoi, loin de tes humbles sourom, Tu vas enflu te perdre à l'océan profond.
Comme ces blonds enfants qui laissent leur village Avec un cœur naïf et des vœux superflus, Comme ces blonds enfants à Tftme un peu volage Qui vont dans les cités d'oii Pou ne revient plus !
Tu nous dirais pourquoi, sous urne tiède baleioe,
L'on voit frémir ton sein ; Pourquoi souvent aussi, comme une morue pbiioe.
Tu t'aplanis toadain,
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254 81 TU POXTYÀIB PARLIR
Et poarqaoiy toar à tour, ta voix est hamblc ou fière ;
Poorqaoi ta dors paifois, Eotre tes bords flearis, dans ta coache de pierre.
Comme an lac soas les bois; Et poarqaoi ta brandis ton panache d'écume,
Torrent impétoeax.
Comme an coursier secoue une aigrette de plume
Sur son front fastueux !
Si tu pouvais parler, tu nous dirais pent-ôtre Que ces vagues rumeurs, ces soupirs, ces sanglots Qa'on entend tour à tour et s'éteindre et renaître, Sont la voix des noyés que tourmentent tes flots; Ta nous dirais combien de longues chevelures. Aux baisers de l'amonr promises autrefois, Se traînent maintenant sur tes glaises impures, Ou se collent sau8 bruit à tes glauques parois.
Oh ! que d'infortunés, jeunes, vieux, hommes, femmes.
Par le trépas surpris, Sur les cailloux glissants, au caprice des lames,
Traînent leurs corps meurtris !
Oh! que de fiancés dans leurs habits de fête,
An jour de leur bonheur, Pour orchestres ont eu la foudre et la tempôte,
Et la vague en fureur Pour couche nuptiale ! Et comme, sur les berges,
Los reptiles rampants Souillent, de leurs baisers, le sein bleni des vierges
Et le front des enfants !