‹ Petits poèmesChapitre 24 sur 30 · SI TU POUVAIS PARLER · texte numérisé non relu

SI TU POUVAIS PARLER

Si tu pouvais parler dans tes fiévreuses courses, fleuve merveilleux ! ô fleuve vagabond !

Tu nous dirais pourquoi, loin de tes humbles sourom, Tu vas enflu te perdre à l'océan profond.

Comme ces blonds enfants qui laissent leur village Avec un cœur naïf et des vœux superflus, Comme ces blonds enfants à Tftme un peu volage Qui vont dans les cités d'oii Pou ne revient plus !

Tu nous dirais pourquoi, sous urne tiède baleioe,

L'on voit frémir ton sein ; Pourquoi souvent aussi, comme une morue pbiioe.

Tu t'aplanis toadain,

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Et poarqaoiy toar à tour, ta voix est hamblc ou fière ;

Poorqaoi ta dors paifois, Eotre tes bords flearis, dans ta coache de pierre.

Comme an lac soas les bois; Et poarqaoi ta brandis ton panache d'écume,

Torrent impétoeax.

Comme an coursier secoue une aigrette de plume

Sur son front fastueux !

Si tu pouvais parler, tu nous dirais pent-ôtre Que ces vagues rumeurs, ces soupirs, ces sanglots Qa'on entend tour à tour et s'éteindre et renaître, Sont la voix des noyés que tourmentent tes flots; Ta nous dirais combien de longues chevelures. Aux baisers de l'amonr promises autrefois, Se traînent maintenant sur tes glaises impures, Ou se collent sau8 bruit à tes glauques parois.

Oh ! que d'infortunés, jeunes, vieux, hommes, femmes.

Par le trépas surpris, Sur les cailloux glissants, au caprice des lames,

Traînent leurs corps meurtris !

Oh! que de fiancés dans leurs habits de fête,

An jour de leur bonheur, Pour orchestres ont eu la foudre et la tempôte,

Et la vague en fureur Pour couche nuptiale ! Et comme, sur les berges,

Los reptiles rampants Souillent, de leurs baisers, le sein bleni des vierges

Et le front des enfants !

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