LE POETE PAUVRE
Prends ce moroeaa de pain, mais ta seras esolaTe ;
Ta m'appartiens dès aojoard'hail Les larmes coaleront de ta paupière caye
Et partout te suivra l'ennaL Prends ce morceaa de pain, ô poète aa front blême,
Prends I et dis adieu pour toujours A cette liberté qui fat ton bien suprême !
Benonce à tes douces amours, Au ruisseau qui gazouille à ti-avers les vallées,
Au blé qui dore le guéret, Aux nids qui dans le ciel jettent leurs voix perlées,
Aux ombrages de la forêt.
yGoogk
262 LE POÈTB PAUVRE
Comment! hésitft»-tii? Vainement ta me braves,
Le te m p» d«a rêves est passé.
Quand on est indigent a-t-on peur des entraves f
Seul, ici-bas, Por entassé Peut oonduire an bonheur. Les talent^), la science
Sont des biens qu'on ne compte pas.
liO riche les supporte avec impatience.
S'il ne les brise sons ses pas.
Courbe ton front marqué du cachet du génie
Devant Forgueil du parvenu ; Souffre sans murmurer la honte ou l'avanie,
Passe avec le flot inconnu
Prends ce morceau de pain, ô poète, te dis-je,
Pour assouvir ta pâle fui m.
Ah! ton œil se dilate et déjà le vertige
Fait frémir ta débile main !
Souviens-toi de ton père ! Il est vieux et sans force
Pour travailler jnsques au soir.
Tu tenterais en vain, sous ta rigide écorce,
De me cacher ton désespoir.
Prends ce morceau de pain, et pour ta jeune femme
Dont le chaste f^ein est tari.
Et pour tes blonds enfants qui te déchirent Pâme
De lenr prière et de leur cri !
Eh bien ! pour les sauver tous ces ôtres que j'aime,
Oui, j^ai dépouillé ma fierté.
Je ne m'appartiens plus, je ne suis plus moi -môme
Et j'ai vendu ma liberté !
yGoogk