LE POÈTE PA.IIVRE
Le maître parle ; allons ! inclinons donc la tête
Et laissons là les rôvps d'or.
Devant un plus puissant je ne suis qu'une bête
Et mon esprit n'a î>1u8 d'essor.
Le ciel est tout d'azur, les vallons, pleins d'arôm(^8,
Les oiseaux chantent dans les airs, Les insectes luisants babillent dans les chaumes,
Les ruisseaux roulent des flots clairs ;
Poète, preDda le joug, car ces flots d'harmonie,
Pauvre enfant, ne sont plus pour toi.
Ferme! ferme l'oreille à cette voix bénie
Qui met la nature en émoi.
Ici-bas tout s'achète. Il n'est de jouissance
Que pour le riche, en vérité.
Hommes, choses, tout est soumis à sa puissance,
Tout vient servir sa volonté !
Pour lui s'ouvre la fleur dont le pirfum enivre ;
Pour lai mûrissent les sillons ; Pour lui, durant l'hiver, et la neige et le givre
Emoussent leurs froids aiguillons.
règne du métal, règne de la matière
Dont se moquera l'avenir, Alors que nos neveux sortiront de l'ornière
Où nous aimons à nous tenir, Triomphe de l'argent, âge du servilisme.
Siècle de l'or, je te maudis !
Tu portes sur ton front le scean de l'égoïsme ;
Tes yeux pervers sont alourdis ;
yGoogk