PRINTEMPS
L'Hiver se fâche! il a raison, Son temps n'est pas près de renaître; Le Printemps heurte à la fenêtre Et le chasse de la maison.
Tout vibre, à l'aube purpurine, Sous la neige, linceul usé, Et Talouette au ciel rosé Fait tinter sa claire clarine.
L'Hiver rage, sacre, dit non,
Comme un vieux roi qui gronde un page ;
Le Printemps fait plus de tapage
Et s'esclaffe au nez du grognon.
L'Hiver, la mine rechignée, Tout en fuyant par le chemin^ Prend de la neige dans sa main Et, traître, en lance une poignée.
nOUTCHEV 17
Mais qu'importe au Printemps ! Pareil A quelque rose enfant qui joue, Il s'en lave en riant la joue, Et n'en paraît que plus vermeil !