‹ Petits poèmesChapitre 7 sur 7 · POEMES · texte numérisé non relu

POEMES

m^^M^j^'^^^^jf^^

Délaissons, s'il te plaît, Baruch de Spinoza,

ses termes épineux (et verba spinosa)

et partons vers les pins où l'air tiède murmure.

(Qu'il serait laid d'écrire ici le mot ramure

pour la rime!) Je viens. Ne gronde pas. Je viens.

Et j'abandonne aussi les vers virgiliens,

les calmes vers de qui ta tendresse est jalouse,

que traduisit Clément Marot (quinze cent douze).

§|;^^'^^^ïf;^^^5î<^-^^^'$;^^-$;^^^

>v«^%^S/W%^\^\/S/%/WN/V^W%^^^WN«>^V««^^«^

Regarde. La glycine a jauni sur la porte,

et voici que l'automne aux temps couronnées

de lierre caduc et de roses fanées

s'avaiice et d'un pied lourd foule les feuilles mortes.

Il marche et son manteau de pourpre au crépuscule

se dénoue et se mêle aux nuances champêtres.

Mon cœur, voici 1 octobre ; et les joueurs de flûte commencent à siffler sous la voûte des hêtres. Veux-tu. nous quitterons pour la ville prochaine les parterres flétris et Tombrage des chênes, et la maison rustique au milieu du feuillage qui sut nous accueillir au retour du voyage, et la source. Mon cœur, partons ; voici l'automne, et la dernière abeille aux troènes bourdonne.

En rhonneur de ton nom je veux sonner du luth, donner ma voix, donner mon cœur et donner Yiit ! Mon cœur dans le matin s'ouvre comme une rose ; mon cœur est la pantoufle où ton orteil repose ; aux baguettes du sort mon cœur est un tambour ; mon cœur est une flûte aux lèvres de l'amour ; mou cœur est le vieux puits où se mirent les branches d'octobre et, par les soirs tristes, des robes blanches... Et je pourrais ainsi lâcher du bout des dents des vers qui me vaudraient l'estime des pédants, car leur troupe se plaît en de telles sottises comme les boucs parmi les feuilles des cytises.

Vois ! le ciel est clouté d'étoiles cristallines,

et la lune a bleui les pentes des collines,

et tu es dans mes bras blanche de volupté

et vibrante et pareille à l'éternel été

qui verse sur nos fronts l'ombre des roses noires.

Tu bois superbement l'ivresse des victoires

et tu souris d^orgueil, car j'ai baissé vers tes

yeux tristes mon regard fait pour d'autres clartés,

et tu as triomphé sous les lampes complices !

Enfin, tu as vaincu le rebelle ! Et tu glisses

sur ma nuque ta main fraîche comme le soir...

Si je me penche sur tés yeux, c'est pour m'y voir !

éééééééééééééàààé

Les souvenirs ce soir vibrent comme des mouches

d'été. Rappelle-toi la fille aux jupons rouges

qui portait une rose à son corsage ouvert

et qui gardait des cochons noirs dans un pré vert.

Elle chantait à pleine voix une romance

triste ; nous écoutions monter la plainte immense

et nous songions, le cœur morose comme un soir,

aux cochons du regret qui broutaient notre espoir.

Vous que je vois dans la clarté des lampadaires de moi\ rêve, héros des amours légendaires, jeunes hommes dont un cheveu lia les poings ; ô vous qui roucouliez ivres en des pourpoints, redingotes, bardocuculles et chlamj^des, et frôliez vos velours aux feuillages humides des clairières, vous tous que l'amour distingua, elle m'aime, et je porte un veston d'alpaga !

Va î tu n'es qu'une femme, une fleur vide, rien î Tu me tiens, je le sais, par un souple lien qui raille les ciseaux et se moque des limes, et je sais que malgré mes révoltes sublimes tu n'auras qu'à paraître avec ton chapeau blanc pour que ce loup devienne un caniche tremblant. Oui, je le sais ! Il faut ployer ! Il faut te suivre ! Je t'aime et je te hais ! Hélas ! le plus beau livre s'effeuille quand paraît l'éclat de tes cheveux. Et je suis l'éternel enchaîné ! Mais je veux, et que ce fier aveu te flagelle ou te grise, que tu saches du moins comme je me méprise !

,f f f f f f f ff f f f f 1 1 ♦ f ♦♦ ff ftf tt ♦ f ♦♦♦♦♦♦ t V

Et tu disais : Vous tous qui souffrez d'insomnie, pour goûter au repos que le sort vous dénie, mélangez le tilleul et le suc de pavot. Et si de votre mal nul philtre ne prévaut, il demeure un remède héroïque et suprême : lisez sur l'oreiller quatre vers de Derème.

L'enthousiasme, comme un peuple de frelons, vibre dans Theure noire.

Debout, et déchirons la nuit où nous râlons, pour un ciel de victoire.

Nos marteaux font le bruit crépitant des grêlons ;

et pour le char d'ivoire Je dompterai les mots comme des étalons

qui traîneront ta gloire.

Se roidissent leur flanc sur le timon d'airain,

et d'un vol souverain que dans mon bras, ton corps qui tremble et s'abandonne,

au tumulte du vent, sur la rouge splendeur de ce couchant d'automne, s'élève triomphant î

^iif^^Mrf^P^9^!^

rAiJLi^:

Page 1