‹ Petits souvenirs. Avec une eau-forteChapitre 2 sur 40 · II PREFACE · texte numérisé non relu

II PREFACE

petite presse, qu'il regardait comme la véritable presse française, la presse politique lui paraissant plus ou moins barbare et sauvage. Le bon Janin manquait de mémoire à ce sujet, ou feignait de nen pas avoir. Il se contentait de me répondre avec indifférence :

ff Depuis 1826 j'ai écrit, beaucoup écrit çà et là, mais les nombreux articles que je donnais alors aux journaux, au Courrier des théâtres de Charles Maurice, à la Pandore de Jouy, à la Lorgnette d'Hippolyte xMagnier, et surtout au Figaro de Saint-Alme et de Victor Bohain, tous ces articles de fantaisie, d'humour, de circonstance ou de hasard, ont été dispersés à tous les vents de la publicité. Ludibria ve;z/z5, comme les oracles de la Sibylle. Bien fin et bien habile serait celui qui pourrait les recueillir, quoique quelques-uns en valussent la peine! Quant à moi, je ne perdrai pas mon temps à ces bagatelles! J'avais cependant eu ce projet dès l'année 1829, lorsque je demeurais, rue de Madame, dans la même maison qu'Harel, alors directeur de l'Odéon. J'avais abandonné la Quotidienne pour entrer au Journal des Débats, et j'envoyais encore de temps à autre des articles au Figaro de Bohain et de Nestor Roqueplan. Je m'étais procuré, je ne sais plus comment, un exemplaire du Figaro depuis son origine, c'est-à-dire depuis le i5 avril 1826, lorsque Saint-Alme avait hérité du titre et des abonnés du premier Figaro, fondé par Maurice Alhoy et Etienne Arago. C'étaient six ou sept volumes in'4°,

Page 1