PREFACE III
que j'avais feuilletés souvent, et dans lesquels les articles qu'on pouvait avouer étaient marqués de mes initiales J. J. J'avais même projeté la publication d'un ou deux volumes, j'en avais parlé à mes libraires, à Baudoin, à Ladvocat, qui m'encourageaient fort à publier ces souvenirs et ces bluettes.
— Pourquoi ne Tavez-vous pas fait? luidemandai-je, et pourquoi ne le feriez-vous pas? les exemplaires du Figaro et de la Qiiotidîenne, vous les avez encore, n'est-ce pas?
— Ma foi non! répondit Jules Janin en éclatant de rire, et je ne puis me rappeler sans un souvenir de bonne humeur la triste destinée de m.on Figaro et de ma Quotidienne : Sunt fata libelli. Mais Horace, en s'apitoyant sur le sort des livres , n'avait pas prévu ce qui advint de mes deux journaux dans la maison d'Harel et de M"^ Georges Weymer, la grande tragédienne! Voici la chose : un matin, j'étais plongé dans la lecture desdits journaux, et je préparais très sérieusement un choix d'articles que Ladvocat m'avait acheté, et même, sic voliierefata libelli, payé d'avance, 3 ou 400 francs, que j'avais bonne intention de lui rendre en parant de mon mieux ma vieille marchandise. Harel et M'^^ Georges entrent dans mon cabinet ; je ne bouge, je n'entends rien, je suis en plein Figaro de 1827 ! J'étais tombé sur le chef-d'œuvre du genre : Une Idylle à Montmartre et... ailleurs. « Composezvous un poème épique? me dit Harel. — Je parie, dit gaiement M^^° Georges, que Jules Janin vient de