‹ Petits tableaux de moeursChapitre 43 sur 50 · COLOMBINE MALGRÉ ELLE · texte numérisé non relu

COLOMBINE MALGRÉ ELLE

elle compte mémo le suivre en Angleterre. Elle passe la nuit à étudier le change des monnaies avec Londres, et vs'endort en répétant fort distinct-ement : I love you for ever.

Le lendemain, il faut s'cccuper des moyens de se procurer un déguisement et de se rendre au bal. On ne possède plus rien qu'un châle et une robe; mais une officieuse amie va porter ces deux objets dans une de ces maisons utiles aux maiheureux. Pendant ce temps, notre jeune femme, n'ayant qu'un jupon court et un blanc corset, bâtit encore des châteaux en Espagne,

L'amie revient; elle a loué un fort joli costume de Colombine, il reste encore de quoi prendre une voiture et un billet de bal : c'est tout ce qu'il faut; l'avenir est couleur de rose.

L'heure de se rendre au bal est enfin venue. Colombine est prête; elle se regarde avec complaisance, se trouve charmante, séduisante, ravissante. Elle doit tourner la tête aux Trois- Royaumes !

Elle monte en voiture, et arrive à l'Opéra. La foule est immense, mais elle parvient enfin à l'endroit désigné. Elle cherche... Point de milord. II se promène sans doute. Elle attend... Point de milord. La nuit se passe; le bal est fini, et milord n'est point venu ! Paitvre Colombine !

Tout enivre do son bonheur, tout occupé de sa conquête, l'Anglais s'était réuni à quelquesuns de ses compatriotes, auxquels il avait fait part de sa bonne fortune, et ces messieurs s'étaient rendus chez Beauvilliers, d'où ils comptaient aller à l'Opéra admirer la beauté qui avait séduit milord.

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