‹ Petits Traités Apologétiques de Yahyâ Ben 'Adî: Texte arabe, édité pour la première fois d'après les manuscrits de Paris, de Rome et de Munich et traduit en françaisChapitre 2 sur 22 · MA MÈRE A MES FRÈRES A MES SŒURS · texte numérisé non relu

MA MÈRE A MES FRÈRES A MES SŒURS

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11e notre étude d’ensemble sur Yahyâ ben ‘Adî(1} publiée parallèlement à la présente édition de quelques opuscules apologétiques, nous examinons dans un chapitre spécial les œuvres de notre philosophe et leurs manuscrits conservés dans les bibliothèques d'Europe. Qu'il nous suffise done de donner ici de courtes indications sur le texte de ces mêmes opuscules et la méthode selon laquelle il a été établi.

Le texte intégral de douze de ces opuscules se trouve dans un seul manuscrit de la Bibliothèque Nationale apporté en France par le dominicain Vawszes : fonds arabe, n° 169, 98 feuillets, dimension 0,205 X 0,145, 18 à 21 lignes par page, daté de l'an 1064 de l’hégire (1654 de J.-C.) C’est un élégant petit volume d’une écriture fine et très soignée. Les titres en lettres dorées sur fond d'azur, les enluminures aux teintes douces qui fleurissent les marges témoignent du bon goût et de la patience du copiste. |

Cet artiste n’était pas malheureusement un fin lettré, si nous en jugeons par les fautes qu'il a glissées dans une

(1) Yahyä ben ‘Adi, un philosophe arabe chrétien du X°e siècle.

petite préface de sa composition (1) et dans le colophon final. (2) Il n’est donc pas étonnant qu’il ait mal transcrit, sans doute faute de le comprendre, un texte hérissé par endroits de subtilités et d’arguties philosophiques. Peut être encore n’avait-il lui-même, en guise d’original, qu’un texte déjà fautif. En tout cas, il nous a laissé une copie très défectueuse, À<k=. 3“, suivant l’expression du P. Cuerkuo qui a édité le premier un de ces petits traités dans le Machrig. (3) L’on trouvera plus loin, dans l’'apparat critique, les nombreuses corrections que le savant orientaliste y a introduites. Nous n'avons pas cru devoir le suivre dans cette voie. Nous avons scrupuleusement respecté le texte du manuscrit, nous bornant à corriger les fautes grossières de ponctuation ou à rétablir les mots mal lus, quand l'erreur du copiste a été évidente, et nous croyons avoir été assez heureux pour trouver toujours à ce texte tel quel un sens raisonnable. Force nous est toutefois d’avouer que quatre ou cinq passages assez

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K574)\, et le catalogue de la B. N. reproduit cette erreur.

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Fol. sos.

(3) Machriq 1902, pp. 368—372. Ce traité est le premier de notre recueil.

étendus de trois traités, et des plus intéressants, nous ont jusqu’à ce jour arrêté net. C’est une besogne extrêmement ardue d'éditer, pour la première fois, un texte difficile avec un seul manuscrit. Ceux qui ont jamais été aux prises avec ce genre de labeur-ne seront pas trop sévères s'ils trouvent, et ils en trouveront certainement, quelques imperfections dans notre travail.

Nous avons eu cependant la bonne fortune de découvrir dans le manuscrit 173, fol. 118—117, de la Bibliothèque Nationale, parmi les œuvres de Ben Zar'a, un disciple de Ben ‘Adi, la seconde moitié environ d’un de nos petits traités, de celui qui porte le n° 7 dans notre édition. C’est bien le même texte, malgré les variantes nombreuses qui ne portent guère, d’ailleurs, que sur la forme des mots. Ce fragment est plus ancien (XIV° siècle) et, partant, plus correct que la partie correspondante du manuscrit de Paris.

Le manuscrit 127 du Vatican, fol. 88Y—100, XIII° siècle, nous donne encore en entier, dans un texte excellent, l’un des opuscules que l’incorrection du manuscrit de Paris nous avait contraint d’écarter tout d’abord. (1) La reproduction photographique de ce manuscrit nous est parvenue trop tard pour faire figurer ce traité dans le présent recueil; nous l’avons donc publié séparément. (2) Mais lorsque l’on compare les différences profondes qui existent pour ce traité, entre le texte de Paris et celui du Vatican, l’on ne peut s'empêcher de regretter que les opuscules de Yahyâ qui sont de beaucoup la partie la plus originale de son œuvre nous soient parvenus par une seule copie qui est elle-même fort mauvaise.

(1) Une lacune d’une trentaine de lignes dès le commencement du traité, dans le ms. de Paris, rendait ce début inintelligible. (2) Revue de l’orient Chrétien, 1920, n° 1, 8° Série, T. II = T. XXII.

Car ce sont de simples résumés, des abrégés, Z\ax#, que nous offrent le manuscrit du Vatican, fonds arabe, n° 134, et le manuscrit de Munich, fonds arabe, n° 948 (242). Quelque temps avant la guerre, nous avons pu avoir communication de ce dernier à la Sorbonne, où nous l'avons encore retrouvé à la cessation des hostilités, et nous sommes allé étudier le premier à Rome, avec les autres manuscrits de Ben ‘Adi, durant une permission, en Juillet 1917. Le texte primitif est réduit de moitié ou des deux tiers dans ces deux manuscrits. Toutefois, ils fournissent un auxiliaire très précieux pour saisir dans le texte complet la suite du raisonnement, et surtout pour y corriger des lecons vicieuses, car l’on y trouve des phrases entières ou des lambeaux de phrases. Les passages les plus difficiles y sont bien souvent supprimés.

Nous ne dirons rien de notre traduction française, sauf que nous nous sommes efforcé de la rendre fidèle et claire.

L'examen d’une thèse manuscrite du genre de celle-ci est un travail d’abnégation; M. P. Casanova, professeur au Collège de France, a bien voulu s’en charger, et nous n'avons en outre jamais fait appel inutilement à sa complaisance et à son érudition pour un renseignement bibliographique ou pour fixer une leçon douteuse. Ce nous est

un agréable devoir de lui exprimer ici notre profonde gratitude. (1)

(1) Je suis très redevable à mon frère, professeur d’arabe et de syriaque à l’Institut Catholique de Paris, pour sa collaboration dans le minutieux travail de la correction des épreuves.

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