‹ PétrarqueChapitre 13 sur 19 · VI · texte numérisé non relu

VI

nonce-t-il pas une parole profondément chrétienne, lorsqu’il dit que la vraie philosophie c’est d’aimer Dieu? Aucun père de l’Église a-t-il donné une plus belle définition de la loi que Cicéron? Ces grands esprits ne recevaient-ils pas directement, avant le Christ, quelque inspiration de l’Esprit-Saint? N’auraient-ils pas été chrétiens s’ils avaient connu la révélation 1 ?

Pétrarque trouve ainsi mille concordances entre les beaux ouvrages des philosophes anciens et la doctrine de l’Évangile. Mais qu’on n’essaye pas d’invoquer contre le dogme l’autorité de la philosophie païenne, qu’on n’ébranle pas la foi par des textes grecs ou latins. Car alors il n’écoute plus que son devoir de chrétien et il défend résolûment, même aux dépens de ses chers anciens, la religion attaquée. La secte hardie des Averroïstes eut à se repentir de l’avoir amené sur ce terrain. Quelques jeunes gens de Venise, fanatiques d’Aristote qu’ils ne connaissaient guère que par ses commentateurs et surtout par Averroès, formaient entre eux une sorte de société secrète, une franc-maçonnerie philosophique, dont les initiés se piquaient de s’élever au-dessus de la crédulité du

1 FamiL, XVII, 1. Sur la philosophie de Pétrarque, voyez la thèse présentée à la Faculté des lettres de Paris par M. Bonifas (De Pelrarca philosopho. Paris, Durand, 1863). Ce sujet avait déjà été traité, en 1843, par 11. Maggiolo, sous ce titre : Essai sur la philosophie mo~ raie de Pétrarque.

vulgaire, de secouer le joug des traditions, de n’accepter aucune discipline, pas même celle de l’Église, et de ne reconnaître d’autre autorité que le raisonnement. Tout ce qui ne se réduisait pas en une formule scientifique, tout ce qui ne se démontrait pas par le syllogisme leur paraissait vain et puéril. Quatre d’entre eux allaient souvent trouver Pétrarque dans sa bibliothèque, lui exposaient leurs idées et se figuraient qu’ils l'y convertiraient sans peine en se couvrant du nom d’Aristote. Pétrarque leur résistait de toute la force de ses convictions religieuses. Un jour meme où l’un d’eux se vantait de ne pas croire à l’Écriture, traitait de fables les Confessions de saint Augustin, les ouvrages de saint Paul, et soutenait l’éclatante supériorité d’Averroès sur « ces bavards, » sur ces « diseurs de riens ; » le poète révolté, blessé dans scs plus chères affections, perdit patience, mit son interlocuteur à la porte cl avoua qu’il eut bien de la peine à ne pas le frapper 1 . Aussitôt la secte prononça contre lui une sentence d’ignorance, et déclara que ce prétendu savant n’était qu’un « bon- « homme dépourvu de connaissances littéraires 1 .» Le « bonhomme » répondit par le traité de Sui ipsius et multorum ignorantia , où il relève spirituellement

1 Exarsi, fatcor, et vix manum ab illo impure et blasphemo ore continui (Senil., V, 3).

* Virum bonum sine litleris (De sui ipsius el multorum ignorantia).

les nombreuses contradiclions des doctrines philosophiques, et oppose aux incertitudes des philosophes la netteté, la simplicité, le caractère divin des dogmes chrétiens. Ce fut une réfutation passionnée de l’incrédulité, un vigoureux plaidoyer en l’honneur du christianisme. Pétrarque, qui avait alors soixante-six ans, l’écrivit avec l’ardeur d’un jeune homme. Il retrouvait toute sa vigueur à la pensée de combattre pour la foi. « Plus j’entends attaquer la croyance du Christ, « disait-il, plus j’aime le Christ, plus je m'attache à « sa croyance. Il m’arrive ce qui arrive à un fils qui « aime d’autant plus son père qu’il l’entend atta- « quer *. » On se tromperait à coup sûr en doutant de son orthodoxie, puisqu’il revendique ainsi lui-même le rôle de défenseur, d’apologiste du christianisme.

Mais cette orthodoxie n’enchaîne pas la liberté de sa pensée. Pétrarque ne se soumet qu’aux dogmes. Dans toutes les matières qui ne sont pas de foi, il réserve l’indépendance absolue de scs jugements. Son respect pour l’Église ne l’empêche ni de voir ni de dire publiquement tout ce qu’elle contient de germes de faiblesse et d’imperfections humaines. 11 se plaint que les hommes chargés de conserver et de propager

* Quo plura contra Christi fidem dici audio, eo Christum magis amem et in Christi fide sim firmior. lia mihi nempe accidit ut si quis in pairis amorc tepentior de illo audiat obloquentes, amorquc qui sopitus videbatur illico inardescit, ita cnim eveniat necesse est si verus est filins. (De stii ipsius et mullorum ignorantia.)

l’œuvre divine dans sa pureté céleste y mêlent l’alliage mondain de leurs passions grossières. Il s’indigne que les héritiers des pauvres pêcheurs du lac de Génésareth se couvrent d’or et de pourpre, qu’au nom d’un Dieu né dans une crèche, mort sur la croix comme le plus humble des enfants des hommes, quelques prêtres insolents donnent au monde le spectacle de leur faste et de leur orgueil, qu’une puissance exclusivement spirituelle, qu’un roi « qui n’est pas de ce monde » poursuive des intérêts temporels, possède des biens, des territoires, des sujets, et ne prétende à rien moins qu’à la direction politique des sociétés humaines. Il renvoie les papes et les cardinaux à la lecture de l’Évangile, pour qu’ils y prennent des leçons d’humilité, et s’il reconnaît quelque part la vraie tradition de l’Église, le pur esprit du christianisme, ce n’est point à la cour d’Avignon ni parmi les membres du haut clergé, c’est dans les rangs de l’humble milice de saint François d’Assise, parmi ces moines austères dont, avant lui déjà, la main de Giotto et le génie de Dante immortalisaient l’héroïque pauvreté.

Il n’a pourtant aucune tendance monacale. Tout en admirant la vie de son frère le chartreux, il ne se propose jamais de l’imiter. Non qu’il craigne les austérités du cloître. Il impose à son corps des privations presque aussi dures, en ne lui accordant qu’un repas par jour, qu’une nourriture très-simple cl que peu de sommeil. Mais ni la régularité de la disci-

.jtline, ni les pratiques d’une dévotion minutieuse, ni le temps consumé en longs offices ne conviendraient à son humeur indépendante, à son esprit actif et avide de savoir. Le cloître ne lui assurerait pas une liberté dont il ne peut se passer, la liberté de ses études. Il faut qu’à toute heure de jour et de nuit il puisse lire, écrire, travailler, sans être dérangé par d’autres devoirs. C’est là sa passion dominante, l’intérêt principal de sa vie. C’est pour garder ccttc libre disposition de ses loisirs qu’il ne consent à accepter aucune fonction assujettissante, qu’il ne veut être ni curé, ni secrétaire apostolique, ni évêque, quelques offres qu’on lui fasse. Toute charge entraîne avec elle des obligations auxquelles il ne se sent pas la force de se soumettre. Son temps appartient à l’étude, non à des soucis vulgaires. Quand on l’examine sous cet aspect, on reconnaît en lui un véritable tempérament de lettré, de savant, pour qui il n’y a pas de devoir plus sacré que de s’instruire et de communiquer sa science aux autres. Ses principes religieux ne s’y opposent point. Sa piété n’a aucune peur de la lumière. Quand il travaille, il fait œuvre pie. À ses yeux, les lettres n’éloignent pas de Dieu; elles en rapprochent, lorsqu’on les cultive avec un cœur pur. A toutes les époques de sa vie, il proteste contre la répugnance qu’inspire la haute culture de l’esprit à des théologiens timides ou ignorants. Jeune, il défendait la poésie de Virgile, même au point de vue moral ; vieux,

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il ne permettait pas qu'on accusât devant lui les poêles romains de frivolité et d’obscénité. « La poé- « sie, disait-il, est comme toutes les bonnes choses « dont on peut faire un mauvais usage. Elle n’est « mauvaise que chez un poète immoral *. »Un chrétien la fait servir à la gloire du Christ. A l’appui de son opinion, il invoquait l’exemple de saint Jérôme, de Lactance, de saint Augustin que leur amour pour les lettres, pour l’histoire, pour la philosophie, pour l’éloquence, avaient rendus plus forts contre l’hérésie, plus capables de défendre la vraie religion et de lui conquérir les âmes *. J’ai cité la belle lettre qu’il adresse à son ami Boccaee, lorsque celui-ci, épouvanté par les menaces d’un chartreux de Sienne, songeait à se retirer dans un couvent, à vendre ses livres, à abandonner tous ses travaux. Il y a là une phrase caractéristique. « Je sais, écrivait-il, que beaucoup « d’hommes sont arrivés à une admirable sainteté « sans les lettres, mais je sais aussi que personne n'en « a été exclu par les lettres 5 . »

Tel est le fond de la pensée de Pétrarque. Quelquefois, dans des accès d’ascétisme passager, il se reproche de ne pas se préparer assez à comparaître devant Dieu, de ne pas consacrer tout son temps à la méditation de la mort. A la fin du Secret, il se fait

1 Sert il., XIV, 11.

» Senil., XIV, 2; I, 4.

s Senil., I, 4.

ordonner par saint Augustin de renoncer à ses grands travaux historiques et poétiques, pour mieux se recueillir, pour penser sans distractions à sa fin prochaine. Mais ce ne sont là que des velléités fugitives d’austérité monacale, contre lesquelles tous ses instincts se révoltent. Dès qu’il rentre dans son état naturel, il retourne à scs chers livres. Lui-même en convient, en répondant à saint Augustin. 11 avoue qu’il vaudrait peut-être mieux pour lui qu’il ne s’occupât plus que de la grande affaire du salut, mais il n’en a pas la force 1 . Les lettres l’attirent et l’attireront jusqu’à sa dernière heure. En définitive, il a vécu par elles et pour elles. Elles ont été la passion, le charme et l’inspiration de sa vie. Que de fois il a oublié le temps dans la lecture des beaux ouvrages de l’antiquité ou dans la fièvre ardente de la composition ! 11 ne peut pas plus se passer de ses travaux littéraires que de l’air qu’il respire. Une fois, pendant qu’il écrivait l’ Afrique , un de ses amis le voyant fatigué, craignant qu’il ne tombât malade, lui prescrivit un repos de six jours et lui relira les clefs de sa bibliothèque. Le premier jour lui parut aussi long qu’un siècle. Le second jour il souffrit, depuis le matin jusqu’au soir, d’un violent mal de tête. Le troisième jour, des symptômes de fièvre se déclarèrent. On le tuait en voulant le guérir. Son ami re-

* Il répète la même pensée dans une de ses lettres (Famil., XIV, 4).

connut que sa santé dépendait de son travail, et lui rendit ses livres 1 * * 4 . « Je ne cesserai d’écrire qu'en cessant de vivre, » dit-il quelque part*. Quand il est penché sur ses parchemins, quand il use ses yeux et ses doigts, « il devient insensible aux objets exlé- « rieurs, au point de ne plus môme s’apercevoir ni « de la chaleur ni du froid*. »

Il n’aime la solitude qu’à la condition de la remplir et de l’animer par l’activité de l’esprit. « Je ne « veux pas, dit-il, d’un repos inerte et inutile, je « veux un-repos fécond... Je défends à l’esprit de se « détendre dans le repos si ce n’est pour se relever « et se féconder davantage par celle interruption*. » Dans le livre qu’il composa en l’honneur de la vie solitaire, ce n’est pas la placidité du cloître qu’il présente à ses lecteurs comme son idéal, ce sont les jouissances de l’homme d’études vivant avec ses livres, en face de la nature. En écrivant ces pages que l’évêque de Cavaillon se faisait lire jusque pendant les repas, pour ne point interrompre le plaisir qu’elles lui causaient, Pétrarque pensait à luimême, à la vie tranquille et occupée qu’il mena si longtemps dans sa retraite de Vaucluse. Levé au point du jour, il se promenait dans la montagne

1 Famil., XIII, 7.

5 Scribendi cnim mihi vivendique unus (ut augurer) finis crit.

s Famil., XIII, 7.

4 De vita solitaria.

aride, sur les bords aimables de la Sorgue ; il jouissait de la beauté des lieux qui l'entouraient, de la pureté de l’air, des frais ombrages, du calme des grottes silencieuses; mais partout, hors de la maison comme à la maison, qu’il marchât à travers les rochers, qu’il s’assît à l’ombre des saules sur l’herbe humide, ou qu’il rentrât dans sa bibliothèque, son ardent esprit poursuivait sans relâche les travaux commencés; il pensait, il lisait, il écrivait. Penser! lire! écrire! les trois joies de ma vie, disait-il, en résumant ainsi la meilleure part de son existence. Cette chère solitude, il la peuplait d’ailleurs en imagination de tous les êtres qu’il avait aimés, et de ces grands esprits de l’antiquité dans le commerce desquels il vivait depuis sa jeunesse. « Là, disait-il, « tous les amis que j’ai et que j’ai eus, non-seule- « ment ceux que j’ai éprouvés dans l’intimité et qui « ont vécu avec moi, mais ceux qui sont morts bien « des siècles avant moi, que je ne connais que par le « bienfait des lettres, tous ceux dont j’admiçe ou les « actions et le courage, ou les moeurs et la vie, ou « la langue et le génie, tous ceux-là, de tous les lieux « et de tous les âges, je les rassemble dans celte « étroite vallée, et j’aime mieux converser avec eux « qu’avec tant de gens qui ont l’air de vivre 1 ! »

1 Hic orancs quos habeo aniicos vel quos habui nec tantum familiari convictu probatos et qui mecum vixerunt, sed qui multis anto me sæculis obierunt, solo mihi cognitos bcneficio litteraruin, quorum

Plus il avance en âge, plus il donne de temps à l’étude. « Je vais plus vite, écrit-il, je suis comine un « voyageur fatigué. Jour et nuit, alternativement, je « lis et j’écris, passant d’un travail à l’autre, me repo- « sant de l’un par l’autre 1 . » 11 diminue autant qu’il le peut les heures qu’exigent le sommeil et les repas. Pour lui, le sommeil, c’est la mort; le lit, c’est un tombeau. Il ne se couche que lorsque la fatigue l’accable. « Il sera temps de dormir, dit-il à un de ses « amis, quand nous serons étendus sous la terre. »Le matin, il ne se laisse jamais bercer par les douceurs du demi-sommeil, si chères aux paresseux; dès qu’il se réveille, il se lève et il court à sa bibliothèque. Il accorde six heures au repos, deux heures aux différentes nécessités de la vie. Les seize autres heures appartiennent au travail de la pensée. A table, à moins qu’il n’ait des invités, il lit, il écrit, il écoute une lecture ou dicte à son secrétaire. A cheval, il compose. Souvent, au milieu de la nuit, il se réveille, une pensée se présente à son esprit; pour ne pas la laisser échapper, il saisit une plume qui reste toujours attachée à son oreiller et il écrit à tâtons, dans

sive res gestas atque animum, sive mores vitamquc, sivn linguum ingeniumque miror, ex omnibus locis alque omni ævo in hanc exiguam xallem sæpe contraho, cupidiusque cum iilis versor quam cum iis qui sibi vivere vidcnlur (Famil., XV, 3).

1 Magis aceelero cou fessus viator... Itaque dicbus ac noctibus vicissim lego cl scribo, allerum opus allerno relevons solatio, ut unus labor alterius requies ac solamen sit. (Famit., XIX, IC.)

les ténèbres ou à la lueur vacillante d’une veilleuse'.

Jusqu’à sa mort, il vécut ainsi, travaillant chaque jour, ajoutant chaque jour quelque chose à sa science déjà si vaste, à ses œuvres déjà si nombreuses. Quand ses amis, inquiets de. l’affaiblissement de ses forces, lui recommandaient le repos, il leur répondait : « Le « travail et l’attention sont l’aliment de mon esprit. « Lorsque j'aurai commencé à me reposer et à me « ralentir, je cesserai bientôt de vivre. Je connais mes « forces. Je ne suis plus propreà d’autres travaux. Lire « et écrire, c’est à peine une fatigue pour moi ; c’est « plutôt un repos doux qui me fait oublier des travaux « plus pénibles. Il n’y a pas de fardeau plus léger ni « plusagréablequ’uneplume. Les autres plaisirs fuient « et vous font mal tout en vous charmant. La plume « vous charme quand vous la prenez dans vos mains. « Elle vous ravit encore quand vous la déposez, et elle « sert non-seulement à son maître, mais souvent aussi « à beaucoup d’autres qui ne sont pas là, quelquefois « môme à la postérité, après des milliers d’années*. »

* Famil., XXI, 12.

* Labor jugis et intentio pabulum animi mci sunt ; cum quiescere cœpcro atque lcnlescere, moi et vivere desinam ; nosco ipse vires meas, non sum idoneus ad reliquos laborcs. Legere hoc meum et seribere quod laiari jubés, levis est labor ; imo dulcis est requies, quæ laborum gravium parit oblivionem. Nulla calamo agilior sarcina, nulla jucundior ; voluptates aliæ fugiunt et mulcerido lædunt ; calamus et in manu sumptus mulcet,~et depositus delcctat, ac prodest non domino suo tantum, sed aliis multis sæpe ctiam abeuntibus, nonnunquam et postcris, post annorum millia. (Serti/., XVI, 2 )

Peu de jours avant de mourir, il écrivait encore à Boccace : « De toutes les jouissances terrestres, de « môme qu’il n’y en a pas de plus honnête que les let- « 1res, il n’y en a pas de plus durable, de plus douce, « de plus fidèle, il n’y en a pas qui, à travers tous les « accidents, accompagne son possesseur avec si peu « d’appareil, avec si peu de dégoût 1 . » Ces belles paroles, presque les dernières qu’il ait écrites, résument les instincts de toute sa vie. C’est le testament d’un ami passionné des lettres, qui a voulu savoir tout ce qu’il est donné à l’homme d’apprendre par l’opiniâtreté du labeur, par l’exercice constant de l’intelligence ; qui a enrichi son génie de tout ce qu’il a pu dérober par l’étude aux chefs-d’œuvre des anciens; qui par sa seule initiative a élevé d’un degré la culture littéraire d’une nation; qui a remis à sa vraie place dans l’estime des hommes, dans le respect du monde, le poëte, l’écrivain, le savant; dont la gloire, les honneurs, la réputation de vertu ont enseigné à la société moderne cette grande vérité méconnue depuis des siècles, qu’il n’y a pas de travail plus digne de la raison humaine, plus agréable à Dieu que l’activité de la pensée. C’est aussi sous ces traits littéraires, comme un puissant initiateur, comme le chef et le modèle

1 Omnium lerrestrium delectationum , ut nulla litlcris honeslior, sic nulla diulurnior, nulla suavior, uulla fidciior, nulla quæ per omnes casus posFCSsorom suum lam facili apparatu, lam tiuUo fastidio cowitetur (Seuil., XVI, 2).

d’une génération d’hommes voués à l’étude, comme un exemple que peuvent se proposer encore tous les lettrés, qu’il faut se représenter Pétrarque, si l’on veut garder de sa personne, de sa vie, de son influence, l’image la plus fidèle et la plus pure.

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