‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 2)Chapitre 102 sur 139 · Par. 8631, f. 18 (éd. Cochin, p · texte numérisé non relu

Par. 8631, f. 18 (éd. Cochin, p

3. Gantai di Tebe e poi del grande Achille, Ma caddi in via con la seconda soma.

(Purg. XXI, 92-93.)

4. V. la 27e lettre de Nelli, éd. Cochin, p. 285 : Sic ille heroyci carminis Siirculus Iholosanus iierba sua in principio Achilleydos in utramuis intelligentie partent intexiiit, nunc lihrum imperjectum demonstrans, tiiinc perfectnm, sed longe latentius. Supenienit, opinate satis apiid mnltos scientie, Dantes noster lihrum illum minime consumatum asserens, cuius quamuis uulgariter poetantis non audeo sententiam reprohare... Tel était aussi l'avis de Forese de' Donati.

PÉTRARaUE ET LES POÈTES LATINS

Statu Achylleidos tam ualidis rationihus ahsoluehas... ' Mais nous n'ignorons point quelle solution avait adoptée Pétrarque : partageant ici une erreur fréquente de son temps, il croyait que VAchilleide était complète ^.

Les lettres de Nelli font connaître l'existence d'un manuscrit de la Thébaïde, dont le texte avait été revu, ponctué et souscrit par Pétrarque, et qui portait en outre quelques notes de sa main sur des doutes soulevés par le poème. Il avait donc fait pour Stace un travail analogue à celui qu'il avait consacré à Térence. Ce précieux autographe ne m'est pas connu, mais l'absence en est moins regrettable, puisqu'il peut être représenté en partie par l'exemplaire de Nelli. Ce dernier se trouve à la Bibliothèque Nationale de Paris, Par. 8061; il provient de la collection de Pavie \ ce qui donnerait à penser qu'il a pu y entrer avec les manuscrits de Pétrarque, celui-ci l'ayant peut-être recueilli comme un souvenir après la mort du prieur des SS. Apôtres Ce n'est là, disons-le vite, qu'une simple supposition, car aucune trace de l'écriture du poète ne s'y retrouve ; en revanche, on y remarque des signes de lecture marginaux de plusieurs mains. Il ne serait pas impossible que le Stace de Nelli fût

1. C'est la dernière lettre de Nelli, écrite de Naples, le 20 décembre 1362. Par. 8631, f. 44 (éd. Cochin, p. 305).

2. V. plus haut, p. 198. Sur VAchilléide, scholies de P. au chap. VIIL

3. Les armes des Visconti sont dessinées en surcharge à la première page. C'est le no 93 de leur inventaire : Statiiis Thehaidos copertus corio riiheo alhicato. Incipit in textu. Fraternas acies, et finitur Occidit et meriti post me referentur honores. Sig. Dcccclj. Il compte 120 ff., n'a ni titre ni rubriques, et porte des signatures postérieures à Nelli : Petrus de Sfondratis. Liber Pétri de Sfondratis- Domino lohanni de Rapolano.

4. V. dans la lettre sur la mort de Nelli (Simonide), le passage où P. demande à Boccace de partager avec lui les lettres et travaux de leur ami commun restés inachevés {Sen. III, i ; Op. 767). La confection du recueil aujourd'hui conservé à Paris (cf. p. 114) est évidemment un hommage rendu par le poète à la mémoire littéraire de Nelli.

de provenance avignonaise; l'ornementation du volume pourrait être du midi de la France, et il est curieux d'établir, d'autre part, que l'humaniste florentin a fait un long séjour à la cour pontificale, quelques années après le départ définitif de Pétrarque \ On devine, en tous cas, l'intérêt spécial qui s'attache pour nous à un manuscrit annoté par un lettré tel que Nelli.

On lit, en effet, tout à la fin : Hune librum quant diligentius potui correxi ego prior Sanetorum Apostolorim, adeo ut ipsim adprime eorreetum eredam bonis habitis exemplaribus. Cette note, qui est un autographe parfaitement sûr de Nelli, permet de reconnaître, parmi les annotations du manuscrit, celles qui lui appartiennent et dont plusieurs peut-être ont été tirées par lui de l'exemplaire de son ami. En ce dernier groupe figureraient sans doute certains sommaires, tout à fait analogues à ceux de Pétrarque % et, plus probablement encore, quelques rapprochements de Stace avec d'autres poètes, par exemple : F. lo, Theb. II, 5 : Virg. in vf. AUigat et nouies Stix interfusa eoercet ^ ; II, 14-15 : Virg. in Georg. Inuidia infelix

1. Cf. deux des plus intéressantes lettres du recueil de Nelli, la i8e et la 19e, qu'il faut dater de 1357 et de 1358 (cf. Cochin, p. 121). Voici, extrait de la première (Auin. vj id. sept.), le récit d'une visite à Vaucluse, un des premiers pèlerinages pétrarquesques, à coup sûr, dont on puisse trouver le souvenir : Si de mei aduentus tempore queris, ea maxime qua non licuit tempestate te hic adesse, ubi quam plures ac iuniores egisti annos, libl Affricam nestram diu et multum elàboratam altis e pectore sensibus euoîiiisti, Auinionem solam, Vallem Clusam nunc uere clausam et incola suo uidiiam tristilms ego precordiis adiniieni. Sed paiicis annorum exactis curriculis, presulem urhis nostre [Angelo Acciaiuoli, èvêque de Florence, qui visita P. à Vaucluse en 1352; cf. Fam. XII, 12], quem tu alibi magnis puritatum laiidibus extuUsti, hue aduentasse commemini, ubi tune firmissimis studiis tenebaris, et ubi octo fere mensium tempus triuit... (Par. 8631, f. 25 ; éd. Cochin, p. 240). La lettre continue par des nouvelles des amis communs d'Avignon et de Giovanni Petrarca, qui s'y trouve. Il est à supposer que, pendant ce long séjour, le studieux Nelli a cherché à se procurer des manuscrits.

2. Pia lamentatio nutricis ; Satis eleganter ac poetice de Narcisso, etc. F. 19', III, 5 : Nota, nota. Uno loco duo nota dignissima.

3. Cette note fournit presque la preuve paléographique qu'elle a été copiée.

Stigem et cet. ' F. lo', II, 22 : luxta illiid Lucmii in vf. Hos scelerum ritus et cet. F. 27', III, 661 : Nota. Primus in orbe deos jecit timor(y^rs cité par Pétrarque). Faut-il attribuer à l'exemplaire de Pétrarque ou à l'activité de Nelli la revision apportée ici à un texte extrêmement incorrect? La ponctuation et les corrections interlinéaires ou marginales, parfois en surcharge sur un grattage, sont de la main du prieur. Les variantes des autres manuscrits sont indiquées par alibi ou alia littera ^ (F. 10', II, 3 7-40 : Istos quatuor uersus ligatos simul in nullo alto Statio inueni; nescio utrum sint de textu nec né). Enfin, les arguments en vers, qui se trouvent dans certains manuscrits de la Thébaïde à partir du chant II, ont été ajoutés dans la collation.

Si l'on s'en tenait au témoignage des œuvres de Pétrarque, on pourrait croire qu'il a lu à peine Claudien, qui n'y est cité que rarement \ Il semble cependant que notre humaniste aurait dû s'intéresser davantage à un écrivain dont, comme tous les auteurs florentins de son tempS; il se croyait le compatriote et qu'il appelle expressément Claudianus Florentinus ^. Mais nous avons conservé le Claudien de Pétrarque

Elle semble avoir été mal transcrite d'une plus ancienne qui aurait eu iv au lieu de vi ; le renvoi se rapporte en effet à Georg. IV, 480.

1. Le vers est cité de mémoire inexactement. Cf. Georg. III, 37.

2. Parfois avec une appréciation : Alia littera habet, sed non melius.

3. Fam. III, I, 3, VI, 3, VII, 15 ; Rem. I, 92; fragm. inéd. du De viris, p. p. Nolhac, p. 142 (p. 143 est identique à Fam. VII, 15). Il y a sans doute une réminiscence dans Hist. lulii Caes., éd. Schneider, p. 255 (quo maior est altitudo^ eo grauior ruina) ; elle est plus sûre encore dans Sen. VIII, i (Op. 827), où la mention des précoces cheveux blancs de Stilicon est prise à De nuptiis Hon. et Mar., V. 325. Ajouter les citations de nos mss.

4. Rem. II, 125. Cf. le passage du Contra Galliim (Op. 1081), où P. distingue le poète de son homonyme chrétien Claudianus de Lyon, et que je ne reproduis pas, car on peut le trouver dans Hortis, Stiidj, p. 410. P. a dû être reconnaissant à Claudien des vers sur Scipion l'Africain, dans le préambule du De consul. Stilic III (Le De Viris illustr. de P., p. 142).

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et ce manuscrit établit, en effet, qu'il avait étudié avec quelque intérêt le poète d'Alexandrie. Le Par. 8082 est de la fin du xiii^ siècle et compte 104 feuillets, plus trois feuillets préliminaires contenant, sur deux colonnes, des fragments des chants I et III du Raptus Proserpinae écrits au xiii^ siècle ' . Le recueil s'ouvre par le texte complet du Raptus, mais il ne porte ni titres, ni souscriptions -, et les ouvrages n'y sont distingués les uns des autres que par des initiales ornées ; ils se présentent, à partir du f. 15, dans l'ordre suivant: In Rufinum, I et II ; De hello Gildonico ; In Eutropium, I et II ; De nuptiis Honorii et Mariae ; Panegyris in tertium Honorii consiilatum ; id. in quartum ; Panegyris in consuîatum Mallii Theodori ; In primum et secundum consuîatum Stiliconis, I, II et III ; Panegyris in sextum Honorii consuîatum; Dehello Getico. C'est, comme on le voit, la plus grande partie des œuvres de Claudien \

Le texte est presque entièrement accompagné de scholies et gloses interlinéaires de première main, qui ont dû être instructives pour Pétrarque. Ses notes personnelles sont assez nombreuses, mais mutilées en beaucoup d'endroits par une ancienne rognure. Il y a de nombreux sommaires * et les rapprochements que voici avec Ovide, Cicéron, Servius et Homère: F 2', Rapt. I, 136: Mater Martis. Require j Fastorum in festo Flore. F. 15', Ruf. I 12' : Hec pars huius indaginis est } de natura deorum ad finem. F. 16', id. I, 123 (lieu de descente d'Ulysse aux Enfers) : Locum hune non in Oceani

1. Après rognure, le ms. mesure 260 X 162 mill. Rel. de velours rouge. C'est le no 42 de l'inventaire de Pavie.

2. Excepté au f . 14 : Explicit Claudianus deraptu Proserpine.

3. Manquent : Laus Serenae reg., Epithal. dictiim Palladio et Celer inae, Paneg. in Probiniet Olybrii consul., Gigantomachia et petits poèmes.

4. Voici ceux du f. 3 : Ultima régna. Comparatio. Comètes. Ciclopum tecta. Tela Proserpine .

litoribus, sed in Campania fuisse testatur Seruîus 6"^ En. in Acheroute refusa et cet. (D'écriture postérieure •?)Hec tamen descriptio apud Homerum est Odissee lihro xf in principio. Le Raptus est le poème auquel Pétrarque a accordé le plus d'attention ; les autres portent quelques signes de lecture et même des variantes de sa main, mais on voit qu'il a recherché surtout, chez ce poète voisin des barbares, les témoignages de la gloire de l'ancienne Rome. Au f. 64, par exemple, au coup d'œil rapide que jette Claudien sur les premiers âges de l'histoire romaine (In quart. Hon. consul, 399 sqq.), il met en marge : Exempla ueterum Romanorum. Ausone, que nous allons rencontrer dans le manuscrit suivant, l'intéressera moins encore que Claudien, parce que les allusions de ce genre y sont plus rares.

Le Par. 8joo est peut-être le recueil le plus curieusement composé de la collection de Pétrarque. Il est formé de plusieurs manuscrits distincts quoique d'une justification uniforme, dont la réunion a été décidée par le premier propriétaire, et il compte, sur ses 105 feuillets, un certain nombre de pages blanches L'époque de l'exécution, environ le milieu du xiv^ siècle, et le choix des ouvrages tendent à faire croire que c'est pour notre bibliophile en personne qu'ont travaillé les divers copistes ; il semble avoir voulu grouper ici une série de livres ou d'extraits de livres d'érudition classique, trop étendus pour être reliés à part. Plusieurs parties sont accompagnées de miniatures importantes que j'ai décrites ailleurs^ : la série la plus remarquable est

1. 372 X 240 milL Reliure toute récente. No i8i de l'inventaire de Pavie.

2. Cf. Mss. à miniatures de la hihlioih. de P., Paris, 1889, p. 4-7. Il est assez instructif de constater que le miniaturiste de Pétrarque est resté absolument enchaîné, dans l'illustration du livre de Cassiodore, par la tradition symbolique du Moyen Age. (V. ses représentations de la Grammaire, de la Dialectique, de la Musique, etc.). Les reproductions ont été publiées par Léon Dorez, dans l'ouvrage cité p. 69. Outre l'important commentaire de Dorez sur les dessins du ms. de

consacrée à symboliser les sept Arts libéraux, et le morceau le plus considérable, placé en tête de l'apocryphe d'Aristote De pomo, représente la mort du philosophe entouré de ses disciples de toutes nations.

Pour indiquer brièvement le contenu du volume, reproduisons, en la complétant à l'aide des rubriques et en ajoutant l'indication des feuillets, une table initiale du xv^ siècle : F. 1, Fulgentii Plantiadis uita. — F. 3 , [Fulgentii] liber Mythologiarum. — F. 14, Ausonii ludus septem sapientiim. — F. 16, Periocha in Homerum. — F. 20', Epistole uarie. — F. 27', Prudentii carmen de natura anime. — F. 28, [^Ausonii lier sus pascales].

— F. 28, [Priidentii] De fide. — F. 29, [Ausonii] Catalogus nobilium urbium. — F. 30, Cassiodori liber seculariumlitter arum \

— F. 43', [Isidorus libro Etymologiarum quarto, capitulo xiij de medicina]. — F. 44, Boetii de scholastica disciplina. — F. 50, De decem Sibyllis \ — F. 51, [Incipit liber Erithee Sy bille de Troianorum et ceterorum principium euentus (sic^] \ — F. 54',

Chantilly, on consultera le travail de P. d'Ancona, dans VAiie, de septembreoctobre 1902, sur la représentation allégorique des Arts libéraux, depuis les miniatures de la Bible de Vienne jusqu'aux œuvres de la Renaissance,

1. Texte assez différent de celui de Garet (reproduit dans Migne, t. LXX, col. 1049- 1220). L'espace est ménagé pour des figures démonstratives destinées à accompagner l'ouvrage et dont les légendes sont déjà mises à l'encre rouge.

2. Inc. : Sibilîe geiieraliter dicuntiir... Fin. : Extat liber qui dicitur Nasilogriphus [Vat. 3424 : Vasilographia. Cf. Bihl. de F. Orsini, p. 251, n. 3], licet imperialis scriptura, cditus ah eadeiii Erithea SihiUa... quein de caldeo sermom Dotapater peritissimus iu grecum transtulit. Taiideui de erario Hemanuelis iniperatoiis ediictum Eugentus [Vat. : dediictiuu Euge)iii] régis Sicilie admiratiis de greco transtulit in latinum. Le livre de la Sy bille qui suit est entouré de scholies.

3. Pétrarque s'est servi de cet apocryphe pour un passage du De otio relig. I (Op. 304 ; cf. 360) ; il termine la citation qu'il en fait par ces mots : Ouae Erythreae procul dubio Sibyllae sunt, ut quae ex eius libro ad contextum elicui. Dans un autre ouvrage, il exprime au moins un doute sur l'attribution : Extat libellus qiœm sihi [S. Erythreae] attribuerunt, iu quo, si modo suus est, Troianorum et Graecorum exitus et Romanae urbis imperii origineui et labores et successus uarios ; inter haec aduentum Dei in terras multaque religionis nostrae clarissima multa quoque de erroribus externis et internis. (Rer. mem. IV, 3 ; Op. 470). Dans le ms., une seule note de P., f. 54 : Hic Antichristus. Et nos de alio credebamus.

Aristoteles de porno. — F. 'y'j,Ennarationes in Metamorph. Ouidii \ — F. 75. [De uita et titulis librorum Prudentii]. — F. 75', Prudentii etiam carmen de pugna uitiorum et uirtutum ^ — F. 83, Alhrici uiri illustris Poetarius, unde idolorum ritiis inoîeuerit. ubi omnis uetustas deorum antiquorum exprimitur.

Les ouvrages de mythographie tiennent, comme on le voit, une grande place dans le recueil et on peut croire que Pétrarque les recueillait surtout pour comprendre les poètes.

Les Mythologiae de Fulgence sont un des traités les plus utilisés par Boccace dans ses G enealogiae deorum K Les Enarrationes sur Ovide ne sont autres que les Narrationes fabularum de Lactantius Placidus ^. Quant au Poetarius ou plutôt à la partie du Poetarius d'Albericus, il doit être identifié avec le traité anonyme retrouvé seulement par Angelo Mai et connu par les philologues, depuis sa publication, sous la dénomination de Tertius mythographus Vaticanus K Cet ouvrage a également beaucoup servi à Boccace, qui le cite sous le nom d'Albericus ; il n'a pas été moins familier à Pétrarque, qui semble y avoir puisé une bonne part de ses connaissances mythologiques et qui a indiqué cette source, sinon dans ses œuvres ^ du moins dans les notes de ses livres \

1. Inc. (après trois distiques : Orha parente siio...) : Chaos, ut Hesiodi indicat uolumen qiiod deorum originem continet...

2. Avec cette rubrique : Datricolos tristrophos. Nam prinms uersus gliconius dicitur, constans ex spondeo, choriambo et pyrrichio (sic).

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