Sen. XI, 17 {Op
5. Cf. Fam. III, 18 et XXIV, 12 (à Homère), où P. appelle Stace, à cause de
Malgré son admiration, un peu conventionnelle peut-être, Pétrarque est embarrassé pour citer Stace et ne lui emprunte guère qu'une quinzaine de passages Son exemplaire de YAchilléide, qui est à la suite du Virgile de l'Ambrosienne, est à peine annoté. Il aurait été plus heureux évidemment de connaître les Silves et n'eût pas manqué de s'en servir pour enrichir ses œuvres; mais, quoi qu'on ait dit à ce sujet \ cette partie de l'œuvre de Stace lui est restée inconnue; je n'ai, du moins, rencontré aucun indice permettant d'affirmer le contraire.
Les contemporains de Pétrarque goûtaient Stace comme lui et vraisemblablement plus encore. L'un d'eux se prenait d'enthousiasme pour la Thébaïde et, en ayant trouvé un bon exemplaire, priait un ami de lui prêter le sien pour faire transcrire les scholies qui s'y trouvaient \ Un des érudits du xiv^ siècle qui se sont le plus occupés de Stace est Francesco Nelli. Sa correspondance avec Pétrarque contient plusieurs mentions de ses études sur ce poète. Dès sa première lettre, il le cite^ et, quelques années après, il fait transcrire et corrige
l'hommage à Virgile, Vir praeter ingenii laudem insigni morum urhanitate compicuus.
1. Pour les imitations dans le Canioniere, v. Carducci, Saggio, p. 14, 23, 41,
2. Koerting, p. 487 (d'après lui Hortis, p. 410), n'a pas cité d'exemple à l'appui de son affirmation. On peut remarquer que Pétrarque, qui lisait si attentivement les auteurs anciens, aurait appris aisément dans les Silves l'origine napolitaine de l'auteur.
3 . Cum prideni casu fortuito peruenisset ad manus meas liber pulcherrimus fraternas actes et Thehanoriim conflictum suis metris demonstrantem, emi pro pretio competenti ; sed ciini sine magistro uel glossis intellectum dehitum non attingam, recordatiis lui Thehaidos, proposui eiim tibi amicabiliter quaerere per pmesentes, quem ut mihi praestes affectanter expono, tantum quod glossas illas in meo breuiter redigere faciam et remittam ; erit mihi obsequium permaximnni. La lettre écrite Apud busta Virgilii a été publiée par Gorazzini, parmi les lettres attribuées à Boccace, Le lettere ed. e ined., p. 465.
4. Vale igitur et longum iiale, quia ultra me tulit impetus quam meditatus sim, et uere quod apiid te legi sumptum de Statio Dulce loqui miseris in mentem uenit (Par. 8631, f. 3).
PÉTRARaUE ET LES POÈTES LATINS I99
lui-même, à Florence, un exemplaire de Stace d'après celui de son illustre ami. Retardauit bas litteras, lui écrit-il, precipue Tolosanus noster et, ut aiunt, Maronis scimia gloriosi ' , cuius lectioni atque scriptoris correctioni per tractum non modici temporis institi curiosus, eoque mugis quia exemplar unum haheo digestum tuorum ocuïorum digitorumque subiectum examini, puntaium, signatum, atque paucis admodum glosidis in dubiis de manu tua proprie exornatum. Ille metotum tuncStatius habeat illectum, quia et si alias perfunctorie^ nunc triti ac conjricati piper is fragrantis suauius sentiebam odorem et grandiloquam atque heroycam liram illam libentissime complectebar ^ Plus tard encore, en 1362, étant à Naples, Nelli envoie à Pétrarque une lettre écrite cinq ans auparavant et dans laquelle il étudie, sans oser se prononcer, un problème relatif à Y AchiUéide: le poème est-il complet ou bien, selon l'opinion de Dante % est-il demeuré inachevé Nous n'avons pas la réponse de Pétrarque sur cette intéressante question de critique, qu'un contemporain, Francesco da Buti, le commentateur dantesque, tranchait dans le sens de l'achèvement; nous savons seulement que Nelli se montrait satisfait de la décision reçue, puisqu'il en accusait réception en ces termes : In littera tua, ubi solutionem questionis
1 . L'expression n'avait alors aucun sens désobligeant ; c'est pour faire l'éloge de Salutati que Filippo Villani, un peu plus tard, l'appelle (et d'ailleurs bien à tort) « scimia di Cicérone ».