V. plus haut, p
Aucune annotation de Pétrarque ne figure sur les marges des traités mythologiques. Il n'y a, d'ailleurs, dans tout le manuscrit, que les ouvrages d'Ausone qui portent des marques de son étude. Ce choix d'œuvres diverses du poète de Bordeaux est peu étendu et comprend seulement, avec les Periochae, dont l'attribution à Ausone n'est pas certaine, les morceaux de poésie et de prose dont voici l'énumération ' : F. 20', Paulini ad Ausonium epist. ; f. 22', Ausonii ad Paulinum epist. 23, 25, 2/\.\ï. 2/^,Symmachi ad Ausonium epist, I, 31 ; f. 24', Ausonii ad Symmachum epist. 27; Symmachi ad Ausonium epist. I, 25 ; f. 25, Epist. Theodosii Augusti (I); Responsio Ausonii ad Theodosiurn (II); f. 25', « Incipit Gripus ternarii numeri » (XXVI); f. 26, a Eiusdem IIPOCOIIOICIA in chartam » [sic] (epigr. 3 5) ; Liber Protrepticus (XIII) ; Gènethliacon (XIV), « Apophasis poetagorica » [sic] (XXIX) ; f. 28, Versus pascales (IX) ; f . 29, Cathalogus (XIX). Quoique restreint, ce recueil est d'une certaine valeur pour la constitution du texte d'Ausone. Les Periochae de l'Iliade et de l'Odyssée, sans nom d'auteur et précédées de vers grecs défigurés par un copiste ignorant de cette langue, n'ont été connus du dernier éditeur que par notre volume\ Le même savant a fait
1. Les chiffres entre parenthèses correspondent aux nos d'ordre des Opuscuîa dans l'éd. des Monumenta Genn. ; les autres se réfèrent aux recueils de la même édition (D. Magni Ausonii opiisc, éd. C. Schenkl, Berlin, 1883).
2. Cf. Schenkl, p. li. J'ai rencontré, pour ma part, un autre ms. du xive siècle qui contient les Periochae ; il est à la Malatestiana de Cesena, PhU. XII, cod. 6, à la suite d'un texte curieusement enluminé du Soninium Scipionis, à l'usage d'un amateur de Cicéron. (Décrit au catalogue de Muccioli, part. II, p. 68 et 239, et par Zazzeri, Suicodicie lihri a stampa délia bibl. Malatestiana, Cesena, 1887, p. 354- 359). Ce ms. m'a attiré à Cesena, dès que Novati me l'a fait connaître, pour voir si, par hasard, il ne viendrait pas de notre bibliothèque. Il n'y a aucune trace de passage entre les mains de P. ; mais les Periochae, dont le titre ne mentionne pas Ausone, comme dans le ms. de Paris, portent en tête à l'encre rouge : Liher Francisci Petrarche laureati. Sans avoir eu le temps de faire la comparaison des deux textes, je crois assez vraisemblablement que c'est le même texte que celui
l'histoire complète du manuscrit et de ses dérivés, et montré notamment qu'il s'est trouvé à la bibliothèque de Pavie entre les mains de Tristano Calchi, qui en a transmis des extraits à Taddeo Ugoleti pour l'édition de 1499 Schenkl n'a ignoré qu'un détail, la provenance de Pétrarque.
Pétrarque a peut-être possédé d'autres œuvres d'Ausone que celles que contient son manuscrit. Trois citations qu'il fait de cet auteur, et qui sont, je crois, les seules, sont tirées, en effet, l'une du Ludus, l'autre du catalogue des villes, la troisième de l'épître à Théodose ^ Toutefois, les vers de la dixième églogue consacrés à Ausone renferment des réminiscences de VInuitatio ad Paulum et dts Praefatiunculae ; et ces poèmes manquent au recueil de Paris, ainsi que les Monosyllabi, que Pétrarque paraît aussi avoir connus K
Ausone reçoit dans le volume des signes marginaux^ et quelques sommaires ; les notes proprement dites sont fort rares. Au f. 15', et précisément sous la miniature qui montre le dernier des Sept Sages, Pétrarque a écrit : Hic est Periander, ille amicus Arionis fidicinis^ cuius fabulam scripsit HerodotusK F. 23, il reproche au poète l'acception d'un mot du vers 29 de l'épître 23 à Paulin : Clandestinas. Sed maie : Ug[uccio]
de Paris, et que ce ms. de Cesena pourrait même en être une copie. Le copiste a-t-il eu l'intention d'attribuer l'ouvrage à P. ? A-t-il voulu marquer simplement qu'il prenait le texte dans un livre appartenant à P., ou que, l'y trouvant sans nom d'auteur, il le supposait du propriétaire ? Ce sont des questions qu'il y aura peut-être lieu de soulever. Dès à présent, on peut ajouter au grand travail de Schenkl cette modeste indication bibliographique.
1. Cf. Schenkl, p. xl. Le ms. avait été entièrement décrit par Peiper, Die handschriftl . Ueberlief. des Ausonius, Leipzig, 1879, P- ^4^-
2. Rem. Il, 14; Sen. VI, 8 (De auar. uitanda, Op. 551, pour les mots Aurea Roma)', Var. 9 et ms. Par. 6802. V. aussi plus loin, p. 266.
3. Il les imite dans Fam., IX, 9 (Animi lux, consilii dicx, studiifax, dissidentium pax). V. Sabbadini, dans Rendic. del R. ht. lomh., 1906, p. 385.
4. Surtout f. 24, à l'épître 24 : allusion aux Pyrénées, etc.