Fam. XXIV, 2. Cf. plus loin sur les Lettres, p
3. Cf. surtout Hortis, M. T. Cicérone nelle op. del P. e del Boccaccio. Ricerche int. alla stor. délia erudi:{. class. nel. medio evo, dans Archeografo Triestino, nouv. sér. t. VI (1878), p. 61-158. La partie de ce travail relative à P., appuyée sur les fausses attributions de la Laurentienne, demandait à être refaite entièrement. Abailard cite seulement quatre ouvrages de Cicéron {De off., Parad., De Iniient., Topica). Selon Schaarschmidt, Joh. Saresberiensis, Leipzig, 1862, p. 92-93, J. de Salisbury connaît les trois premiers et en outre : TiisciiL, Acad., De Divin., De nat. deor.. De fato, De amie, De sen., Ad Herennium, Epist. ad Familiares, auxquels Jul. Schmidt, loannes Paruus Sar., Breslau, 1839, p. 71, joignait à tort la République. Brunetto Latini possédait les trois Orat. Caesarianae. Dante connaissait certainement De off.. De fin., De amie, De sen., Par ad.. De inuent. Des compilateurs tels que Vincent de Beauvais et Gautier Burley donnent des listes assez étendues d'ouvrages de Cicéron (dans Orelli-Baiter, t. TII, p. x-xi) ; il ne s'ensuit pas qu'ils les aient toutes vues, ni a fortiori qu'ils les aient lues. L'observation s'applique aussi à la Biblionomia de Richard de Fournival (ms. L. II. i de la Bibl. de l'Université de Paris, édité par Delisle). Les confusions grossières et les légendes sur Cicéron sont bien connues (Graf.,/. c, t. II, p. 259 sqq.).
PÉTRARaUE ET CICÉRON
pour être plus raisonné et comporter quelques réserves, n'allait que mieux servir sa gloire.
Pétrarque semble avoir créé très rapidement autour de lui un mouvement de recherche des ouvrages de Cicéron. Les papes d'Avignon s'occupèrent sans doute sur ses conseils, a en enrichir leur librairie Clément VI l'avait fait prier par un de ses prélats familiers de mettre en ordre les manuscrits qu'il en possédait; le poète, qui était alors sur le point de partir pour l'Italie, répondait qu'il s'en occuperait à son retour \ Grégoire XI paraît s'être intéressé activement à la question ; il chargeait, en 1374, un chanoine de Paris de l'informer des œuvres de Cicéron que pouvait avoir la bibliothèque de la Sorbonne et de lui en procurer promptement de bonnes copies ^ ; il s'était d'abord adressé à Pétrarque, alors à Padoue,
1 . Clément VI demandait en 1 3 5 1 des copies de Cicéron à l'évêque de Valence (Ehrle, Hist. bibîioth... Auenion., t. I, p. 139). Il y a quatre volumes de Cicéron dans l'inventaire d'Urbain V (1369), les nos 29, 662, 742, 1490; le premier est ainsi décrit : Lihri Tulii multi qui raro inueniiintiir , in uno magno uoîiimine (Ehrle, p. 286). L'inventaire de Grégoire XI est à la fois mieux fourni et plus détaillé (Ehrle, nos ^yi^ 412, 1334, 1344-448). Vers la même époque, l'inventaire de Gilles Malet, sous Charles V, et les autres inventaires de la bibliothèque du Louvre ne mentionnent même pas le nom de Cicéron (Cf. Delisle, Cabinet des mss., t. III).
2. Fam. VII, 4 : Petitionis tuae memor promissique mei non oblitiis, Italiam siue (ne grammatica îite implicer, quam in epistoles Ciceroni suo monet Atticus) in Italiam uado. Scio qiiidem et memini quid me de ipsius Ciceronis libris in ordine redigendis, et quarumdam, ut dicere soles, ueluti scintillarum lumine declarandis, saepe rogaueras ; demum, qiio ineluctabiles preces essent, ut Romanus pontifex, qui feruoris tut conscius hanc generosam bibliothecae suae custodiam ita tibi credidit..., digredienti mihi suiim hac in re modes tissime indicaret animum effecisti... Parebo si potero. Nam... preces tuas spernere, durum, illius iussa negligere, sacrilegum. Totum in hoc uertitur, quam mihi in illis quos poscitis emendatis codicïbus reperiendis fortuna fauerit. Cf. p. 47, n. 4.
3. Pastor, Gesch. der Pàpste^, t. I, Fribourg-en-Br., 1901, nos i et 2 des doc. inéd. ; Ehrle, t. I, p. 142. On trouvera, dans le catalogue de Delisle, t. III, p. 61-63, les mss. de Cicéron conservés à la Sorbonne ; il est remarquable que le no 28 de la p. 61 soit un vol. d'Epistole Tullii, provenant de maître Guéroud d'Abbe ville.
PÉTRARaUE ET CICÉRON
lui faisant demander par son secrétaire, Luca délia Penna, s'il consentirait à prêter les textes qu'il passait pour avoir découverts.
Nous devons à cette dernière requête une lettre datée d'Arquà, où Pétrarque raconte au secrétaire du Pape une poursuite qui dura toute sa vie : Petieras ex me ut de lihris Ciceronis, si quos inusitatos et extraneos haberem, tibi tuoque cuidam niiper coepto operi subuenirem, tua scilicet impensa, quo iustior petitio tua esset... Petitioni tamen tuae respondi tune non quod uolui, sed quod potui, Cieeronis îibros non me alios habere quam qui communiter habentur et quos idem Dominus noster habet, uel ut puto etiam pauciores \ Unum addidi, quod et uerum fuit, habuisse me alios et amisisse... Nihil unquam de contingentibus intermisi, paratus sponte meum genium fraudare, quo Ciceronis libros undecunque conquirerem... Abeuntibus demun amicis et, ut fit, petentibus nunquid e patria sua uellem, respondebam nihil praeter libros Ciceronis ante alios ; dabam memorialia^ scriptoque uerbis instabam. Et quotiens putas preces, quotiens pecuniam misi, non per Italiam modo, ubi eram notior, sed per Gallias atque Germaniam et usque ad Hispaniam atque Britanniam ; dicam quod mireris^ et in Graeciam misi... ^. De tant de manuscrits qu'il rassembla ainsi et qui lui apportèrent naturellement beaucoup d'exemplaires des mêmes ouvrages \ un petit nombre seulement est mentionné expressément dans ses écrits.
1. lime paraît difficile d'admettre que P. soit ici sincère; il passe absolument sous silence son ms. des Lettres de Cicéron, qu'il ne se souciait évidemment pas d'envoyer en France. Mais avant de l'accuser de mensonge, je voudrais être sûr qu'il n'en eût pas laissé prendre une copie, pour Clément VI par exemple ; en ce cas, il serait en droit d'affirmer, comme il fait ici, qu'il n'a rien de Cicéron à Arquà qui ne soit aussi dans la bibliothèque pontificale.
2. Sen. XVI (XV), i (Op. 946-948). C'est la lettre où se trouve l'histoire du De gloria.