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Pétrarque ne fut donc pas, toute sa vie, occupé exclusivement d'études antiques. Il essaya même quelquefois, sous l'influence de son frère Gherardo, le chartreux, de marcher dans les voies de la spiritualité Il avait été le visiter deux fois, à la Chartreuse de Montrieux, en 1347 et en 1353, et avait eu occasion d'y lire les livres du couvent Plus tard, il trouva aisément de quoi satisfaire sa pieuse curiosité, à Linterno, chez ses voisins de campagne, les moines de Garegnano; à Milan, dans la bibliothèque de S. Ambrogio, dont il parle expressémenten un de ces traités mi-philosophiques, mi-religieux, qu'il se plut alors à composer \ C'est à partir de cette époque que se multiplièrentchez lui les auteurs ecclésiastiques ^. Dès 1355, il recevait de Florence un superbe manuscrit de ce genre, le Commentaire de saint Augustin sur les Psaumes, que lui envoyait Boccace et qui lui était plusieurs fois cher, par le nom de l'auteur d'abord, par celui de David, dont il se proclame l'admirateur, enfin par le souvenir d'un ami généreux K Mais, en même temps, ce qui nous assure bien que ses anciennes études n'étaient point exclues par les nouvelles, il faisait copier à Vérone le recueil de Y Histoire Auguste ^
Le poète enrichissait sa bibliothèque de trois façons : par
1 . Ce point a été mis en lumière, pour la première fois avec une clarté parfaite, par Henry Cochin, dans son ouvrage sur Le frère de P. et le livre « Du repos des Religieux^), Paris, 1903. V. aussi notre chapitre IX.
2. Cochin en reconstitue une liste, d'après ses propres témoignages. Ce sont les Vies des Pères, le Dialogue de saint Grégoire, les Soliloques et les Confessions de saint Augustin, Isidore deSéville et probablement Lactance {Le frère de P., p. loi).
3. Vit. sol. II, 6, 1 (Op. 27s) : [Liber] de Brachmanorum uita... licet non plane mihi redoleat Ambrosii stilum, inter Amhrosii tamen lihros médius est, ingenti quodani et uenerabili et uetiistouolumine lïbrorum eius,qiiodin archiuo Amhrosianae Mediolanensis ecclesiae custoditur.