Dante, Purg. XI
et dont il se plaît à donner la liste '.Rien n'indique toutefois qu'on relie dans sa maison, comme on le fait chez Richard de Bury. 11 admet, pour certains ouvrages ou certains présents, la reliure de luxe, et regrette, en faisant hommage d'un volume à Pandolfo Malatesta, de n'avoir pu en surveiller les apprêts finals : « Si j'avais été sur les lieux, dit-il, j'y aurais fait mettre une couverture de soie et pour le moins des fermoirs d'argent ^ Sans doute ses livres favoris doivent être ainsi revêtus \
Quant aux goûts paléographiques de Pétrarque, on peut essayer de les deviner. Il n'a aucune estime pour cette calligraphie à la mode de son temps, qui aligne, nous dit-il, de belles colonnes, « dont l'effet est séduisant de loin, mais qui de près manquent de netteté et égarent la vue » ; dans les livres qu'il fait transcrire, il demande avant tout la clarté, et ce qu'il loue le plus chez un de ses copistes, c'est « son écriture soignée et nette, qui entre bien dans les yeux ^ ». Pour ce qui est des manuscrits anciens, ses prédilections nous sont révélées par son remercîment à Boccace, pour l'envoi du magnifique Saint-Augustin que nous avons encore ; il appuie son admiration pour le livre sur l'ampleur du format, la sobriété de l'ornementation et « la majesté du caractère antique ^ » ; il se plaît donc de façon spéciale à cette belle
1 . Sic apud nos alii inemhrauas radiiiil, alii libros scribiuil, alii corrigunt, alii, ni iiiilgari uerbo iitar, illumitiaiit, alii ligant el siiperficiem coifiiùtil (Faut. XVIII, 5). Une énumération analogue est dans le Philobiblon : Apud nos in nostris maneriis inultitudo non modica semper erat antiqiuirlorum (cf. Wattenbach, Schriftsiu. ^, p. 352), scriptoriim, correctormn, colligatoriini, illiu}ii)iatoriuu el generaliter omnium qui poterant liborum seruiliis ulililcr insudare (éd. Thomas, p. 80.)
2. Si fuissem praesens, dum in libri formam ligaretur, et sericum tegmeii et fibulas saltem argenteas habuissel (Sen. XIII, 10; Op. 923). On connaît un relieur de P. magisler Benedictus de Parme (v. p, 76), qui était également enlumineur; je crois avoir retrouvé le nom de son relieur d'Avignon lauetus de Stella (p. 102).