‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 2)Chapitre 53 sur 139 · Changement d'encre et de plume : Par. 7880, 2, f · texte numérisé non relu

Changement d'encre et de plume : Par. 7880, 2, f

3. Cf. p. 74. On a distingué avec raison Giovanni Malpaghini, qui fut maestro errante, de son compatriote Giovanni di Conversino, chancelier dçs Carrare, qu'on ne trouve pas chez P. V. Sabbadini, dans Giorn.stor.,t.Y,p. i$6-i62;K\eitQ,Beitràge liir Gesch. und Litt. der. liai. Gehhrtenrenaissance, I, Greifswald, 1888, p. 1-46. Cf. Max Lehnerdt, Biographie des Giov. di Conversino von Ravenna, Kônigsberg, 1893. Novati a rejeté l'identification du jeune ravennate avec Malpaghini et donne ses raisons dans VEpistolario di Coluccio Saîutati, t. III, Rome, 1898, p. 537. ; mais si Ton accepte, comme on va le voir, le nom de Giovanni pour le copiste du Vat. 3195, les dates suggèrent cette identification.

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mise au net définitive du Can\oniere. Là le travail a été interrompu et le poète a dû terminer lui-même ; or, le copiste qui l'avait d'abord aidé se nommant Giovanni, c'est avec quelque raison qu'on a pu songer à l'identifier avec Malpaghini L'hypothèse qui regarde le Canioniere et celle qui regarde VHomère, appuyées sur des vraisemblances indépendantes l'une et l'autre, se confirment, par le rapprochement des manuscrits.

En effet, on juge que le copiste est le même dans les deux volumes par la simple comparaison des fac-similés ^ C'est bien, du reste, une écriture castigata et clara seque uliro oculis ingerens, telle que celle que Pétrarque louait en son jeune disciple, dans une lettre écrite à Paris le 28 octobre 1356 ^ et il serait difiicile de la confondre avec celle d'un autre copiste. L'identification ici tentée n'est pas inutile pour l'histoire du texte du Can^oniere, car elle aide à serrer de plus près la date de l'exécution du recueil définitif. Quant aux spécimens de l'écriture de « Jean deRavenne », ils méritent de fixer l'atten-

1. Dans les brouillons poétiques du Vat. ^i^6, on lit, à côté de beaucoup de pièces, des mentions diverses de transcription (cf. Appel, Zur Entwîckeîung Ital. Dichtiingen P. Abdruck des cod. Vat. lat. 3196..., p. 23, 25, 26, 28, 29, 31, etc.). Pakscher a observé que, partout où il y a transcriptiim per me, la pièce se trouve dans la partie autographe du Vat. 3195 (fif, 38'-49, 62-72), alors que la mention

per lo. (Appel, p. 25) s'applique à une pièce de la partie non autographe. Pakscher songeait à voir dans le copiste le propre fils du poète, Giovanni Petrarca, qui séjourna dans la maison paternelle avant 1358 (Zsitschrift fur roman. Philol., X, 1886, p. 214 et 218). L'idée paraissait acceptable à Cesareo (Giorn. Stor., XIX, p. 259). Elle est, je crois, abandonnée pour des raisons de chronologie, sans parler de l'invraisemblance morale qui résulte des relations de P. avec son fils. C'est un autre Giovanni qu'il faut chercher. Sans doute P. peut avoir eu plusieurs secrétaires de ce nom ; il est cependant naturel de penser à Giovanni Malpaghini, comme l'a fait le premier Guido Mazzoni ÇNoterelle Petrarch., àsins II Propiignatore^ nouv, sér. I, part. 2). L'argumentation de Novati n'a pas convaincu Vittorio Rossi, qui a repris la question dans son travail cité plus haut, // P. e Pavia, Pavie, 1904, p. 26-28.

2. V. l'un dans le présent ouvrage, l'autre dans Fac-sim. de récrit, de P., pl. IL

3 . Fam, XXIII, 19 (à Boccace). Pour la date, v. V. Rossi, î. c, p. 53.

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tion des paléographes qui voudraient se mettre à la recherche des manuscrits copiés chez Pétrarque.

La meilleure méthode à suivre pour cette recherche serait d'examiner les marges, où le poète a toujours laissé des traces de sa lecture soit par des signes particuliers, soit par des scholies. Annotées la plupart du temps au xiv^ siècle par d'insipides lecteurs, les marges de manuscrit deviennent pour lui, non seulement la place naturelle où se déposent ses observations sur le texte, ses revisions et ses collations % mais encore un registre d'impressions spontanées et de renseignements d'étude. Bien que ses habitudes n'aient pas été toujours constantes, une annotation de volume due à Pétrarque sera assez aisée à reconnaître d'après les exemples variés qu'on en trouvera ici. Plusieurs sont considérables et très compactes, grâce à un système d'abréviations poussé parfois à l'extrême ^ ; ces abréviations font même la seule difficulté du dépouillement, car les renvois, qui affectent des formes diverses, sont toujours clairs et bien ordonnés et l'écriture est d'une netteté parfaite.

Je ne répéterai pas les observations faites en un autre ouvrage sur l'écriture de Pétrarque ^\ je crois y avoir montré les causes qui ont pu contribuer à la dégager peu à peu des formes dont il usait dans sa jeunesse et à y introduire ce caractère d'élégance, qui faisait dire à un ami, son admi-

: . Sur les distiques initiaux dont parle Sen. VIII, 6 (Op. 840 : Oiiae olim in lihris ipse meis scolastica curiositate pmescribere solebam), v. plus loin, chap. IX, la description du ms. 1490 de Padoue.

2. Un de ces volumes nous est décrit dans une lettre contemporaine, celle de Nelli sur Stace, citée au chap. IV. P. disait d'un ms. non revisé : Nomts et niuius est et nullo correctoris dente percussus (Fam. XVIII, 5).

3. J'ai cru devoir les résoudre presque toutes dans les exemples publiés ici. Elles gagnent évidemment beaucoup de place ; ainsi C. d. m de 3° signifie Cicero, De natura deoriini, lihro 3".

4. La bihlioth. de F. Orsini, p. 283-284. Cf. ici même p. 70.

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rateur dans les moindres choses : Die, queso, quicus malleis qiiibusue incudibus atteris uerba omnia, immo etiam caratheres ïiterarum, ut illorum fragrantia totus fere or bis redoleat et totus potest merito redolere \ Cette écriture est bien celle d'un poète ; elle en a la grâce et aussi les caprices, qui en expliquent les brusques variations d'une page et même d'une ligne à l'autre. C'est en juger bien superficiellement que d'y voir une simple main de scribe du trêeento, car il n'y en a peut-être pas en son temps de plus personnelle. Au cours de sa vie, d'àilleurs, elle s'est modifiée, et même profondément: l'écriture de Vauclusene ressemble guère, au premier abord, à celle qu'a tracée une main, pourtant ferme encore, sur les manuscrits d'Arquà; elle était devenue avec l'âge extrêmement menue et délicate, comme celle des vieillards dont la vue a beaucoup baissé ^ Dans l'intervalle, elle avait traversé une période, où elle présente une ampleur singulière, et les dates certaines que nous avons à cet égard permettraient de la nommer l'écriture milanaise de Pétrarque. Notre chronologie paléographique est assez bien établie par les notes qu'il a remaniées et complétées sur ses livres à la distance de plusieurs années, et, d'autre part, les travailleurs possèdent aujourd'hui des fac-similés datés auxquels ils peuvent se fier ^

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