‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 2)Chapitre 58 sur 139 · Op · texte numérisé non relu

Op

croire à l'authenticité du « Tombeau de Virgile » que tant de voyageurs et de poètes ont célébré après lui ?

En ces matières de magie, c'était surtout l'opinion du uulgus insiilsum que Pétrarque avait à combattre ; mais il y avait plus de réelle hardiesse à repousser la croyance universelle de Virgile prophète du Christ et à donner à la quatrième églogue un sens différent de l'interprétation traditionnelle. La question avait été souvent agitée, comme on le sait, et les allusions de Dante l'avaient fait reprendre au xiv^ siècle par ses commentateurs ; pas un lecteur de Virgile cependant, parmi les hommes instruits du Moyen Age, n'eût fait à ce sujet des réserves aussi formelles que celles que nous trouvons au traité De otio religioso : Virgilius in Bucolicis de alio

loquens et in Aeneide deAugusti imperio agens Quae quidem

religiosus et pius lector, quamuis de Caesare dicta, ad caelestem potius trahet imperatorem, cuius aduentum toto orbe signa praecesserant ; quae audiens poeta, neque altius aspirans, ad imper atoris Romani, quo nil malus nouer at, reflexit aduentum, cuius si uera lux oculis affulsisset, haud duhie ad alium reflexisset ' . Ce passage est fort précis, et ce serait à tort que Pétrarque ici nous semblerait timide ; il refuse expressément tout don prophétique à Virgile, et il y avait d'autant plus de mérite à exprimer une opinion si nette que, s'il se trouvait d'accord avec S. Jérôme, il allait contre l'autorité, toujours pour lui si haute, de S. Augustin, qui avait vu le premier en Virgile un annonciateur du Christ ^

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