‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 2)Chapitre 59 sur 139 · Op. 304. Cf. Salutati, Epistolarîo, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Op. 304. Cf. Salutati, Epistolarîo, 1. 1, p

2. Boccace a fait, il est vrai, des réserves analogues dans la ne leçon de son Coinento, mais Hortis (Studj, p. 397) me semble en exagérer peut-être le mérite. Ici, comme en bien d'autres cas, Boccace est le disciple de P. : le commentaire sur Dante fut commencé en 1373 (préf. de Milanesi, p. m) et l'auteur avait depuis longtemps en main le De otio religioso. On peut en dire autant de Benvenuto da Imola (Commentuin super Dantem, éd. Lacaita, t. I, p. 55 sqq.).

PÉTRARaUE ET VIRGILE I29

Pétrarque appréciait donc Virgile à un point de vue tout autre que les lettrés qui l'avaient précédé ; il ne le lisait cependant point comme nous. On s'en convaincra en écoutant les raisons par lesquelles il justifie son admiration pour le poète de VEnéide : « Parmi les génies latins, à dire toute ma pensée, je ne sais qui je mettrais au-dessus de Virgile. S'il est compris comme je le comprends, tout homme qui admirera véritablement ses ouvrages y verra une lumière cachée en chaque mot sous le nuage poétique (m singulis uerhis lumen aliqiiod suh nuhe poeticà), reconnaîtra de sérieuses vérités dissimulées sous un style divin, et devra avouer que, si d'autres peuvent l'emporter par la science, personne peut-être ne l'emporte par le génie. Pour l'éloquence, que dirais-je de plus que Macrobe, qui, traitant des quatre genres d'éloquence, n'a pas craint de les attribuer tous au seul Virgile ' ? Cette éloquence merveilleuse et, selon le mot de Sénèque, cette faculté vraiment divine lui ont manqué dans la prose; mais ce dont il est capable en poésie, je ne crois pas qu'on le puisse ignorer, pour peu qu'on ait bu une fois à la source de Castalie ^ ».

1. Le passage de Macrobe a eu trop d' influence sur la direction de la critique de P. pour que je ne le reproduise pas ici, tel qu'il le donne plus loin au même chap. des Res meni. : Locus aâmonet ut ipsa Macrohii uerba stihimigani, ne quid de hoc peregrinarum opinioniim lector lateat : Quatuor enim quïdem sunt eloquentiae gênera, copiosum et torrens in qiio Cicero dominatur, breiie et circmnsectum in que Salustius régnât, siccimi et aridum quod Frontoni ascribimus, pingue et floridum in qiio Plinius S ecundus (Mucrohe parle de Pline le jeune, inconnu à P., qui croit qu'il s'agit de Pline l'ancien) quondam, et nunc nidlo ueteruminferior noster Symmachus luxuriatur ; haec omnia apud ununi Virgilium inueuies [Saturn. V, i, mais très librement cité]. Haec ille. Ad quod firmandum probationes ex ipsis Virgiliis uerbis elicuit, quas, quoniam longuni est, in Saturnalibus quisquis inquisitionis laborem non recusabit inueniet... Et haec quidem hactenus. Ouibus si assentiri libet, in unaquaque arte quadripartitae eloquentiae designatos praesides habemus et, quod uix ceteri in singulis, Vergilium simul omnibus gloriantem. Hanc uero distinctionem, etsi colore non careat, apud alium non inueni, quin in unum Ciceronem publicus fauor inclinât (Op. 410-41 1).

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