‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 2)Chapitre 65 sur 139 · Rem. I · texte numérisé non relu

Rem. I

4. V. pour VAfrica le travail d'annotation de Corradini sur son édition, et le livre d'A. Carlini, Studio su « VAfrica » diF. P., Florence, 1902.

5. Cf. les développements de Koerting, p. 483 sqq., sur le résultat déplorable (heklagenswerth) de l'initiative de P. Voir aussi Borinski, Das Epos der Renaissance, dans Vierteljahrsschrift fïir Kultur und Lit. der Renaiss., t. I, 1886, p. 194 sqq.)

du latin, dont l'usage la condamnait à suivre de trop près les modèles antiques.

Une anedocte, tirée des lettres de Giovanni Dondi dall' Orologio conservées à Venise, met en scène, d'une façon assez piquante, le respect de Pétrarque pour Virgile Dondi envoie à son correspondant une véritable dissertation pour établir la supériorité des anciens sur les modernes dans la littérature et dans les arts' ; il invoque, à ce sujet, le souvenir de l'illustre ami dont il a fréquenté la vieillesse : Nobiîissimum et excellentissimum hiiius etatis ingenium... in médium adducamus, dominum dico Petrarcam, quem, ut arbritornosti et sepe uidisti, sed ego familiaris fui muUumque domesticus, presertim in posteris eius annis. . . Huius uiri opéra. . . placehunt tihi non mediocriter, certus sum;... si eadem legas iteriimque relegas, plus placehunt, quod magistri operis et auctoris indicium est. At si, sepositis illis, ad legendum aliquid ex maiorum ueterum monimentis acceseris, senties haudubie, si animum intenderis, quam altius sonum mittant. Quod ego cum aliquando facerem, recordatus sum uerbi quod semel ex ore uiri illius adhuc uiuentis audieram. Cum enim Bucolicum car m en, quod ipse dictauerat \ post Maronis Bucolicam uno in uolumine colligasset et librmn illum, se meque presentibus, tertius quidam, uir nobilis, manu prehensum obiceret et quisnam liber esset percontaretur : « Hoc, ait, in libro consutus est pannus griseus cum scarlato, » tali responso aperte testatus sua opéra non parumper a ueieribus superari. Ce récit semble se rapporter aux dernières années de Pétrarque, Nous

1. Marc. lat. c/. XIV, 223, f. 58. Lettre à Fra Guglielmodi Cremona. Cf. la préf., d'Antonio Medin, Le Rime di G. Dondi dalV Orologio, Padoue, 1895.

2. Je signale en passant, au f. 58, une autre anecdote relative à la supériorité des anciens en matière de sculpture et au séjour à Rome d'un célèbre sculpteur italien. Cette lettre, analysée en six lignes insuffisantes par Morelli, est une pièce, notable par sa date, de l'éternelle querelle des anciens et des modernes.

3. Remarquer l'identité de la formule avec celle de la souscription du ms. original du Bucolicum carmen de P. (Vat. 3358).

y apprenons qu'il possédait un exemplaire distinct des Bucoliques, qu'il serait intéressant de retrouver; mais le manuscrit de Virgile qui lui a le plus servi est entre nos mains et suffit à satisfaire notre curiosité sur la façon dont il a étudié le poète.

Le Virgile est digne d'ouvrir la description de la bibliothèque. Il est depuis longtemps connu et même célèbre sous le nom de « Virgile de l'Ambrosienne », à cause des notes autographes des feuillets de garde. Un de ces feuillets, détaché par accident de la reliure à laquelle il adhérait, a mis au jour, vers la fin du siècle dernier, une série fort intéressante de ces notes ' ; mais la plus précieuse de toutes, celle qui se rapporte à la mort de Laure, est citée dés le xv^ siècle par les biographes du poète, et les premiers éditeurs des Rime ^ Le manuscrit était alors conservé dans la bibliothèque de Pavie. Vellutello et, après lui, quelques critiques modernes ont voulu voir dans ce document une falsification habile ^ ; cependant le doute n'est plus possible aujourd'hui et l'existence historique de Laure a ici sa preuve précise.

Le volume porte une masse énorme de notes marginales

1. Sur la découverte de 1795, v. Baldelli, Del P., Florence, 1797, p. 180, qui donne au Virgile de Milan un article étendu. Une des plus complètes notices qui en aient été données est due à l'abbé Ceriani et figure dans les Indagini de G. d'Adda {App. alla parte ja, Milan, 1879, p. 105-112). Mais il faut se référer désormais au travail de Frederick Wulfï, communiqué au Congrès des philologues du Nord tenu à Upsal, en 1902, et dont les parties essentielles sont dans la brochure française de l'auteur, Deux discours sur P. en résumé, Upsal, 1902, avec le facsimilé du premier feuillet de garde, recto et verso. Une nouvelle et utile étude a été donnée par A. Ratti sous ce titre : Ancora del celehre cod. ms. délie opère di Virgilio già di F. P. ed ora délia Bihliotheca Ambrosiana, dans le volume Petrarca e la Lombardia, Milan, 1904, p. 219-242. Pour le mémorial de P. voir, au t. II, notre excursus VI.

2. Cf. par ex., La biblioth. de F. Orsini, p. 297, n. 2. Le 113e des Ricordi de Sabba da Castiglione montre bien le prix que les amateurs attachaient alors aux volumes.

3. Le dernier à soutenir cette opinion a été Fred. Wulff, qui l'a depuis abandonnée.

de la même main que celles des feuillets de garde et qui, pour offrir un moindre intérêt biographique, constituent cependant un ensemble d'autographes dignes d'attention. On les a crues jusqu'à présent de plusieurs écritures différentes et il a paru peu sûr d'y chercher celle de Pétrarque. Soit que le doute sur la provenance du volume en ait écarté la curiosité, soit que le texte sur Laure l'ait absorbée tout entière, soit enfin que la difficulté du dépouillement ait lassé la patience des chercheurs, cette annotation du Virgile n'a été l'objet d'aucune espèce de travail. Une telle étude ne devait pas être inutile au but spécial que poursuit ce livre.

Décrivons d'abord le manuscrit. C'est un épais recueil écrit vers le commencement du xiv^ siècle, de 269 feuillets contenant, outre Virgile et le commentaire de Servius qui l'encadre, divers ouvrages secondaires également commentés. Le texte est en caractères gothiques italiens, et de demigrandeur pour les catenae \ Le copiste a travaillé par cahiers de dix feuillets, mais deux feuillets précédents ont été ajoutés postérieurement par Pétrarque ^ : le premier, longtemps adhérent à la reliure, contient les notes autobiographiques; le second est occupé, au verso, par la peinture fameuse de Simone Martini, qui est accompagnée d'inscriptions de Pétrarque et représente Virgile, Servius, Enée, un émondeur et un berger, personnification des oeuvres de Virgile Les feuillets de garde de la fin ont disparu, et le manuscrit lui-même semble mutilé, car le commentaire sur Donat qui le termine reste incomplet. En voici le contenu d'après les rubriques :

1. Dimensions : 405 X 260 mill. Je rappelle que tous les mss. ici décrits sont en parchemin.

2. Le ras. est muni de rubriques : il n'a pour ornementation que des initiales dorées en petit nombre.

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