‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 2)Chapitre 95 sur 139 · P. 206 du Catalogue cité p · texte numérisé non relu

P. 206 du Catalogue cité p

3. L Aftô, Memorie degU scrittori e letter. Parmigiani, t. II, Parme, 1789, p. XLIV (Disc, prelim. su la dimora del P. in Parmd),

PÉTRARaUE ET LES POÈTES LATINS

par le transcripteur (amio... in sero) est bien conforme à l'usage habituel de Pétrarque ; on peut croire à l'authenticité du volume dont Sacca s'est servi et auquel le propriétaire avait joint une lettre de Pier Candido Decembri sur le sujet. Decembri connaissait fort bien les livres de Pétrarque alors existant chez les ducs de Milan, et avait toute autorité pour parler des autographes du poète ; les expressions de sa lettre marquent nettement l'intérêt qu'offrirait pour nous le manuscrit perdu ' ; s'il se retrouve un jour, il aura plus de prix encore que le Térence transcrit par Boccace, au plus tard en 13 59, qui est conservé aujourd'hui à la Laurentienne ^

Pétrarque, qui a choisi YEnéide pour le modèle unique de son Africa, n'avait dans sa bibliothèque, comme œuvres épiques, que les poèmes de Lucain et de Stace. Il ignorait Valerius Flaccus ^ et ne soupçonnait pas, quoi qu'on ait pu dire, l'existence de Silius Italiens. Le poème des Puniques, qui traite à peu près le même sujet que le sien, l'eût sans doute découragé de célébrer en vers le premier Africain ^. Le vieil Ennius

1. Le mss. de Sacca contient la transcription de cette lettre adressée à Princivalle Lampugnano, de Milan. Elle commence ainsi : Legi Teretitium tiiiim lihenti animo atque hilari, maximo commotiis memoria illiiis eriiditissimi uiri F. Petrarce a ciiius manu perscriptus est. Qiiis enim non iocunde amplectatur reliqnias stndionun tam eximii lecto7'is, a quo latine littere cum pene exiûassent étale nostra illiistrate sunt? Grattas igitur immortales tihi ago qui me participem feceris huiiisce iioliiptatis, ut que ipse de Ter enta operihus iudicarit, intellexerit, exararit, intelligere pariter et ego potiierini. Nam si iocunditati nohis esse consueiiere illustrium uiroriini imagines ère aut auro impresse oh illormn memoriam, quis litteris deditiis non letetur légère doctorum opéra a doctis exarata aiictorihus?... (Milan, 24 sept. 1465).

2. V. sur ce dernier ms., Novati dans Giorn. stor., t. X, p. 424-425, Henri Hauvette, Notes sur des mss. autogr. de Boccace, p. 7-16 (avec trois fac-sini.), et O. Hecker, Boccaccio-Funde, p. 27-29 et pl. IIL

3 . Il savait par Servius que des Argonautiques avaient été écrites par Apollonius de Rhodes, et il en a fait mention dans sa vie de Jason. Cf. Nolhac, Le De Viris m. de P., p. 132, n. 3.

4. Cette question a été bien traitée. Pour ne pas donner une bibliographie inutile, je renvoie à l'édition de VAfrica de Corradini, p. 455 ; il faut y ajouter une

P. DE Nolhac. — Pétrarque. 13

était, à ses yeux, le seul poète qui eût chanté Scipion ' ; il regrettait volontiers en paroles que son héros favori eût été si mal partagé, mais non sans une joie secrète que le champ lui eût été laissé libre pour traiter ce grand et cher sujet: Vir Homero Virgiîioqiie precone dignior quam Ennio ! ^ sed sic est : preterita ac futur a optari possunt, sed près entibus uti oportet K

Si l'on en juge par le nombre des citations de la Pharsale rencontrées dans les œuvres de Pétrarque ^, on constatera que Lucain lui fut familier, sans qu'il ait été attiré vers lui d'une façon particulière. Une des raisons de cette réserve fut, je pense, l'hostilité du poète contre César, sentiment que Pétrarque ne partageait point ; peut-être aussi la mort volontaire de Lucain lui inspirait-elle une répugnance, dont on

note de Hortis, Studj, p. 306, qui montre combien le nom de Silius Italiens était ignoré au xive siècle. Tout cela n'empêche pas de répéter et même d'aggraver l'erreur, comme on l'a pu voir, p. 95, n. i.

1. P. cite Ennius, Accius, Pacuvius, Afranius, d'après Aulu-Gelle. Cf. Op. 442. 443, et pour Ennius dans P., les notes réunies par Corradini, à la suite de ÏAfrica, p. 422-424, — Lucilius ne doit qu'à la rime fournie par le nom de sa ville natale, Suessa Aurunca, d'avoir été rappelé par P. dans le Can:(oniere (V. p. 136). Il paraît seulement dans les énumérations de poètes de Rem. Il, 125 et Ed. X, et dans Fam. I, i, à propos d'Horace ; P. n'a pas cité, je crois, un vers de lui.

Page 1