OVIDE
Ses livres didactiques comportent cependant sur Ovide plus d'une réserve. Il ne se tire pas aussi aisément de l'appréciation de certains passages que le faisaient ses contemporains à Taide du sens allégorique, et ce n'est pas lui qui transcrirait le Remedium comme un moine du siècle suivant, ad iaudem et gloriam Virginis Mariae^. La délicatesse de son sentiment moral et l'élévation de son esthétique sont également choquées par la façon dont Ovide entend l'amour. Aussi éprouve-t-il le besoin de justifier ses emprunts à un tel écrivain : Meministiy dit-il, ut Naso, in eo libro quo inhonestam quidem ac supeniacuam artem docet, utile tnmen interdum aliquid interserit^. Et ailleurs: Audiebam Ouidium, cuius quo lasciuior musa, eo mi/ii seuerior grauiorque confessio et incorruptius testimonium ueri erat^. Le blâme contenu dans ces passages est précisé et développé dans un curieux morceau du De Viia solitaria, où Pétrarque livre le secret de sa répugnance pour Ovide*, et cette répugnance n'est pas moins
a dû se les répéter souvent, répond: Recordor optime; ah infantia pêne familiariter mihi noti erant,
1. V. Hauréau, dans Notices et extr, des mss.y t. XXIX, 2«p., p. 240.