Sur la fuite du temps (Fam. XXIV
4. Il lui reproche d^avoir eu le dégoût de la solitude ; tous les nobles poètes, dit-il, ont aimé le recueillement, praeter unum Ouidium Nasonem, seu qui forte illum sequuntur uel quos il le sequitur. Ille mihi quidem magni uir ingenii uidetur, sed lasciui et luhrici et prorsus mulierosi animi fuisse, quem conuentus feminei delectarent usque adeo ut in illis felicitatis suae apicem summamque reponeret. Itaque amatoriam artem scrihensy insanum opus et meritam, nisi fallor, exiliisui causam^ non modo Urbem Romam ceu matronarum puellarumque praefertilem quaerendam docet, ah hisquiad illam insaniam praeter naturalem stimulum artis quoque cuiusdam calcaradiiciuntj sed loca etiam urhis et festa distinguit^ quibus uberior materia sit furori; ut sileam notum illud infâme et relatu etiam foedum, ex ore licet desperati euiuslibet perditique hominis, quod stilo quoque non puduit ad omnis aeui notitiam praeferrcy quo scilicet in actu Venereo resolutum felicem diffinire et in eo statu morfem laudare ausus, in quo maxime turpis et inutilis uita est, hanc eamdem sibi a diis optât leti causam, et hoc utique^ ut idem ait, sibi suaeque uitae conueniens, in se uero miserrimum genus mortis et ipsa procul dubio peius morte. Qui nisi his moribus et hoc animo fuisset, et clarius nomen haberet apud graues uiros et Pontieum illud exilium atque Istri solitudines uel non adiisset uel aequanimius tolerasset {Vit. sol. II, 7, 2; Op. 279).
attestée par la réserve relative qu'il a mise à citer un poète qu'il connaissait cependant si bien'.
L'apocryphe De uetula, qui courait de son temps soua le nom d'Ovide, lui inspire la réflexion suivante ; it'ôrum, cuius nomen est De ttetula, dont Nasoni; mirum cm uel cur cuiçuam id in mentem ueneril, nisi hoc fartasse lenocinio clari nominis abscuro fama operi quaeratur et, quod uulgo fit, ut gailinis pauonum oua subiiciant...^. Il est trop familier avec Ovide et, au fond, l'admire trop' pour admettre un instant la possibilité d'une telle attribution. Toutefois, bon juge du mérite relatif des écrivains et devançant ici le jugement de siècles plus instruits, il se garde de mettre Ovide tout à fait au premier rang des poètes latins. Il s'incline devant une renommée qui, au moyen âge, a parfois balancé celle de Virgile*; mais il sait combien l'opinion des modernes a peu de poids en cette matière. Il sourit de savants rencontrés à Cologne, qui manquent d'un manuscrit de Virgile et en ont plusieurs d'Ovide*. Il exclut le magister amorum^ de la liste des destinataires de ses épîtrcs fictives ; c'est une marque d'estime qu'il réserve, parmi les poètes, à Virgile et à Ho-
L'épltre à Horace, une des plus curieuses de celles que Pétrarque a adressées à des auteurs de l'antiquité, ne compte
1. Il le nomme par exemple une vingtaine de fols dans les F(imi7ïare«.
2. Sen. II, S (Op. 762). Cette rectification, faite dans un recueil de P. qui fut peu répandu, n'empêcha point Jean Lefévre de traduire en français le De uetula comme une œuvre « du poète sage « (P. Paris, Les mss. français, t. VII, p. 75). On sait qu'Hipp. Cocheris a voulu attribuer l'ouvrage à Richard de FournÎTOl (La Vieille ott let derniers amours d'Ovide, Paris, 1861).
3. Iter. mem. II, 2 (Op. 411); Rem A, 117. Dans ftem. II, B2, le Coetamque lueri iussil est cité avec la mention praeclare.