HORACE
pas moins de cent trente-huit vers asclépiades*. On ne peut dire que ce soit un centon d'Horace, car la trame du style appartient bien à Pétrarque ; mais les souvenirs les plus précis, les formules même usitées par le poète romain y sont habilement enchâssés. Bien mieux que ses vers italiens, où certains passages sont pourtant bien instructifs à cet égard S cette composition montre à quel point Pétrarque s'est assimilé les vers qu'il célèbre. On doit noter surtout la place qu'y prennent les poèmes lyriques. Les siècles précédents n'avaient pas attaché aux odes et aux épodes la même importance qu'aux satires, aux épîtres et à VArt poétique, désignés comme les très libri principales de l'auteur \ Avec Pétrarque, toutes les parties de l'œuvre d'Horace commencent à être mises sur le même rang, et on serait embarrassé de dire quelle est celle qui a ses préférences. L'épître en vers, où il cherche à les analyser et à les résumer toutes, suffit à montrer qu'il les possédait également bien.
Horace est cité sans cesse par Pétrarque, moins sans doute que Virgile, beaucoup plus qu'Ovide ou tout autre poète latin*. Mais, plus heureux pour Horace que pour Ovide, nous n'avons pas besoin de demander aux œuvres de Pétrarque comment il l'a étudié ; l'exemplaire qui lui a le plus longtemps servi existe encore à la Laurentienne, Plut. XXXIV, 1. Il a été décrit par Bandini et mieux par Châtelain, qui a publié le fac-similé d'une page où se trouvent précisément