‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 132 sur 362 · PLAUTE · texte numérisé non relu

PLAUTE

Pétrarque ne s'est pas prononcé sur Tattribution, alors constante, du Querolus^, mais il a réagi contre Tignorance de son temps relative à Plante^ et a contribué à remettre en honneur ses comédies. Il ne semble pas, il est vrai, qu'il y ait attaché de bonne heure l'importance qu'elles méritent et qu'il réclamera pour elles plus tard. Il les a d'abord parcourues négligemment, et en a parlé en termes assez dédaigneux: Legi semel apnd Ennium ', apud Plautum, apud Felicem Capellam, apud Apuleium, et legi raptim, propere, nullam ibi, ut alienis in finibus, moram trahens; sic praetereunti multa contigit ut uiderem, pauca decerperem, pauciora reponerem eaque ut communia in aperto et in ipso, ut ita dixerim, memoriqe uestibulo^. Ailleurs, il exprime son étonnement de la renommée qu'ont eue Plante et Nsevius et blâme l'outrecuidance de leur épitaphe\ Plus tard son sentiment change; il prend le temps de lire Plante et le goûte; sous l'impression de ce plaisir nouveau, l'esprit encore plein de la Casina qu'il vient d'achever, il envoie à son ami ces charmantes lignes : Nuper dum, fugiendi fastidii et relaxandi animi gratia, lepidissimas fabxdas apud Plautum legerem, curisque mordacibus tantillum temporis uetustissimi uatis auxilio cor furarer; mirum die tu, quot ibi élégantes nugas inueneram, quas seruiles fallacias, quas aniles ineptias, quas meretricum blanditias, quam lenonis auaritiam, quam parasiti uoraginem, quam senum sollicitudinem, quos adoles-

Havet : Le QueroluSy comédie latine anonyme , Paris, 1880. Tous les mss. qai ont conservé le texte sont intitulés : Plauti AulxUaria.

1. Dans le Secretum, dial. II, Pétrarque seplaintde sonsort et S. Augustin lui répond ; Non unus est apud comicum poetam queruluSj innumerabiles sunt... (jOp, 765). L'allusion à la célèbre comédie paraît certaine.

2. Cette ignorance est bien marquée dans la lettre à Giovanni d'Andréa {Fam. IV, 15).

3. Est-il utile de faire observer que P. ne lisait d'Ennius que les fragments que nous connaissons nous-mêmes ? Cf. p. 160.

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