TÉRENCE
Lampugnano Mediolanensi\ . . , La date finale reproduite indirectement par le transcripteur {anno,,.Jn sero) est bien conforme à l'usage habituel de Pétrarque ; on peut croire à Tauthenticité du volume dont Sacca s'est servi et auquel le propriétaire avait joint une lettre de Piercandido Decembrio sur le sujet. Decembrio connaissait fort bien les livres de Pétrarque alors existant chez les ducs de Milan, et avait toute autorité pour parler des autographes du poète ; les expressions de sa lettre marquent nettement l'intérêt qu'offrirait pour nous le manuscrit perdu*; s'il se retrouve un jour, il aura plus de prix encore que le Térence écrit par Boccace, qui est conservé aujourd'hui à la Lau^entienne^
Pétrarque, qui a choisi Y Enéide pour le modèle unique de son Africay n'avait dans sa bibliothèque, comme œuvres épiques, que les poèmes de Lucain et de Stace, Il ignorait Valerius Flaccus* et ne soupçonnait pas, quoi qu'on ait pu dire, l'existence de Silius Italiens. Le poème des Puniques, qui traite à peu près le même sujet que le sien, l'eût sans doute découragé de célébrer en vers le premier Africain'. Le vieil Ennius
1. ï. Affô, Memorie degli scrittori e letter, Parmigiani, t. II, Parme, 1789, p. XLiv (Disc, prelim, su la dimora del P, in Parma).
2. Le mss. de Sacca contient la transcription de cette lettre adressée à Principavalo Lampugnano, de Milan. Elle commence ainsi : Legi Terentium tuum Hbenti animo atque hilari^ maximo commotus memoria illius eruditissimi uiri F. Petrarce a cuius manu perscriptus est. Quis enim non iocunde amplectalur reliquias studiorum tam eximii lecloris, a quo latine liltere cum pêne exulassent etate nostra illustrate sunt? Gratias igitur immortales tibi ago qui me participem feceris huiusce uoluptatis, ut que ipse de Terentii operibus iudicarit^ intelle' xerit^ exararity intelligere pariter et ego potuerim. Nam si iocunditatt nabis esse consueuére illustrium uirorum imagines ère aul auro impresse ob illorum memoriam, quis litteris deditus non letetur légère doctorum opéra a doctis exarata auctoribus?.., (Milan, 24 sept. 1465).
3. V. sur ce dernier ms., Novati dans Giom. stor.y t. X, p. 424-425.
4. Il savait par Servius que des Argonautiques avaient été écrites par Apollonius de Rhodes, et il en a fait mention dans sa vie de Jason. Cf. Nolhac, Le De Viris ill. de P., p. 132, n. 3.
5. Cette question a été bien traitée. Pour ne pas donner une bibliographie inutile, je renvoie à l'édition de VAfrica de Corradini, p. 455 ; il faut y ajouter une note de Horiis^ Studj, p. 306, qui montre combien le nom même de Silius Italiens était ignoré au xiv siècle. Tout cela n'empêche pas de répéter et môme d'aggraver l'erreur, comme on l'a pu voir, p. 95, n. 1.
était, à ses yeux, le seul poète qui eût chanté Scipion * ; il regrettait volontiers en paroles que son héros favori eût été si mal partagé, mais non sans une joie secrète que le champ lui eût été laissé libre pour traiter ce grand et cher sujet: Vir B orner Virgilioque precone digiiior quant Ennio /* sed sic est : preteritaacfutura optaripossunt, sedpresentibus uti oportet '. Si Ton en juge par le nombre des citations de la Pharsale rencontrées dans les œuvres de Pétrarque *, on constatera que Lucain lui fut familier, sans qu'il ait été attiré vers lui d'une façon particulière. Une des raisons de cette réserve fut, je pense, l'hostilité du poète contre César, sentiment que Pétrarque ne partageait point ; peut-être aussi la mort volontaire de Lucain lui inspirait-elle une répugnance, dont on pourrait voir l'indice dans l'épitre à Virgile, alors que Pétrarque le sépare, ainsi que Lucrèce, du groupe des poètes réunis aux Enfers. Il n'a pas craint de le blâmer pour la peinture d'un caractère* et de lui reprocher, de façon assez vive, les paroles que lui prête Suétone à propos du Culex^,
1. P. cite Ënnius, Accius, Pacuvius, Afranius, d'après Aulu-Gelle. Cf. Op. 442-443, et pour Ennius dans P., les notes réunies par Corradini, à la suite de VAfricq, p. 422-424. — Lucilius ne doit qu'à la rime fournie parle nom de sa ville natale, Suessa Aurunca, d'avoir été rappelé par P. dans le Canzoniere (v. p. 136). Il paraît seulement dans les énumérations de poètes de Rem, II, 125 et EcL X, et dans Fam, I, 1, à propos d'Horace ; P. n'a pas cité, je crois, un vers de lui.