RECHERCHE DE MANUSCRITS
lui faisant demander par son secrétaire Luca della Penna, s*il consentirait à prêter les textes qu'il passait pour avoir découverts. Nous devons à cette dernière requête une lettre datée d'Arquà où Pétrarque donne maint détail biographique précieux et notamment Thistoire fameuse du De gloria. Il y raconte une poursuite qui dura toute sa vie : Petieras ex me ut de libris Ciceroiiis, si quos imisitatos et extraneos haberem, tibi tuoque cuidam nuper coepto operi subuenirem, tua scilicet impensa y quo iustior petitio tua ésset... Petitioni tamen tuae respondi tu7}c non quod uolui, sed quod potuiyCiceronis libros non me altos habere quam qui cômmuniter habentur et quos idem Dominus noster habet, vel ut puto etiam pauciores^. Unum addidi, quod et uerum fuit, habuisse me alios et amisisse,.. Nihil unqtmm de contingentibus intermisi, paratus sponte meum genium fraudare, quo Ciceronis libros undecunque conquirerem.,. Abeuntibus demum amicis et, ut fit, petentihus nunquid e patria sua uellem, respondebam nihil praeter libros Ciceronis ante alios ; dabam memorialia, scriptoque uerbisiristabam. Et quotiens putas preces, quotiens pecuniam misi, non per Italiam modo, ubi eram notior, sed per Gallias atque Germaniam et usque ad Bispaniam atque Britanniam; dicam quod mireris, et in Graeciam misi. .^, De tant de manuscrits qu'il rassembla et qui lui apportèrent naturellement beaucoup d'exemplaires des mêmes ouvrages^, un petit nombre seulement est mentionné expressément dans ses écrits.
Les plus anciens qu'il ait eus dans les mains sont un volume renfermant des ouvrages do rhétorique, qu'il lisait à l'époque
des doc. inéd. ; Ehrle, t. I, p. 142. On trouvera les mss. de Cicéron conservés à la Sorbonne dans le catalogue de Delisle, t. III, p. 61-63 ; il est remarquable que le n" 28 de la p. 61 soit un vol. d'Epistole Tulliij provenant de maître Guéroud d'Abbeville.
1. Il me parait difficile d'admettre que P. soit ici sincère : il passe absolument sous silence son ms. des LeUres de Cicéron, qu'il ne se souciait évidemment pas d'envoyer en France. Mais avant de l'accuser de mensonge, je voudrais être sûr qu'il n'en eût pas laissé prendre une copie pour Clément VI, par exemple ; en ce cas, il serait en droit d'affirmer, comme il fait ici, qu'il n'a rien de Cicéron à Arqua qui ne soit aussi dans la bibliothèque pontificale.