‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 163 sur 362 · LE CICÉRON DE TROYES · texte numérisé non relu

LE CICÉRON DE TROYES

complets: Hoc, in tuis maxime Oratoris atque Academicorum et Legum libris patimur, qui ita truncati foedalique euaserunty ut proprie melius fuerit periisse ^

A répoque où le manuscrit était entre les mains de Pétrarque, il renfermait encore deux ouvrages importants, qui en orrt été détachés depuis* et qu'il faut ajouter à la liste des œuvres possédées par notre bibliothèque. Le feuillet de garde initial porte une table, écrite au xiv** siècle, du contenu complet du manuscrit ; en voici le commencement et la fin :

In presenti hoc libro Marci Tulii Ciceronis continentur in hoc solo uolumine infrascripti libri par eundem conditi Ciceronem, ut infra.

Primo liber de officiis

Vigesimo primo liber de legibus eiusdem Tulii. Vigesimo secundo liber Rhetorice noue eiusdem Tulii. Vigesimo tercio liber Rhetorice ueteris eiusdem Tulii.

L*avant-dernier numéro correspond au traité Ad Hertnnium^ et le dernier au De i^iuentione, que les titres des manuscrits donnent souvent comme Rhetorica noua et Rhetorica uetus^, La table est contemporaine d'un ex-libris qu'on déchiffre, non sans peine, ainsi : Iste liber est Pétri de Maluecdis de Mantua filii domini Gratiadei [?] de Mantua, Ce Malvezzi, qui doit appartenir à une famille connue dans les lettres au xv** siècle*, vivait, d'après le caractère de son écriture, fort peu après Pétrarque.

1. Fam. XXIV, 4 (rexagération s'explique par le ton général de la lettre). Cf. p. 220.

2. Peut-être à une époque fort récente, et lors des « travaux » de Libri à la bibliothèque de Troyes.

3. p. ne mettait pas en doute l'attribution à Cicéron (v. p. 194, n. 3).

4. C'est sous cette dénomination qu'ils furent imprimés au xv« siècle.

5. Au XV* siècle, on la trouve à Bologne ; à la fîn du xiv* siècle, elle a produit le chroniqueur Giacomo Malvezzi, citoyen de Brescia, qui écrivait en 1412 (Muratori, XIV, 773 sqqj. La notice de Muratori sur cet écrivain établît que sa famille était vraisemblablement de Modène, où elle est mentionnée dans plusieurs documents du xii® siècle. Mais il s'agit ici d'une ancienne famille Malvezzi de Mantoue, sur laquelle, à défaut de renseignements imprimés, j'ai eu de Stefano Davari, de VArchivio Gonzaga^ un précieux détail. En 1259, un Gratiadeus de Maluicio est envoyé à Ferrare comme ambassadeur de la commune de Mantoue (^rcA. Gonz. B. XXXIII, I, p. 160, et C. D'Arco, Famiglie Mant. ms.). Ce personnage serait l'ancêtre de notre Pietro; on lit

Indépendamment des renseignements que nous y cherchons, le manuscrit de Troyes en apporte d'autres pour Thistoire de», études latines. Le propriétaire lettré, qui Ta faitNt^%cUter, avait pour Cicéron un goût particulier ; il a inséré dans le corps du volume deux extraits d'auteurs chrétiens se rattachant au texte, le passage de S. Augustin sur VBortensiiis,

transcrit avant le dialogue auquel ce titre est ici donné, et un court éclaircissement sur les songes mis à la suite du De diuinatione^ ; il a placé enfin, en tête du volume, une compilation étendue contenant une étude complète sur la vie et les œuvres de Cicéron. Ce travail a été composé expressément pour le recueil qu'il précède, comme le prouve l'analyse détaillée des ouvrages renfermés dans le volume et la longue introduction au De officiis ; il constitue un témoignage, instructif par sa date, sur Tétat de l'érudition classique pendant la première moitié du xiv® siècle. On va en lire divers passages et notamment ceux où Pétrarque a mis en marge des obsei-vations ou des rectifications. J'avais pensé un instant à lui en attribuer la composition, plutôt que de prêter à un de ses contemporains des connaissances et des goûts assez semblables aux siens ^ ; le ton des annotations autographes écarte cette supposition ; il faudrait y voir, tout au moins, une œuvre de la jeunesse de Pétrarque, dont il aurait reconnu plus tard lui-même une partie des erreurs et qu'il aurait désavouée dans son propre exemplaire en la traitant comme le travail d'un étranger. Le lecteur sera juge de ce petit problème, dont les données sont sous ses yeux :

[F. 120] [E]pythoma de ut ta, gestis^ scienlie prestantia et libris ac fine uiri clarissimi et illustris Marchx Tullii Ciceronis^. MarcusTullius Cicero Arpinas, equestris ordinis etmatre Eluia, ex regione Volscorum ortus est, ut tradit Eusebius in cronicis. In commentis* habetur quod

assez bien dans l'ex-libris le génitif Gratiadi ou Gratiadei^ ce prénom semblant être d'usage dans la famille.

1. Ce fragment, que je n'ai pu identifier, appartient à la langue du moyen âge. On sait que P. s'est beaucoup occupé des songes dans Ber, mem. IV.

2. On serait pourtant autorisé à les prêter à certains d'entre eux, par exemple à Castiglionchio.

3. Les titres en italique sont en rubrique dans le manuscrit.

4. S'agit-il d'un scholiaste d'Eusèbe ? En tous cas, l'annotateur du

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