LES LETTRES
Il ignorait qu'il y eut un autre recueil et, malgré le mauvais état du texte, il a tiré un grand parti de celui qu'il avait eu la fortune de mettre au jour. Il y trouvait sur la vie de ses chers grands hommes des renseignements qu'il eût vainement cherchés ailleurs, et quelques lettres éclairaient, pour son regard d'historien, des côtés inconnus de l'antiquité; telle était la première à Quintus, dont il disait, en l'analysant brièvement: Quae quidem exhortatio fronte simplex ac facilis, si excutias sapienliae plena est\ Aurait-il raconté avec autant d'aisance la vie de César, s'il ne s'était senti familier, par les discours et surtout les lettres de Cicéron, avec le monde romain de l'époque et les personnages principaux de son récit* ? Aurait-il eu enfin la remarquable intuition qu'il montre du caractère de Cicéron, s'il n'avait appris à le connaître dans sa correspondance intime? Il lui parle, après 'sa première lecture des lettres, comme à un ami de vieille date et qui n'a rien à lui dissimuler: Epistolas tuas diu muliumque perquisitds, atque uhi minijne rebar innentas, anidissime perlegi; audiui milita te dicentem, multa deplorantem, multa uariantem, Marce Tulli, et qiti iampridem qualis praeceptor aliis fuisses noueram, nunc tandem quis tu ibi esses agnoui... inquiète semper et anxie, iiel, ut uerba tua recognoscas^y o praeceps et calamitose senex, quid tihi tôt conte7itio?iibus et prorsum nihil profuturis sitnultatihus uoluisti? Ubi et aetati et professioni et fortunae tuae conueniens otium reliquisti ? . . . Heu! et fraterni consilii immemor et tuorum tôt salubrium praeceptorum, ceu riocturnus uiator lumen in tenebris gestaîis,