Un altro Fabio, e duo Caton con esso
Duo Paoli, duo Bruti e duo Marcelli, Un Regol ch' amô Roraa e non se stesso,
... e 'I gran Camillo Di viver prima che di ben far lasso...
{Tr. delln fama, I, 52-60). Dans tout le capitolo la place d'honneur est aux Romains.
3. Cf. Le De Viris ilL de P.^ p. 90, 92, 139, etc. Les discours au style direct passent, dans son texte, au style indirect; la réciproque est moins fréquente.
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de Tauteur ancien*. Toutes les fois que la chose lui est pos* sible, il le contrôle par d'autres historiens et confronte leurs témoignages ; il suit en cela l'exemple de Tite-Live lui-même, qui mentionne assez souvent les opinions de ses prédécesseurs ; mais, s'il arrive à Pétrarque de faire bon usage de cette méthode, quand il invoque par exemple Florus ou Justin, il en abuse quelquefois, et on le voit s'attarder à comparer des autorités qu'il ne connaît même pas de première main, pour le seul plaisir de poser ou discuter devant son lecteur une question de critique ^ Il met quelque complaisance, d'ailleurs médiocrement justifiée, à rapprocher de celle de Tite-Live
1. Le De Viris, p. 93 et 137. Mais il s'agit de la vie de Scipion et de scènes ou de paroles où se révèle Tâme du héros de P.; celui-ci n'hésitait pas alors à développer : il croyait connaître Scipion mieux que Tite-Live.
2. On n'a, par exemple, qu'à se reporter au doute exprimé en trois lignes de Tite-Live. XXIX, 35, pour voir combien P., dans sa vie de Scipion, l'a développé et compliqué sans nécessité. Je cite le texte ms. de la seconde rédaction d'après l'autographe de Lombarde délia Seta:
. . . Hanno ipse prefectus occiditur. Infaustum u tique bello nomen I Siquidem Hanno primus a Scipione olim uictus captusque eral in Hispania; Hanno secundus panais ante hanc pugnam diebus campestri prelio ceciderat ; Hanno nunc teriins cadit ; que uicinilas preliorum et nominum identitas non legentibun modoj sed scriptortbiis quoque non nullis serupulum iniecit, usque adeo ut ex his duobus\ nam de primo dubitatio nulla est^ quidam alterum occisum, captnm, alterum tradiderint, alii de secundo tacuerint. ne forte non duorum mortes, sed unius mors bis inaduer tenter nnrrata uideatur, Auctores autem certiores huius nominis et captiuum unum et duos interfectos eo usque non dubitant^ ut et duhitasse alios dicanty et que illos dubitare coegerit rationem a/ferant. (Par. 6069 F, f. 50'. Dans son Tite-Live, Par. 5690, f. 265, P. a remarqué en note la difficulté : Hanno cesus uel captus injfra.) — Voir aussi, sur l'entrevue de Scipion et d'Hannibal avant la bataille de Zama, la discussion qu'établit P. d'après une mention très simple où Tite-Live donne la première version sous l'autorité de Valerius Antias (XXX, 20) : Duplex hinc autem fama est. Alii comisso primum prelio Hanibalem uictum^ duodecim milihus suorum in campo occisis captisque (juam plurimis^ unum ipsnm fuisse ex legatis decem ad petendam pacem missis ;aliiuero, antequam quicquam armis experiretur adhuc uirium ac fortune integrum, quo equa facilius obtineret, misse ad id nuntio poposcisse coUoquium sunt auctores. Hoc autenticum magis et similius ueri est (Par. 6069 F, f. 60).
sa propre façon d'utiliser les sources : Ego neque pacificator hisloricorum, neque collector omnium, sed eoriim imitator sum, quilnis xiel similitudoy uel autoritas maior ut eis potissimum stetur impetrat... Hos [les lecteurs] hortor ac moneo ne confestim pronuntient, quod est proprium pauca noscentium, cogitentque hisloricoriim discordiam, que tanto rébus propinquiorem Titum Liuium dubium tenuit^, Kn somme, et quoique Pétrarque se fasse quelques illusions sur les résultats de son travail, c'est bien une façon nouvelle de traiter l'histoire qu'il ramène dans le monde et il le doit bien à ce grand modèle.
Il a possédé les œuvres de Tite-Live dans un manuscrit digne de l'admiration qu'il avait pour elles. Le Pains, 5690 est le plus beau volume du xiv'' siècle qui ait appartenu à Pétrarque, tant par l'étendue de la copie que par la richesse de l'ornementation ^ Il ne contient pas moins de trente grandes « histoires » sur fond d'or, indépendantes des initiales ornées ^ Bien qu'il n'ait pas été fait pour notre bibliophile, il est contemporain de sa jeunesse et on pourrait en faire remonter l'exécution vers le premier tiers du siècle. Pétrarque a rais au dernier feuillet la date de son acquisition : Emptus Auinione 1S51 , diu tamen ante possessus^ La date et la provenance ajoutent à l'intérêt du document pour l'histoire de la miniature et pour celle même de Tite-Live à la Renaissance. Deux ouvrages, ceux de Dictys et de Florus, copiés en même temps que Tite-Live, ouvrent le manuscrit, composé de la façon suivante: F. 1 : Troiane ystorie inuentio^, — Troiane ystorie liber pmniis incipit. — F. 20' : Lucii Annei Flori de tota Ystoria Titi Liuij epithoma. Incipit liber primus^, — F. 43: Titi Liuij ab urbe condita incipit liber pri-
1. Texte de la première préface. V. Le De Viris ill. de P., p. 112 et la note.
2. 365 feuillets à la suite desquels on a coté les gardes jusqu'à 368. (Les premières gardes sont cotées a, 6, c.) Le cahier normal est de 10 feuillets. Les dimensions sont encore de 360x235 mill., malgré une rognure ancienne. La nouvelle reliure est au chiffre de Charles X.
3. Ces belles miniatures, qui ont tant de fois passé sous les yeux de P., seront décrites dans un travail spécial.