‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 193 sur 362 · LE MANUSCRIT DE TITE-LIVE · texte numérisé non relu

LE MANUSCRIT DE TITE-LIVE

mus féliciter. Capitulum primum est et prohemiale. — F. 43': Capitulum ij in quo coîitinetiir aduentus Antinoris Troiani, origo Venetorum, aduentus Enee ad /taliam, bella ipsius et Latinicum Rutulis etEtruscis. Les rubriques continuent ainsi à chaque chapitre, mais la division en chapitres ne concorde pas, bien entendu, avec celle des éditions; le premier livre en compte 22, le second 16, etc*. La troisième décade (f. 169) est séparée de la première par trois feuillets blancs; la quatrième suit(f. 277) sans séparation.

Le manuscrit permet de répondre à la question que soulève la lettre de Pétrarque à Tite-Live : Centum quadraginta duos rerum Romanorum libros edidisse te nouimus : heu quanio studio quantisque laboribus! uix triginta ex omnibus supersunt. O mos pessimus nosmetipsos de industria fallendi! dixi triginta, quia omnes uulgo iddicunt ; ego autt^m déesse unum his ipsis inuenio ; nouem et uigiîiti sunt ; plane très décades, prima, tertia et quarta cui librorum îiumerus non constat"^. Pétrarque ne possédait donc que 29 livres de Tite-Live, et, comme il déclare que c'est la quatrième décade qu*il n*avait pas complète, on a supposé qu'il lui manquait le livre XL ; en réalité, c'est le livre XXXIII qui est absent de son manuscrit et qu'il n'a pas connu ^ Ce livre va de la victoire de Flamininus à Cynoscéphales à la retraite d'Hannibal chez Antiochus, et comprend la fin de la guerre avec la Macédoine et la restitution de la liberté à la Grèce. Pétrarque ne savait même pas avec certitude où était la lacune du récit, mais il la constatait et la regrettait dans le volume qui est sous nos yeux; au f. 317, rencontrant dans XXXVI, les mots Cynosce-

1. Le chiffre romain de chaque livre de la première décade se trouve, de main ancienne, à l'angle du haut de chaque page ; plus loin, apparaît un reste de pagination en chiffres arabes, qui ne commençait, dans le manuscrit, qu'avec Tite-Live.

2. Fam. XXIV, 8 (leçons du ras. de Paris). Cf. Rer. mem. I, 2, moins précis.

3. Il en a été de môme de Boccace (Gianant. Arri, Di un volgarizz. délia quarta deçà di T. Livio giudicalo di G. boccace lo, Turin, 1832). Je cite cet opuscule, fort rare, de seconde main, d'après les Sludj de Hortis, p. 417 sqq., qui se prononce pour l'authenticité de cette traduction. Le texte en a été donné par Pizzorno {Le Dec/te di T. Livio, volgarizzamenlo del buon secolo, t. V. La Quarta Deçà di Livio ^ volg, da G. Boccacci^ Savone, 1845).

phales iibi debellatum erat cura Philippoy il a écrit : Sed quando hoc fuei^al déficit sine dubio, et ut piito uniis liber. Le livre XL, dans son exemplaire, n'était même pas tout à fait complet ; il s'arrête sur les mots conciliabulaque edixerimt du chap. 37, et manque du dernier tiers du livre. Le manuscrit ne porte point d'explicite mais, comme il se termine sur un sens complet, Pétrarque a pu croire qu'il possédait le livre XL à peu près entier et qu'il n'avait à déplorer dans cette décade qu'une seule grave lacune.

Les mentions du manuscrit postérieures à Pétrarque sont étudiées ailleurs ; mais les gardes présentent un assez grand nombre de morceaux de date antérieure, qiii ont été réunis en partie pour réclaircissement de Tite-Live et dont voici le dépouillement : F. a' : Résumé de l'histoire de Rome sous les rois; — petite nouvelle latine sur Ovide ^; — vers [de Virgile] sur le pays des Herniques^ ; — note sur le règne de Romulus.

— F. b : Notes diverses de topographie ; — note sur l'époque de la fondation de Rome^; — extrait de S. Augustin; — prophétie. — F. b' : Division de l'Italie en seize provinces*;

— catalogue de postilles sur l'Ecriture sainte ^ — F. 366':

1. Ctim quidam facerenl transi tutn per locum ubi sepulcrum erat Ouidii, quidam ex illis petiit cuius esset illud sepulcrum. Inspecta super scriptione^ inuenerunt scriptum : Sepulcrum Ouidii (loris poetarum. Tune ille ait : Utinam scirem peiorem uersum, falsum conlinentem, quem umquam fecerit. Tune audita est uox de tumulo prof erens hune uersum : luppiler esse bonum [interligne : al. pium] statuit quodcunquc placeret [int. : al. iuuaret]. Et aller ex sociis ait : Utinam SQÎrem meliorem uersum quem fecerit. Et tune statim audita est uox de tumulo proferens hune uersum: Est uirtus taeitis abstinuisse bonis. Tune ambo soc ii, considérantes pulcritudinem et pondus uersuum predictorum, dixerunt : Dicamus Pater noster pro anima eius. Et lune, dum inciperent Pater noster, audila est uox de tumulo dicens : Nolo Pater noster ; carpe, uiator, iler. La même anecdote est dans Th. Wright, A sélection of latin slories, Londres (Percy Soc), 1842, p. 43. Mais la forme y est fort différente : le récit est plus bref; les voyageurs sont deux écoliers et ne parlent pas au style direct ; les deux vers d'Ovide sont altérés. Dans notre rédaction, si on tient compte des variantes, on trouve correctement cités lier. IV, 133, et XVI, 98 (sauf taeitis ^onr placitis).

Page 1