‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 22 sur 362 · LES LIVRES A VAUCLUSE · texte numérisé non relu

LES LIVRES A VAUCLUSE

Il y avait à Vaucluse un assez grand nombre de livres, dont les travaux du maître du logis permettent de se faire une idée, historiens, moralistes et poètes ^ Mais, pour s'en tenir à ce qui est entre nos mains, ajoutons aux volumes qu'on a déjà vus un fort beau recueil de Cicéron précédé de sa vie ', les lettres d'Abailard et d'Héloyse ^ une traduction de Josèphe*, le Timée de Chalcidius*, accompagnant un grand manuscrit de Platon, vain trésor pour qui ne savait point le grec. En 1345, Pétrarque avait rapporté d'Italie les Lettres à Atticus, copiées de sa main à Vérone. Sa collection était toute de choix. Elle était formée uniquement d'après les goûts ou les curiosités de son esprit. Il tenait surtout à ne pas être exposé à mettre la main dans sa bibliothèque sur un de ces livres, qui faisaient la joie des lettrés dWvignon et dont les niaiseries un matin parcourues par le poète suflBsaient à affadir toutes les autres lectures de sa journée ®. La librairie du pape, où il avait reçu ses entrtes et où on le sollicitait même de mettre en ordre les manuscrits de Cicéron^ n'excitait point son envie; les ouvrages de droit et de scolastique qui Tencombraient lui semblait constituer une stérile richesse. S'il voulait des livres autour de lui, c'était pour les lire tous et s'en nourrir. « Il y a des gens, dit-il, qui les accumulent, comme ils feraient d'objets quelconques, non pour s'en servir, mais pour le plaisir de collectionner, pour orner leur maison et non leur esprit** » ; et il leur oppose l'exemple des grands

1. Velerum ingénia quorum nobis copia magna est (Fam. IX, 14); Librorum copia ingens adest fidelivmqiie conuictus atque obsequium amicorum. Versa beris cum sanctis, ctim philosophis, cum poetis, cum oratoribus, cum historicis (Fam. XVI, 6).

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