ANNOTATION DU PLINE
tribuit natura, nullum melius esse tempestiua morte ; idque in ea optimum, quod illam sibi qtiisque praestare poterit; Pétrarque distingue la première pensée de la seconde : Nichil hoc uerius, at quodsequitur nil falsius (f. 206'). Le livre tout entier est d'ailleurs apprécié à la page précédente : Nuge plurime et mire iianitates per totum hune xxviij librum, maxime in his primis vij capitulis.
Deux études Tont particulièrement retenu en lisant Tencyclopédie de Pline, la géographie et Thistoire de Tart. Les noms géographiques portés en marge sont différenciés par des signes conventionnels, qui mettent de la clarté dans la masse des renvois. Les noms de cours d'eau, lacs, sources sont soulignés et précédés d'un petit trait tremblé vertical ; les noms de montagnes sont encadrés dans la silhouette d'une chaîne. Le minutieux travail géographique qu'il a fait sur Pline paraît dater, par l'écriture, de l'époque de sa vie qui a immédiatement suivi son retour définitif en Italie. Il n'y perd pas de vue l'histoire générale, comme le montre sa remarque sur les frontières des Scythes (VI, 18; f. 46): Finis multorum furiosorum itinerum. Il cherche à préciser les notions fournies par Pline; quand celui-ci parle des trois divisions de la Gaule par des fleuves, Escaut, Seine et Garonne (IV, 31), il observe sur ce dernier nom, f. 36 : Melius tamen Ligerim dixisset. En général, il constate les progrès, encore bien incertains, des connaissances \ et deux renvois fort précis le montrent occupé à consulter la Topographia Hiberniae d'un géographe anglais bien connu du xii*' siècle, jîiraud de Barri*. Il remarque les divergences de renseignements entre les divers auteurs qu'il consulte, et prend parti, comme pour la question du fleuve Ister (III, 22) : Dampnatur hic quorumdam
1. F. 20, au texte, d'ailleurs incompréhensible dans son ms., sur la Palus Maeotis (il, 67) : De hac nulla hodie dubilatio est.
2. On retrouve les recherches de P. sur Thulé, si connues par la lettre où il fait mention de Richard de Burj' (avec la citation de Pline), dans la note suivante : Thile. De qua est dubium ubinam sit, licet isle non uidealur dubius. R. de mir. Ilib. l. 2» (f.- 21, II, 77). Le même ouvrage De mirabilibus Hiberniae^ est cité au f. 18, dans une grande note malheureusement mutilée. P. l'a apprécié d'une façon assez dédaigneuse dans Fam. III, 1, et s'excuse presque d'avoir admis dans sa bibliothèque un livre que Jean de Me un n'avait pas dédaigné de traduire en français.
error, et m primis Pomponius, S"" de Cosmograp/na\ Il faut citer surtout une note sur la géographie de la Grèce, qui appartient nettement, par l'écriture, à Tépoque indiquée plus haut : Attendendum in car lis cosmographis quod, in illa quam peninsulam isihmos facit et quant multi Achaiam solam putant, est primum Peloponensm ad dexteram contra Italiam et super Corinthium sinum, ubi est Patras. Secundo est Achaia in medio ubi est Moton et Coron, contra meridiem. Tertio Messenia simulque Laconica, contra orientefn, Cretamque insulam ubi mons Maleus. Quarto sinus Argolicus ad Scilleum, reflexus ad Arthon ipsumque ad ist/imum, quo in tractu Argos ipsa est, quamuis in mensura ultima uideatur Peloponensus hec uniuersa comprehendere, quasi nomen*,., (f. 31). Nous avons ici, comme on le voit, des détails circonstanciés sur Tune de ces cartes marines, dont l'annotation de Virgile nous a révélé Texistence'.
L'histoire de Tart chez les anciens a fixé l'attention de Pétrarque, comme l'indique maint chapitre du Remedium, On n'a pas eu tort de supposer* que ce qu'il en sait vient de Pline''; les remarques nombreuses et les sommaires des livres XXXIV-XXXVI en font la preuve. Deux notes seulement ont un intérêt particulier : la première ajoute un témoignage sur les relations de Pétrarque avec Simone Martini et un trait à la biographie du peintre Siennois, et l'autre donne un détail nouveau sur les objets d'art possédés par Pétrarque, Elles sont au même chapitre, XXXV, 36, et sur la même page, f. 256'. Pline rappelle l'agréable commerce [comitas) d'Apelle, et Pétrarque ajoute : Hec fuit et Symoni nostro
1. P. 5^9. 11 remâi'que au contraire Taceord des deux autorités, f. 20 ; cf. Fam. III, 1 : Mêla.,, quem Plinius, in muUis sequi solUuê^ hic neglexisse uisus est. Quand il le pouvait, il les vérifiait par luimême et de ses yeux ; v. Sen, III, 1 (,0p. 772), où il invite, de Venise, Boccace à venir chercher avec lui, sur le territoire d*Aquilée, la source réelle du Timavo.