‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 250 sur 362 · SILVANUS · texte numérisé non relu

SILVANUS

[F. 91 ', X, 3, 27] Obstat enim diligentie scri- gui senescis

bendi etiam fatigatio ; et abande si uacet, lucis Nota et egentior spatia sufficiunt. lucis es,

[F. 91', X, 3, 32-33] Pigritiam emendandi an- Verissimum gastiae faciunt ; aut certe nouorum interpositio- et ex-

nem priora confundunt pertum.

Débet uacare etiam locus in quo notentur quae scribentibus soient extra ordinem... occur- Nota tibi, rere.

[F. 92, X, 4, 3] Sunt qui ad omnia scripta

tanquam uitiosa redeant, idque faciant Audi,

quoties librum in manus resumpserunt, similes Siluamedicis etiara intégra secantibus. ne.

[F. 95', X, 7, 28]... quod eidem Ciceroniplacet, nullum nostrum usquam negligentem esse Siluane. sermonem.

[F. 110', XH, 1, 20, sur Cicéron] Sic doctî iudi- Nota de hac luuenili cauerunt, plurimum in eo uirtutum, nonnihil abundantia ipsamfuisse uitiorum ; et ipse se multa ex iuuenili que dum permitteris abundantia coercuisse testatur. coherce, Siluane.

Parmi ces retours que Pétrarque fait sur lui-même, avec ou sans le pseudonyme de Silvanus, et dont je crois avoir choisi les plus intéressants \ il en est un, assez étrange (f. 17'), qui porte sur II, 4, 6, morceau relatif à l'éducation des enfants, et notamment sur les mots : Facile remedium est ubertatis, sterilia nullo labore uincuntur, Pétrarque a mis en marge : Nota tibi, Siluane! et il me semble difficile de l'expliquer autrement que par une allusion à son fils, dont Téduçation lui causait alors tant de soucis. Il a parlé d'ailleurs de lui-même dans le manuscrit sous une forme tout à fait directe ^ Bien qu'elles apportent peu de chose, trois de ces notes, qui font allusion à son enfance si peu connue, valent d'être recueillies: F. 114', à propos d'exemples d'une

1. Noter encore, avec Silvanus : f. 2', sur I, 2, 12 ; f. 43', sur IV, 1, 7.

2. F. 43, sur les invocations successives qui peuvent se retrouver dans un même poème (IV, 1, 4), on trouve en marge : Attende quod in Africaseruasti. Notons que cette mention de YAfrica est postérieure à 1350. Un souvenir personnel se cache encore sous une observation à V, 13, 31 (f. 68') ; Quintilien parle des mauvais avocats, cupidi sententiarum, qui perdent de vue l'ensemble de leur cause en se laissant séduire par le développement des détails et fournissent imprudemment des armes à leurs adversaires ; P. met ici : Petre de Cernitis, audr. Ce nom n'est inconnu.

P. DE NoLHAC. — Pétrarque, 19

voix éclatante et capable de dominer le tumulte (XII, 5, 6), le poète évoque un souvenir d'écolier : Mira uocis sonoritas. Talis mihi preccptor puero fuit ; détail qui n'enrichira guère la biographie de Convennevole. F. 30', Pétrarque se rappelle le même temps: Noua opinio^ Taie aliquid audiebamus in grammatica in prima étale, F. 114', il s*agit de ses secondes études et probablement de l'université de Montpellier; Quintilien parle des exercices du jeune orateur et des causes fictives qu'il plaide d'abord (XII, 6, 6) ; Pétrarque annote : Hoc in iure ciui/i pueri faciebamus.

Moins intéressant à certains égards, le Par. olW nous révèle des études plus inattendues. Le dernier biographe de Pétrarque n'est^pas absolument sur qu'il ait lu Quinte-Curce * et ne connaît que deux passages où cet écrivain soit nommé'*. La vie d'Alexandre dans le De Viris suffit à donner toute certitude, car Pétrarque s'est servi de Quinte-Curce pour la rédiger et y a même prononcé son nom * ; de plus, on retrouverait aisément, dans ses autres œuvres, des faits ou des réflexions morales qui viennent de la même source \ Le manuscrit de Paris permet d'ajouter qu'il a fait un véritable

1. Voici le texte de Quintilien. III, 3, Il : Fuerunt etiam in hac opinione non pauci ni has non Rhetorices partes esse existimarent, sed opéra oratoris; eius enim esse inuenire, disponere, eloqui et cetera.

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