‹ Pétrarque et l'humanisme (volume 3)Chapitre 253 sur 362 · QUINTE-CURCE · texte numérisé non relu

QUINTE-CURCE

au texte de Justin *, car il met en marge (f. 20) : Haec uerba ad litteram sunt apud histinum L 11 . Au f. 33, sur les chaînes d'or dont on charge Darius (V, 12), Pétrarque annote en trois fois : Auree compedes. \ Similes Iiistinus t^ 5 ad fiîiem, I Item in uita ValerianP. Au f. 34, il a remarqué la lacune qui existe entre le livre V et le livre VI. Il y a peut-être quelque intérêt à mettre ici le texte tel que le présente son manuscrit^ et tel qu'il Ta, selon toute apparence, établi lui-même :

iumentorum deficientium corporibus infixa

conspexit miratusque confossa poilus

Deest quam abacta esse semiuiui hominis.

multum,

H. Imt, ayo T nterim dum talia fièrent ab A

ad finem, 1 lexandro, bellum ortum est inter

1 Macedones et Lacedemonios

Antipater Macedonie prefectus in hoc belle contra regem Lacedemoniorum*

Le goût de notre lecteur pour le talent d'écrivain de Quinte- Curce est attesté par des mentions nombreuses qui visent le côté littéraire de Toeuvre. On trouve à chaque instant les mots Proprie y Proprie et apposite ad rem, Iln'est pas douteux qu'il n'ait pris l'auteur tout à fait au sérieux comme historien, et bien que l'ensemble des notes appartienne à un seul moment de sa vie, les additions assez nombreuses témoignent qu'il est revenu souvent le consulter. En tout cas, c'est à Quinte-Curce, non moins qu'à Justin, que notre humaniste doit d'avoir échappé presque entièrement aux traditions de l'histoire fabuleuse d'Alexandre, qui a pris tant de place

1. XI, 9: Mouebat haec mullitiido..., ne desperatio suis cresceret (Cf. Téd. critique de Zumpt, Brunswick, 1849, p. 132).

2. Allusion à la captivité de Valérien chez Sapor, connue à P. par V Histoire Auguste.

3. Aucun des mss. cités par Zumpt (p. 221) ne présente ce texte.

4. Le copiste a observé quelque chose d'analogue sur la double lacune qui suit X, 3, et il semble y faire allusion à l'existence d'un onzième livre dont il aurait pu lire le titre courant dans le ms. qu'il transcrivait. Avant X, 5 {Intuentibus lacrimae...): Defftcit hic fiîiis decimi et principium undecimi (f. 82). En revanche, ni le copiste ni P. ne se sont aperçus de la lacune après X, 1 (f. 80').

SOUS diverses formes dans la littérature du moyen âge *. Là biographie qu'il a composée et qui reste, il est vrai, un peu oratoire, *peut être considérée pourtant comme une réaction avouée contre ces traditions qui ne lui sont point inconnues et qu'il est porté à mépriser*.

Un recueil d'ouvrages latins, dont la composition, fort intéressante pour notre sujet, paraît remonter à Pétrarque, est dans le Vat, lat. 9i93. Il provient de la bibliothèque de Nicolas V^. Des écrivains qui s'y trouvent, Apulée est le seul qui soit déjà connu comme familier à notre poète; il le cite, en effet, assez souvent et, comme il l'a trouvé honorablement nommé par S. Augustin comme philosophe platonicien, il ne craint pas de lui témoigner à son tour une grande estime * ; il parle donc avec inexactitude, le jour où, pour une raison que j'ignore, il affecte de dire qu'il l'a seulement parcouru *. Quant aux autres auteurs du recueil, c'est le manuscrit même qui nous apprend que Pétrarque les possède. Palladius figure dans ses livres en deux énumérations qui ne prouvent même pas qu'il l'ait lu®. Frontin et Végèce n'y sont pas nommés; il

1. V. P. Meyer, Alexandre le Grand dans la liltér, fr, du moyen âge, t. II, Paris, 1886. On trouvera plus loin (excursus VII) diverses allusions de P. aux fables sur Alexandre.

2. V. par ex. le passage de la p. 140 : Scio perstiasum uulgo Alexandrum mundi dominum fuisse... Cf. le début de Vlter ad paradisum dans les mss. signalés par Meyer, t. (I, p. 51 : Postquam Alexander... uniuersum orbem praeter Indinm solam sune dilioni subegeraL.. — L'Angleterre avait déjà vu au xiF siècle un essai de substituer aux fables un récit authentique (compilation de S. Alban ; Meyer, p. 53). .

3. On le reconnaît dans la description suivante de l'inventaire dû à Cosme de Montserrat (1455) et publié par Mùntz et Fabre, dans La Biblioth. du Vatican au xvs., Paris, 1887 (p. 102): Item unum uolumen forme mediocris cum quatuor serraturis et cum ligno postibus, copertum coreo nigro, ex pergameno, nuncupatum Opéra Apulegii, item Vegetius et Frontinus.

4. Contra med. II, Op. 1099: Praeclarus Platonicus Apuleius.., Fam. IX, 5 : In elegantissimo uolumine de Magia... Cf. Fam. préf., I, 3 et 9; V, 11; IX, 10 et 13; XVIII, 2; XX, 1; Var. 44; Sen. XV, 3; Rem. 1,2; If, préf. et 17 ; Rer. mem. I, 2; Vit. sol. II, 2, 3; /)<• ignor., Op. 1052; Contra med. IV, Op. 1114.

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